BNP Paribas mise sur une réduction progressive du coût du risque

© Reuters. BNP PARIBAS: LE COÛT DU RISQUE A DE NOUVEAU PESÉ AU QUATRIÈME TRIMESTRE © Reuters. BNP PARIBAS: LE COÛT DU RISQUE A DE NOUVEAU PESÉ AU QUATRIÈME TRIMESTRE

par Marc Angrand et Matthieu Protard

PARIS (Reuters) - BNP Paribas (PA:) a publié vendredi des résultats trimestriels toujours pénalisés par l'augmentation du coût du risque liée à la crise du coronavirus mais table sur un début de retour à la normale cette année.

La banque française, numéro un du secteur dans la zone euro par la capitalisation boursière, a réalisé sur les trois derniers mois de 2020 un bénéfice net de 1,592 milliard d'euros, en baisse de 13,9% par rapport à la même période de 2019 tandis que son produit net bancaire (PNB) reculait de 4,5% à 10,827 milliards.

L'année 2020 se solde par un résultat net de 7,067 milliards d'euros, en repli de 13,5%, pour un PNB de 44,275 milliards (-0,7%). Le consensus Refinitiv donnait un bénéfice net de 6,12 milliards et un PNB de 44,2 milliards.

En novembre, BNP Paribas avait dit s'attendre à une baisse de 15% à 20% de son résultat net annuel.

Le coût du risque a augmenté au total de 2,5 milliards d'euros en 2020 pour atteindre 5,7 milliards, ce qui représente 66 points de base de l'encours du groupe. Cette hausse a touché en premier lieu les activités de banque de financement et d'investissement (+1,085 milliard) et les services financiers aux particuliers (crédit à la consommation et leasing, +642 millions).

Pour 2021, BNP Paribas dit s'attendre à ce qu'"un rebond progressif de l'activité économique" à partir du second semestre permette une baisse du coût du risque à un niveau "proche de la moyenne de cycle", soit 50 à 55 points de base, et une croissance modérée des revenus, tandis que les coûts de gestion devraient rester stables.

LA POLITIQUE DE DISTRIBUTION AUX ACTIONNAIRES RÉAFFIRMÉE

Le groupe s'attend parallèlement à ce que la persistance de taux bas continue d'impacter "lourdement" les produits d'intérêt des banques de réseaux.

Il réaffirme néanmoins sa politique de distribution de 50% du résultat net, en l'adaptant aux contraintes liées à l'encadrement mis en place par la Banque centrale européenne (BCE).

Cette dernière, après avoir demandé aux banques de la zone euro de s'abstenir de verser des dividendes et de racheter leurs propres actions en 2020, a légèrement desserré l'étau mais continuera d'encadrer les politiques de distribution jusqu'à fin septembre.

BNP Paribas prévoit donc de distribuer 21% de son bénéfice net 2020 en mai sous la forme d'un dividende de 1,11 euro par action, puis 29% après septembre via des rachats d'actions ou des distributions de réserves aux actionnaires.

La politique de distribution devrait évoluer par la suite, précise le groupe en soulignant que son ratio de solvabilité CET 1 ("Common Equity Tier 1"), à 12,8% fin décembre, est "très supérieur" aux exigences de la BCE et dépasse son propre objectif.

Les modifications évoquées devraient figurer dans le plan stratégique à l'horizon 2025 que la banque dévoilera sans doute début 2022.

Tout en saluant un bénéfice avant impôt trimestriel supérieur au consensus, Jefferies note que des perspectives 2021 sont légèrement au-dessus des attentes du marché pour les revenus mais un peu en dessous pour les coûts et en ligne pour les provisions.

En Bourse, l'action BNP Paribas accusait à la clôture jeudi un repli de 1,44% depuis le début de l'année après une baisse de 18,4% en 2020, contre -24,4% sur l'année pour l'indice Stoxx européen du secteur.

La publication des résultats annuels s'accompagne d'une évolution de la gouvernance du groupe, avec entre autres la nomination de deux nouveaux directeurs généraux délégués, Thierry Laborde et Yann Gérardin, appelés à succéder à Philippe Bordenave.

(Edité par Blandine Hénault)

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