Birmanie: Trois blessés lors de rassemblements massifs contre la junte militaire

Birmanie: Trois blessés lors de rassemblements massifs contre la junte militaire © Reuters. BIRMANIE: TROIS BLESSÉS LORS DE RASSEMBLEMENTS MASSIFS CONTRE LA JUNTE MILITAIRE

(Reuters) - Des affrontements ont eu lieu vendredi entre les partisans de la dirigeante birmane démocratiquement élue Aung San Suu Kyi et la police alors que des centaines de milliers de manifestants ont rejoint les rassemblements pour protester contre le coup d'Etat militaire.

Depuis la prise du pouvoir par l'armée le 1er février - une initiative condamnée par la communauté internationale et plus particulièrement par les Etats-Unis qui ont décidé d'imposer des sanctions contre la junte militaire- les manifestations s'étaient jusqu'ici déroulées globalement dans le calme.

Trois personnes ont été blessées vendredi après des tirs de balles en caoutchouc par la police pour disperser des dizaines de milliers de manifestants à Mawlamyine, une ville du sud-est de la Birmanie, a déclaré à Reuters Kyaw Myint, responsable de la Croix-Rouge.

Des images diffusées par Radio Free Asia montrent des policiers chargeant des manifestants, l'un d'eux étant saisi par les forces de l'ordre qui lui écrasent la tête. Il s'en suit un jet de pierres sur la police avant que des coups de feu ne soient tirés.

"Trois personnes ont reçu des balles - une femme dans l'abdomen, un homme sur la joue et un autre sur le bras", a précisé Kyaw Myint, témoin des affrontements.

A Rangoun, la capitale économique, des centaines de médecins vêtus de blouses blanches sales ont défilé devant la pagode de Shwedagon, le site bouddhiste le plus sacré du pays, tandis que dans une autre partie de la ville, des supporters de football ont manifesté avec des pancartes satiriques contre l'armée.

Des manifestations ont également eu lieu à Naypyitaw, la capitale, ainsi que dans la ville côtière de Dawei, et à Myitkyina, dans le nord, où des jeunes jouaient du rap et dansaient.

DES PRISONNIERS LIBÉRÉS

Facebook (NASDAQ:) a par ailleurs décidé de réduire la visibilité des contenus gérés par l'armée birmane, estimant que ceux-ci étaient sources de désinformation.

Joe Biden a annoncé mercredi avoir approuvé un décret ouvrant la voie à de nouvelles sanctions contre les commandants de l'armée birmane et les entreprises auxquelles ceux-ci sont liés.

L'Onu de son côté doit examiner ce vendredi une résolution rédigée par la Grande-Bretagne et l'Union européenne condamnant le coup d'État et réclamant la possibilité pour les observateurs de se rendre rapidement sur place.

Thomas Andrews, le rapporteur spécial des Nations unies sur les droits de l'homme en Birmanie, a déclaré vendredi qu'il y avait "des rapports de plus en plus nombreux, des preuves photographiques" selon lesquelles les forces de sécurité auraient utilisé des balles réelles contre des manifestants, en violation du droit international.

Il estime que le Conseil de sécurité de l'Onu doit envisager d'imposer des sanctions, des embargos sur les armes et des interdictions de voyage aux actuels responsables birmans.

Les partisans de la Ligue nationale pour la démocratie (LND), le parti d'Aung San Suu Kyi, ont salué les sanctions américaines, mais ils ont estimé que des mesures plus radicales étaient nécessaires pour forcer l'armée à libérer la dirigeante birmane, inculpée pour infraction à la législation en vigueur sur les importations et placée en détention.

"Nous attendons plus de mesures car nous souffrons chaque jour et nuit du coup d'Etat militaire qui a eu lieu ici en Birmanie", a déclaré à Reuters Moe Thal, un partisan d'Aung San Suu Kyi.

Alors que les protestataires sont entrés vendredi dans leur septième journée consécutive de manifestation à travers le pays, la junte a ordonné la libération de 23.000 personnes estimant que sa décision était cohérente avec "l'établissement d'un nouvel Etat démocratique basé sur la paix, le développement et la discipline" et qui "plairait au public".

Parmi les prisonniers libérés figure Aye Maung, un responsable politique de l'Etat de Rakhine, dans l'ouest du pays.

Le magazine d'information Frontier Myanmar a rapporté pour sa part que parmi les personnes ayant bénéficié d'une amnistie figurent quatre partisans d'un homme armé qui avait abattu un soutien d'Aung San Suu Kyi et un avocat constitutionnel en 2017.

L'un d'eux a souhaité au chef du coup d'État, le général Min Aung Hlaing, "une bonne santé" et a demandé que les manifestations cessent parce, a-t-il dit, "l'armée agit conformément à la loi", écrit le magazine.

(Bureaux de Reuters, avec Stephanie Nebehay et Emma Farge à Genève, rédigé par Matthew Tostevin, Stephen Coates et Raju Gopalakrishnan; version française Claude Chendjou, édité par Blandine Hénault)

Let's block ads! (Why?)