Le poids de la fiscalité en hausse au Québec

En additionnant toutes les recettes fiscales perçues par tous les paliers de gouvernement – y compris les municipalités – le poids de la fiscalité s’élève à 179 milliards $ au Québec, une hausse de 9 milliards $ par rapport à l’année précédente.

 


C’est ce que révèle la 7e édition du Bilan de la fiscalité au Québec, publiée vendredi, par la Chaire de recherche en fiscalité et en finances publiques (CFFP) de l’Université de Sherbrooke.

De ces 179 milliards $, le tiers des recettes (62 milliards $) provient de l’impôt sur le revenu des particuliers.

À lui seul, le gouvernement du Québec a perçu près de la moitié de ces recettes (88 milliards $), tandis que le gouvernement fédéral en a perçu le tiers (68 milliards $), alors que les municipalités et les organisations publiques (Régie des rentes, SAAQ, SAQ, etc.) se sont partagé le reste de l’assiette fiscale. Ces données ne tiennent toutefois pas compte des mesures mises en place depuis le début de la pandémie.

Réduire les inégalités

Lorsque mesurées à l’ensemble de l’économie québécoise, les recettes fiscales représentent 38,9 % de toute la richesse (PIB) créée au Québec. Cette moyenne est de 33,9 % dans les 38 pays de l’Organisation de coopération et de développement économique (OCDE) et de 34,1 % dans l’ensemble du Canada.

« C’est vrai que nos recettes fiscales sont plus élevées que la moyenne canadienne et celle des pays de l’OCDE, mais en échange, nous avons aussi plus de dépenses publiques que la moyenne canadienne et celle de l’OCDE », a souligné le professeur Luc Godbout, titulaire de la chaire, au cours de la présentation du document.

À l’échelle planétaire, le poids que représente la fiscalité au Québec demeure comparable à celui des pays nordiques (Suède, Danemark, Norvège, Finlande) axés sur la social-démocratie.

Au Québec, les dépenses publiques plus élevées font en sorte de réduire les inégalités, démontre le rapport.

« Nous avons des revenus mieux répartis dans la société. Il y a deux ans, l’ensemble des gouvernements, dont le Québec, ont bonifié le Régime de pension du Canada et le Régime des rentes du Québec. Nos taux augmentent parce qu’on aura de meilleures prestations à notre retraite », a illustré M. Godbout.

Poids des sociétés

Enfin, le rapport démontre que le taux d’imposition des sociétés est en baisse depuis plusieurs années, tant au Québec que dans l’ensemble des pays de l’OCDE.

« Les taux ont effectivement baissé, mais le poids que représente l’impôt des sociétés en proportion de l’économie, lui, a augmenté », observe M. Godbout.

En 1982, au Québec, l’impôt des sociétés comptait pour 1,8 % du PIB alors qu’il se situait à 4,5 % en 2019. « Manifestement, les entreprises contribuent davantage par rapport au PIB qu’auparavant. », conclut Luc Godbout.