France: Report de primo-injections en raison de la pénurie de vaccins

© Reuters. ARRÊT DES PRIMO-INJECTIONS EN ÎLE-DE-FRANCE DANS LES ÉTABLISSEMENTS DE SANTÉ, SELON UNE SOURCE © Reuters. ARRÊT DES PRIMO-INJECTIONS EN ÎLE-DE-FRANCE DANS LES ÉTABLISSEMENTS DE SANTÉ, SELON UNE SOURCE

par Caroline Pailliez et Matthias Blamont

PARIS (Reuters) - Les Agences régionales de santé (ARS) d'Île-de-France, des Hauts-de-France et de Bourgogne-Franche-Comté, ont annoncé tour à tour jeudi que les centres de vaccination devraient décaler des rendez-vous de premières injections, compte-tenu de la difficulté d'approvisionnement des vaccins contre le COVID-19.

Alors que les laboratoires Pfizer (NYSE:) et AstraZeneca (LON:) ont annoncé des livraisons moins importantes que prévues, les pays de l'Union européenne, qui font face à pénurie de vaccins contre le COVID-19, sont amenés à ralentir les rythmes de vaccination.

Le Portugal a fait savoir que sa campagne de vaccination serait plus longue que prévue et l'Allemagne a annoncé que les pénuries se feraient sentir au moins jusqu'en avril.

L'ARS des Hauts-de-France a annoncé par communiqué le report des rendez-vous prévus pour une première injection afin de "garantir l’administration de la seconde injection pour toutes les personnes ayant déjà reçu la première dose en janvier".

L’ensemble des rendez-vous de primo-vaccination prévus jusqu'au mardi 2 février inclus seront donc déprogrammés et immédiatement reprogrammés à partir de la première semaine de mars.

"Compte tenu de la situation extrêmement tendue sur les doses de vaccins, et la nécessité de garantir la deuxième injection pour les personnes déjà vaccinées, aucune primo-injection ne sera effectuée dans les établissements de santé la semaine prochaine", a précisé pour sa part l'ARS d'Île-de-France aux acteurs du milieu de la santé, selon un compte-rendu envoyé aux personnes présentes, que Reuters a pu consulter.

Selon ce même message, "aucune dose de vaccin ne sera délivrée aux établissements de santé par les établissements congélo porteurs, seuls les doses pour les 2ème injections seront délivrées".

Il n'était possible de savoir si cela concernait aussi les centres de vaccination de ville.

TRAJECTOIRE MAINTENUE, DIT L'ARS

Dans un communiqué, l'agence a précisé qu'elle confirmait néanmoins la trajectoire de la campagne de vaccination, "sur la base des volumes de livraisons annoncés par les fabricants, qui sont donc toujours susceptibles de subir des aléas".

Elle se donne donc encore pour cible de maintenir des volumes de primo-injections en direction des publics prioritaires, notamment les plus de 75 ans. Et dans le cas où il faudrait repousser des rendez-vous, elle se donne pour principe de décaler dans les quinze jours suivants au maximum.

En Bourgogne-Franche-Comté, la réservation en ligne de nouveaux rendez-vous dans les centres de vaccination pour des primo-injections est suspendue. Des rendez-vous qui avaient déjà été pris sont susceptibles d'être reportés de quelques jours ou semaines, a précisé l'ARS par communiqué.

Le ministère de la Santé a annoncé mercredi que 1,13 million de premières doses avaient été injectées depuis le début de la campagne, et que 6.153 personnes avaient reçu leur deuxième injection.

Comme l'Europe a souhaité parler d'une même voix pour procéder à l'achat de vaccins, d'autres pays connaissent des perturbations dans leur approvisionnement.

Le Portugal a estimé que la première phase de sa campagne de vaccination devrait s'allonger de deux mois, alors que la moitié seulement des doses attendues pour le mois de mars devraient être livrées.

Pour l'Allemagne, la pénurie devrait se faire sentir jusqu'en avril. "Nous allons avoir dix semaines difficiles au moins avec une pénurie de vaccins", a déclaré le ministre de la Santé Jens Spahn dans un Tweet.

Le ministère de la Santé français n'a pas fait de commentaire sur ces informations.

(édité par Jean-Michel Bélot)

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