Pas d'aide financière pour le Liban en l'absence de gouvernement, dit l'Elysée

© Reuters. LA FRANCE ORGANISE UNE CONFÉRENCE POUR LE LIBAN FACE À LA PARALYSIE POLITIQUE © Reuters. LA FRANCE ORGANISE UNE CONFÉRENCE POUR LE LIBAN FACE À LA PARALYSIE POLITIQUE

par John Irish

PARIS (Reuters) - Aucune aide financière ne sera versée au Liban tant qu'un gouvernement n'aura pas été formé et qu'un audit de la Banque centrale n'aura pas été effectué, a averti mercredi l'Elysée, quelques heures avant l'ouverture d'une conférence des donateurs organisée à l'initiative de la France.

Quatre mois après la violente explosion survenue dans le port de Beyrouth, qui a fait plus de 200 morts et dévasté une partie de la capitale, le Liban n'a guère progressé vers la formation d'un gouvernement jugé suffisamment crédible par la communauté internationale, France et Etats-Unis en tête, pour débloquer une aide permettant au pays d'entrevoir une sortie de crise.

"Pour donner ou prêter de l'argent, il faut de la confiance et, pour l'instant, la confiance n'existe pas. On va rester dans cette situation tant qu'il n'y aura pas de gouvernement pour mettre en place les reformes évoquées et attendues", a déclaré un membre de l'équipe d'Emmanuel Macron.

"Les informations dont nous disposons montrent que la situation continue à empirer, qu'on va vers des problèmes encore plus grands, et ça rend d'autant plus urgent un véritable audit (de la Banque centrale). On n'échappera pas à ce type d'audit si le Liban veut pouvoir engager des négociations sérieuses avec le FMI, sinon ce sera la banqueroute", a-t-il poursuivi.

Les sanctions américaines imposées récemment à des alliées du Hezbollah n'ont, selon lui, "rien changé sur le terrain".

"Nous devons continuer à mener une campagne de pressions politiques publiques, tout en soutenant la population", a-t-il ajouté.

Coprésidée par Emmanuel Macron et Antonio Guterres, secrétaire général de l'Onu, la visioconférence réunira des chefs d’Etat, des organisations internationales, des bailleurs de fonds, des organisations non gouvernementales et des représentants de la société civile libanaise.

PEU D'ESPOIRS AVANT L'INVESTITURE DE BIDEN

Le président français s'est personnellement investi pour tenter de trouver une issue à la crise.

Il s'est rendu à deux reprises à Beyrouth depuis l'explosion du 4 août pour faire pression sur la classe politique libanaise, jugée incompétente, corrompue et soumise aux intérêts de clans inamovibles par une grande partie de la population, mais les dates butoir qu'il avait fixées pour la formation d'un gouvernement sont restées lettres mortes.

Le président de la République doit retourner au Liban aux alentours du 20 décembre pour rendre visite aux troupes françaises de la mission de maintien de la paix de l'Onu, a-t-on appris auprès de diplomates.

Face à l'enlisement de la situation politique libanaise, Emmanuel Macron a choisi d'agir par le biais de cette conférence.

Un fonds géré par la Banque mondiale doit être créé dans les semaines à venir pour superviser la distribution de l'aide humanitaire via les agences de l'Onu et des organisations non gouvernementales (ONG).

"Quand il n'y a pas de plan B, la France organise toujours une conférence", a dit un diplomate occidental, selon lequel la situation au Liban ne devrait guère évoluer avant l'investiture de Joe Biden à la présidence des Etats-Unis, le 20 janvier.

(version française Bertrand Boucey et Jean-Philippe Lefief, édité par Henri-Pierre André et Jean-Michel Bélot)

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