Les actions reculent, la réalité de la pandémie s'impose de nouveau

© Reuters. LES BOURSES EUROPÉENNES RECULENT À MI-SÉANCE © Reuters. LES BOURSES EUROPÉENNES RECULENT À MI-SÉANCE

par Marc Angrand

PARIS (Reuters) - Wall Street est attendue en ordre dispersé et les principales Bourses européennes reculent jeudi à mi-chemin d'une séance dominée par les prises de bénéfice et le retour des préoccupations liées à la pandémie après la hausse soutenue du début de semaine, même si les technologiques tirent leur épingle du jeu.

Les contrats à terme sur les principaux indices new-yorkais suggèrent ainsi une ouverture en repli pour le et le Standard & Poor's 500 mais en hausse pour le .

À Paris, le perd 0,91% à 5.395,73 points vers 11h55 GMT. A Londres, le cède 0,38% et à Francfort, le recule de 0,8%.

L'indice est en baisse de 0,66%, le de 0,41% et le de 0,46%.

Ce dernier affichait en clôture mercredi un bond de 13,2% en neuf séances et le CAC 40 une hausse de 19,2%, grâce principalement à la bouffée d'optimisme créée par les dernières nouvelles sur le vaccin anti-COVID 19, sur la transition politique aux Etats-Unis et sur le soutien des banques centrales.

L'indice mondial MSCI s'achemine quant à lui vers sa première séance de baisse depuis le début du mois.

Les prises de bénéfice, logiques après une telle séquence de hausse, s'accompagnent d'une pause dans le mouvement de rotation sectorielle observé depuis lundi au profit des valeurs cycliques décotées et au détriment des valeurs de croissance.

Certains investisseurs rappellent que la mise à disposition à grande échelle d'un ou plusieurs vaccins n'est pas encore acquise et que les perspectives économiques restent incertaines.

"Les intervenants commencent à réaliser que même si un vaccin a un taux de réussite très élevé dans les essais de dernière phase, le processus d'autorisation et le déploiement peut prendre très longtemps", explique David Madden, chez CMC Markets UK.

En France, le Premier ministre, Jean Castex, devrait ainsi confirmer en fin de journée qu'il est trop tôt pour assouplir le deuxième confinement. De son côté, l'Agence international de l'énergie (AIE) juge peu probable que la demande mondiale de brut profite dans l'immédiat du lancement d'un potentiel vaccin.

Les investisseurs disposeront de nouvelles indications sur l'état de santé de l'économie américaine avec la publication à 13h30 GMT des chiffres hebdomadaires des inscriptions au chômage et des statistiques mensuelles des prix à la consommation. Dans la zone euro, la production industrielle accuse un repli inattendu (-0,4%) en septembre.

VALEURS EN EUROPE

En Europe, le repli touche en premier lieu les secteurs qui avaient le plus bénéficié de la hausse soutenue des séances précédentes: l'indice Stoxx européen des banques abandonne ainsi 1,9%, celui du pétrole et du gaz 1,04%. A l'opposé, le compartiment des hautes technologies, délaissé ces derniers jours, reprend 0,1%.

A Paris, BNP Paribas (PA:) (-3,60%), Crédit agricole (PA:) (-3,27%) et Société générale (PA:) (-2,40%) figurent parmi les plus fortes baisses du CAC 40.

Dans l'actualité des résultats, le conglomérat industriel allemand Siemens (SIX:) perd 2,64% en dépit de bénéfices supérieurs aux attentes dans ses activités industrielles, ses prévisions ayant déçu certains investisseurs.

L'assureur italien Generali (MI:) cède 1% après avoir renoncé à distribuer le solde de son dividende pour 2019.

A la hausse, le groupe de luxe britannique Burberry (LON:) gagne 1,11%, le marché saluant le retour à la croissance des ventes en octobre. A Paris, Ubisoft (PA:) (+6,28%) est en tête du après les débuts réussis du nouvel opus de la franchise "Assassin's Creed".

TAUX

Les rendements obligataires de référencer de la zone euro poursuivent le repli déclenché par les déclarations de Christine Lagarde, la présidente de la Banque centrale européenne (BCE), qui confortent le scénario d'une augmentation des achats de titres le mois prochain.

Celui du Bund allemand à dix ans recule d'un peu plus d'un point de base à -0,515%, portant à plus de cinq points sa baisse par rapport au pic d'un mois atteint mercredi à -0,456%.

Son équivalent américain chute de plus de quatre points à 0,9472%. Les marchés de taux aux Etats-Unis étaient restés fermés mercredi pour le "Veterans' Day".

CHANGES

Le dollar repart à la baisse après un début de séance porteur, dans l'attente du discours de Jerome Powell, le président de la Réserve fédérale, prévu à 16h45 GMT au Forum de la BCE.

L'indice qui mesure les fluctuations de la monnaie américaine face à un panier de devises de référence recule de 0,21%. L'euro en profite pour remonter à 1,1809 dollar après être revenu sous 1,1750 la veille en réaction aux propos de Christine Lagarde.

PÉTROLE

Le marché pétrolier est hésitant après la phase de forte hausse des derniers jours, qui a permis au de franchir brièvement mercredi la barre des 45 dollars le baril.

Le contrat janvier sur le Brent gagne 0,21% à 43,89 dollars le baril et le (West Texas Intermediate, WTI) 0,29% à 41,57 dollars.

Le marché attend à 16h00 GMT les chiffres hebdomadaires de l'Energy Information Administration (EIA) sur les stocks aux Etats-Unis, une publication décalée de 24 heures par le "Veterans' Day".

(édité par Patrick Vignal)

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