Une aide de 7 milliards réclamée pour le transport aérien

Une femme marche dans l'allée centrale d'un avion d'Air Canada. Elle porte un masque, un sarrau blanc et des gants.

Les avions sont en grande partie cloués au sol depuis mars dernier au Canada.

Photo : La Presse canadienne / Jonathan Hayward

Trois dirigeants syndicaux canadiens représentant plus de 301 000 travailleurs exhortent le gouvernement fédéral à octroyer un prêt de 7 milliards de dollars au secteur du transport aérien. Il en va de leur survie à long terme, insistent-ils.

Il y a urgence d’agir, les besoins sont énormes. On demande un prêt de 7 milliards de dollars à 1 % pour 10 ans au gouvernement.

Jerry Dias, président national d’Unifor

Ce prêt permettrait une combinaison de garanties d’emprunt ainsi qu’une aide financière directe au rétablissement et maintien des services aériens.

Les syndicats espèrent aussi faire accélérer la mise en place de tests de dépistages rapides.

Les tests seront essentiels pour protéger les employés et les clients jusqu'à ce qu'un vaccin contre la COVID-19 soit disponible, précise Tim Perry, président de l’Air Line Pilots Association (ALPA).

Selon les syndicats, ces tests rapides seraient un moyen de permettre aux gouvernements d'assouplir les restrictions liées aux voyages ainsi que les quarantaines.

De gauche à droite : Robert Giguere, pésident de l’Association des pilotes d’Air Canada (APAC), Jerry Diasprésident national d’Unifor, Tim Perry, président de l’Air Line Pilots Association (ALPA)

De gauche à droite : Robert Giguere, pésident de l’Association des pilotes d’Air Canada (APAC), Jerry Dias, président national d’Unifor, Tim Perry, président de l’Air Line Pilots Association (ALPA)

Photo : Radio-Canada

Le secteur de l'aviation durement touché

La pandémie de COVID-19 a créé une crise jamais vue dans l’industrie du transport aérien. Les compagnies ont mis à pied ou en disponibilité des milliers de travailleurs.

Du côté d’Air Canada et Westjet seulement, quelque 30 000 employés qualifiés ont perdu leur emploi, forçant certains à changer carrément de carrière.

C’est le cas d’Olivier Boisjoli, auparavant directeur et agent de bord, aujourd'hui propriétaire d'une entreprise de nettoyage.

C'est la cinquième fois en près de 13 ans de carrière en aviation qu'un arrêt comme ça m'arrive. J'ai vécu des faillites, mais je croyais vraiment vu là où j'en étais rendu dans ma carrière que c'était un futur certain, mais là tout est à recommencer et qui sait quand ce sera le cas?

Olivier Boisjoli, ancien agent de bord
un homme avec un chandail vert, une barbe et des cheveux poivre et sel

Olivier Boisjoli travaille dans l'aviation. Pour le moment, sa carrière dans ce domaine est sur pause. Il ne sait pas quand il reprendra.

Photo : Radio-Canada

Pour le moment, sa carrière en aviation est sur pause. Je pense que j'en ai pour un an environ avant d'être rappelé, selon mes estimations, si un vaccin est trouvé notamment, ajoute-t-il.

Le secteur employait auparavant environ 240 000 personnes et contribuait à hauteur de près de 37 milliards de dollars au PIB du pays.

Les compagnies aériennes ont perdu 90 % de leurs voyageurs canadiens et internationaux.

Une trentaine d'avions volent dans le ciel au dessus des nuages.

Ce prêt permettrait aux compagnies aériennes de se maintenir à flot, en attendant la reprise.

Photo : BBC

Des aides financières ailleurs dans le monde

Le président national d’Unifor, Jerry Dias, note que plusieurs pays ont apporté des aides financières au secteur aérien, certains comme l’Italie n’hésitant pas à nationaliser des compagnies en faillite. Il estime que le soutien du Canada trop timide jusqu’à présent. Le gouvernement a apporté une aide de 330 millions dollars, mais celle-ci est principalement allé pour réduire le fardeau des administrations aéroportuaires pas aux compagnies, indique-t-il.

Le président du syndicat explique qu’ils ont comparé les aides financières octroyées par d’autres pays à leurs compagnies aériennes ayant une taille similaire à celles canadiennes.

un homme avec une chemise à carreau et un veston bleu marine, il a les cheveux bruns foncés

Jerry Dias, président national d’Unifor

Photo : Radio-Canada

En avril dernier, le directeur de l’Association internationale du transport aérien (IATA), Alexandre de Juniac, rappelait que quelque 25 millions d’emplois étaient liés de près ou de loin au secteur du transport aérien, comme le tourisme.

Il n’y a vraiment plus de temps à perdre. Sinon, nos compagnies aériennes canadiennes disparaîtront, et cela nous coûtera beaucoup plus cher à tous , ajoute M. Dias.

Lors du discours du Trône du 23 septembre dernier, le gouvernement a parlé de l’importance du secteur aérien. Nous sommes là pour travailler avec vous, on veut élever la conversation, la rendre possible pour voir comment préserver cette industrie, explique le président d’Unifor.

Le secteur du transport aérien fait partie de l’infrastructure stratégique nationale du Canada. Les compagnies aériennes et les aéroports sont vitaux non seulement pour l’économie du pays, mais aussi pour les communautés canadiennes qui en dépendent , conclut pour sa part Tim Perry.

De son côté, Ottawa dit rester engagé à aider le secteur.

Comme mentionné dans le Discours du Trône, notre gouvernement travaille avec acharnement afin de mettre en œuvre des solutions qui offrirons au secteur aérien le soutien dont il a besoin [...]. Nous continuons d’être en contact avec tous nos partenaires et suivons la situation de près [...] Toute mesure qui porte sur le voyage aérien sera annoncée en temps et lieu, précise le ministre des Transports Marc Garneau par courriel.

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