Remboursement des dettes d'études : la fin du répit

L'extérieur de l'École d'architecture de l'Université Laurentienne.

L'endettement étudiant se creuse en raison de la pandémie, selon ces étudiants. (Photo d'archives)

Photo : Radio-Canada / Frédéric Projean

Radio-Canada

Le gouvernement fédéral a levé - comme prévu - le moratoire venu à échéance le 1er octobre qui visait à soulager les étudiants du paiement de leurs dettes d’études durant la pandémie.

En avril 2020, celui-ci avait mis en place un moratoire de six mois sur le remboursement des prêts d'étude canadiens. Il est échu depuis le 1er octobre.

Ils sont maintenant environ un million d’étudiants aux prises avec ces dettes d’études dans un marché du travail sclérosé par la COVID-19.

Des occasions d’emplois limitées

Ra'anaa Brown, récemment diplômée de l’école d’architecture de l’Université Laurentienne affirme qu’il lui sera difficile de faire les paiements pour ses dettes d’études.

Ra'anaa Brown est debout à l'extérieur.

Ra'anaa Brown, récemment diplômée de l'Université Laurentienne songe retourner en classe afin de repousser le paiement de sa dette d'études.

Photo : Radio-Canada

Elle indique qu’elle doit environ 60 000 dollars et elle estime qu’elle fera face à des versements mensuels d’environ 600 dollars.

Il n’y a pas beaucoup de sécurité d’emploi pour ceux qui en avaient un avant la pandémie. Pour ceux et celles comme moi qui débutent sur le marché du travail, les occasions sont limitées.

Ra'anaa Brown, diplômée en architecture de l’Université Laurentienne

Ra’anaa a trouvé de l’emploi malgré la pandémie, mais il s'agit d'un contrat temporaire. Cette situation l’inquiète, car aucune nouvelle offre n’est sur la table pour la suite des choses.

Bien que déjà diplômée, elle envisage de retourner aux études, simplement pour repousser le moment où elle devra payer ses dettes.

Des diplômés en difficultés financières

Alex Gunnewiek est lui aussi récemment diplômé de l’école d’architecture de l'Université Laurentienne. Selon lui, la reprise des paiements ne fait qu’ajouter un poids supplémentaire sur les épaules des diplômés.

Si la pandémie empire ou si l’économie s’affaiblit davantage, je pourrais être pris à la gorge financièrement.

Alex Gunnewiek, diplômé en architecture de l’Université Laurentienne

Alex souligne que plusieurs de ses camarades de classe sont présentement sans emploi et font maintenant face à la fin de la prestation canadienne d’urgence (PCU).

Beaucoup de mes amis n’ont pas eu de chance et ont dû retourner vivre chez leurs parents.

Alex Gunnewiek, diplômé en architecture de l’Université Laurentienne

Quant à lui, Alex Gunnewiek estime devoir encore 35 000 dollars pour payer ses dettes d’études postsecondaires.

L’endettement chronique

Selon M. Gunnewiek, la période de grâce du gouvernement fédéral de six mois n’était pas assez longue.

Même si je me considère chanceux d’avoir déniché un emploi dans mon domaine si peu de temps après mes études, ce sera très difficile de faire ces paiements.

Alex Gunnewiek, diplômé en architecture de l’Université Laurentienne
Le mur est en fait un babillard sur lequel sont collé des étiquettes qui comportent un chiffre représentant le montant de dettes étudiantes.

Les dettes étudiantes sont un enjeu qui datent de bien avant la pandémie (archives).

Photo : Radio-Canada / Mathieu Thériault

Selon lui, payer ces dettes d’études est un poids financier si important que les versements sabotent toute possibilité de se faire un budget.

Le diplômé en architecture dit craindre qu’avec l’inflation du prix des maisons et la pandémie qui sévit, notre génération est vouée à vivre dans l’insécurité financière et l’endettement chronique.

Avec les informations de CBC
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