Offre révisée pour Transat : une proposition rivale est-elle possible?

Le bâtiment d'Air Transat et deux avions au sol.

Des avions d'Air Transat cloués au sol.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

La Presse canadienne

Malgré la forte baisse de la valeur de l'offre d'Air Canada pour Transat A.T., l'incertitude entourant la pandémie de COVID-19 semble faire en sorte qu'aucun prétendant québécois n'ait envie de se manifester dans le but de faire avorter le mariage entre le voyagiste et la plus importante compagnie aérienne au pays.

Selon l'arrangement révisé, Air Canada propose désormais 5 $ pour chaque action de la société mère d'Air Transat – une baisse de 72 % par rapport à 18 $ auparavant – dans le cadre d'une transaction dont la valeur est passée de 720 millions de dollars à environ 190 millions. Néanmoins, les quatre principaux dirigeants de Transat A.T. auront droit à des indemnités de départ totalisant 11,35 millions s'ils quittent dans la foulée de la vente de la société.

Une proposition supérieure peut être déposée, mais elle doit être payable en espèces, entièrement financée et le prix doit être d'au moins 6 $ l'action. Le transporteur aérien peut également l'égaler.

Moi, je ne suis pas au courant d'un acheteur privé qui serait intéressé à acheter Transat pour l'instant, a répondu mardi le premier ministre François Legault, en point de presse à Montréal, lorsqu'interrogé à savoir si son gouvernement ou la Caisse de dépôt et placement du Québec (CDPQ) pourrait épauler des investisseurs locaux. Il a ajouté qu'il était hors de question que Québec soit l'unique exploitant d'une compagnie comme Transat.

Parmi ceux qui avaient les yeux sur Transat A.T. l'an dernier, l'intérêt n'était plus vraiment au rendez-vous mardi.

Groupe Mach, qui avait voulu mettre la main sur la compagnie l'an dernier, semble avoir tourné la page, alors que l'homme d'affaires Dominik Pigeon, à la tête de la firme FNC Capital, dont l'intérêt avait aussi été évoqué, est passé à autre chose.

Le problème, c'est l'inconnu entourant le marché et la situation financière de Transat, qui s'est détériorée. Il sera difficile de faire une offre sans être en mesure de faire une vérification au préalable en bonne et due forme.

Vincent Chiara, président du groupe Mach, dans un entretien téléphonique

Mardi, il n'avait pas été possible d'obtenir un commentaire de Pierre Karl Péladeau, l'actionnaire de contrôle de Québecor, qui avait fait miroiter une proposition, en août 2019, avant que les actionnaires de Transat A.T. disent oui à Air Canada.

Petite remontée

Après avoir sérieusement piqué du nez au cours des derniers mois, le titre de Transat A.T. prenait de l'altitude à la Bourse de Toronto, mardi, dans le cadre de sa première séance depuis l'annonce d'une entente modifiée, samedi. L'action a pris 26,11 %, ou 1 $, pour clôturer à 4,83 $, soit près du prix offert par Air Canada. Air Canada a vu son action retraiter de 31 cents, ou environ 2 %, à 15,78 $.

[La pandémie] a provoqué une incertitude significative pour l'industrie, ce qui nous faisait même douter que le regroupement de Transat A.T. et Air Canada se concrétise, a souligné dans une note l'analyste Benoit Poirier, de Desjardins Marchés des capitaux.

Les actionnaires de Transat A.T. pourront recevoir un montant en espèces ou des actions d'Air Canada. La nouvelle mouture de l'offre est conditionnelle à son approbation par au moins les deux tiers des actionnaires du voyagiste lors d'une assemblée qui devrait se tenir au début du mois de décembre.

Ses principaux porteurs de titres sont la firme Letko Brosseau (14,88 %) et la CDPQ (5,83 %). On ignorait mardi si ces derniers allaient appuyer ou non l'arrangement révisé.

On tentera probablement d'aller chercher 1 $ de plus (par action), a estimé le professeur de stratégie à HEC Montréal Louis Hébert, au bout du fil. Mais même à ce prix, il n'y a pas beaucoup d'actionnaires qui vont réaliser un profit significatif. On veut récupérer ses billes. L'alternative, c'est de tout perdre.

La nouvelle mouture de l'arrangement repousse au 15 février, par rapport au 27 décembre, la date butoir de la vente. Cet élément a pesé dans la balance, étant donné que les autorités réglementaires au Canada et en Europe, dont les approbations sont essentielles, ne se sont toujours pas prononcées.

Elle permet aussi à Transat A.T. d'obtenir une facilité de crédit de 250 millions de dollars, ce qui l'aidera à traverser les turbulences actuelles. La convention d'arrangement originale faisait en sorte que le voyagiste avait besoin de l'approbation d'Air Canada pour obtenir du financement.

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