Mine du Lac Bloom : l'environnement au cœur de la première audience du BAPE

Une immense mine à ciel ouvert.

La mine du lac Bloom, près de Fermont (archives)

Photo : Radio-Canada / Evelyne Côté

Radio-Canada

La protection de l'environnement et les impacts locaux ont été au centre des discussions lors de la première rencontre du Bureau d'audiences publiques sur l'environnement (BAPE) au sujet du projet d'agrandissement du parc de résidus de la mine du Lac Bloom, près de Fermont.

La première séance publique au sujet de ce projet de l'entreprise Minerai de fer Québec (MFQ) se tenait mardi soir de façon virtuelle. Une dizaine de citoyens y ont pris la parole pour faire part de leurs inquiétudes.

Les questions adressées au promoteur du projet ont principalement porté sur la destruction de milieux humides, de cours d’eau et de lacs prévu dans le projet, ainsi que sur le choix des emplacements des parcs à résidus et sur les efforts déployés par la minière pour limiter son impact sur l’environnement.

L’agrandissement du parc de résidus miniers à la mine du Lac Bloom permettrait à la compagnie Minerai de fer Québec de doubler sa production annuelle de concentré de minerai de fer, pour atteindre jusqu'à près de 16 millions de tonnes par année.

Mesures d'atténuation

Le vice-président de la production durable pour MFQ, François Lafrenière, a présenté les principaux impacts environnementaux et enjeux humains du projet, ainsi que les mesures d’atténuation que la minière propose.

MFQ a identifié des enjeux pour la qualité de vie, le milieu humain et sur l’habitat du poisson et propose une solution, qui, selon l'entreprise, qui a le moins d’impact possible.

C’était important pour Minerai de fer Québec de déterminer la meilleure option possible pour entreposer ces types de matériaux, a affirmé M. Lafrenière.

Les enjeux prioritaires pour MFQ étaient de prioriser l’option terrestre pour minimiser l’empiétement dans les habitats de poissons et autres milieux sensibles pour ne pas empiéter dans les milieux aqueux ou autres cours d’eau.

François Lafrenière, vice-président de la production durable, Minerai de fer Québec

Des lacs en péril

Deux organismes environnementaux ont cependant exprimé de vives préoccupations quant à la réalisation du projet tel qu’il est prévu en ce moment.

La Coalition pour que le Québec ait meilleure mine ainsi que le groupe Eau Secours s’inquiètent principalement de la destruction de huit lacs.

Nous jugeons ce projet tel que présenté dans sa forme actuelle inacceptable. Le gouvernement du Québec doit exiger des modifications au projet, a réclamé la directrice générale d'Eau Secours, Rébecca Pétrin.

Notre principale préoccupation concerne la destruction de huit lacs et de dizaines de cours d’eau que propose le promoteur pour l’entreposage de 875 000 tonnes de résidus miniers alors que d’autres solutions existent.

Rébecca Pétrin, directrice générale d'Eau Secours
Un panneau du BAPE. On y lit que le BAPE a 40 ans et le slogan "Participer à l'avenir".

Le mandat du BAPE sera d'une durée maximale de quatre mois. Le rapport contenant les recommandations destinées au ministre de l'Environnement devra donc être remis en février (archives).

Photo : Radio-Canada / Mélyssa Gagnon

Compensations locales

Un résident de Fermont, Dave Bouchard, a pour sa part demandé à MFQ si des mesures d’atténuation étaient prévues spécifiquement pour les résidents de sa municipalité.

J’ai entendu préalablement que des mesures d’atténuation allaient être appliquées aux alentours immédiats de l’exploitation de la mine de Fer, mais est-ce que MFQ prévoit des mesures d’atténuation à l’intérieur du périmètre urbain de la ville de Fermont?, a questionné M. Bouchard.

Le vice-président de la production durable pour Minerai de Fer Québec, François Lafrenière a confirmé que des compensations environnementales et économiques étaient prévues pour la communauté de Fermont.

On va favoriser l’embauche locale pour s’assurer de donner la chance aux personnes qui sont directement avec nous au site, d’avoir des emplois. Ça va être la même chose concernant les octrois de contrats. On va favoriser davantage les gens du côté de Fermont qui subissent, qui vivent avec nous le projet comme tel, a indiqué le représentant de MFQ.

Un travailleur en veste orange se tient debout dans la fosse de la mine. Au deuxième plan, on aperçoit une pelleteuse sur des blocs de roches.

Dans la fosse de la mine du lac Bloom (archives)

Photo : Radio-Canada / Marlène Joseph-Blais

Plusieurs questions du public sont cependant restées sans réponse mardi soir, exigeant des recherches plus détaillées ou encore des réponses plus étoffées qui feront l’objet de présentations dans les prochains jours.

Une première étape

Cette première partie des audiences vise à présenter le projet et répondre aux questions du public et des organismes. En plus du promoteur, Minerai de fer Québec, des représentants de plusieurs ministères étaient présents pour répondre aux différentes interrogations du public.

Lors d’une deuxième partie des audiences, en novembre, les participants pourront commenter le projet et faire des recommandations.

Avec les informations de Laurence Royer

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