Ligne Qc-Mass. : les Premières Nations s'adressent aux autorités américaines

Pylônes d'Hydro-Québec

Les revenus du projet New England Clean Energy Connect sont estimés à 10 milliards de dollars américains.

Photo : Radio-Canada / Martin Thibault

Après avoir indiqué qu’elles comptaient faire « dérailler » le projet de ligne de transport d’électricité d’Hydro-Québec vers le Massachusetts, les communautés de Pessamit, Wemotaci, Pikogan, Lac-Simon et Kitcisakik ont déposé mercredi un mémoire auprès du Département américain de l'Énergie.

Des représentants des communautés avaient déjà fait savoir, début août, qu'ils comptaient faire pression sur le gouvernement du Québec afin de nuire au projet New England Clean Energy Connect (NECEC).

Ce projet majeur, dont les revenus sont estimés à environ 10 milliards de dollars américains, doit permettre au Québec d'alimenter le Massachusetts en électricité pendant 20 ans, à raison de 9,45 térawattheures d'hydroélectricité par année.

Les communautés, qui se disent fatiguées de sentir que le dialogue ne mène nulle part avec le gouvernement Legault, n'avaient pas encore détaillé les moyens de pression qu'elles comptaient entreprendre. Avec le dépôt de ce mémoire, elles mettent ainsi leur menace à exécution.

Dans leur mémoire, elles dénoncent le projet NECEC et exigent « que des mesures correctives soient mises en place sur [leurs] territoires traditionnels avant tout nouveau projet d'exportation vers les États-Unis ».

Dénonçant la mainmise de Québec sur leurs territoires et leurs ressources, elles avancent que 36 % de la puissance hydroélectrique totale installée par Hydro-Québec [leur] a été volée. Cette puissance, poursuivent-elles, a pourtant été produite sur leurs territoires ancestraux respectifs à partir de réservoirs, de barrages, de centrales et de diverses autres installations.

Notre démarche consiste à nous opposer à ce que l'on vende ce qui nous appartient aux États-Unis, sans que nous ayons notre mot à dire, a déclaré Guy Laloche, conseiller élu de la communauté atikamekw de Wemotaci.

Le chef de Kitcisakik, Régis Penosway, a pour sa part déploré l'état dans lequel se trouve sa communauté à la suite de la rupture d'un barrage. Bien qu'entourées d'installation d'Hydro-Québec, nos demeures n'ont ni électricité ni eau courante et ne disposent d'aucune infrastructure de gestion des eaux usées, a-t-il expliqué.

Nos Premières Nations ont permis au Québec de s'industrialiser et à la majorité de ses citoyens d'accéder à une meilleure qualité de vie, mais les indicateurs de bien-être pour nos communautés continuent d'être comparables à ceux de pays du tiers-monde.

Régis Penosway, chef de Kitcisakik

En s'adressant au Département américain de l'Énergie (USDOE), les communautés autochtones tentent de contrecarrer l'obtention d'un permis nécessaire à la mise en marche du projet NECEC, qui est prévue pour 2022.

Le département de Protection environnementale du Maine, État par lequel doit transiter l'électricité, a déjà donné son aval au projet en délivrant un permis qui autorise la construction du corridor du NECEC.

Mais le projet doit encore obtenir un permis du Département américain de l'Énergie afin d'autoriser le passage dudit corridor de part et d'autre de la frontière canado-américaine.

Les signataires du mémoire se sont d'ailleurs dits prêts à accueillir une délégation de membres de l'USDOE afin de leur permettre d'évaluer objectivement l'énergie soi-disant "propre" d'Hydro-Québec.

Des appuis aux États-Unis

Notre mémoire présenté au USDOE chargé d'étudier la demande de permis présidentiel pour la réalisation de la ligne aux États-Unis, est appuyé par une large coalition d'organismes environnementaux, de communautés autochtones et de regroupements de citoyens de la Nouvelle-Angleterre, également opposés à ce projet, ont indiqué Pessamit, Wemotaci, Pikogan, Lac Simon et Kitcisakik dans un communiqué conjoint.

Cet été, des représentants de Pessamit avaient laissé entendre que des contacts avaient été établis de l'autre côté de la frontière. Mercredi, les communautés ont assuré que leur campagne suscitait de plus en plus d'intérêt.

Des communautés autochtones du Québec ont manifesté leur appui, de même que des Premières Nations de la Nouvelle-Angleterre.

Pour nos chefs, il n'est plus question de savoir si les gouvernements du Québec et du Canada nous doivent réparation et compensation, mais bien quand et comment ils entendent le faire, ont indiqué les signataires du mémoire.

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