L'Europe finit dans le désordre, la BCE promet d'agir en décembre

© Reuters. LES BOURSES EUROPÉENNES TERMINENT EN ORDRE DISPERSÉ © Reuters. LES BOURSES EUROPÉENNES TERMINENT EN ORDRE DISPERSÉ

par Patrick Vignal

PARIS (Reuters) - Les Bourses européennes ont terminé jeudi en ordre dispersé après avoir entendu la Banque centrale européenne (BCE) signaler son intention d'agir en décembre pour contrer les effets de la deuxième vague de la pandémie de coronavirus qui déferle actuellement sur l'Europe.

À Paris, le a fini quasiment inchangé (-0,03% à 4.569,67 points). Le Footsie britannique a cédé 0,22% et le a progressé de 0,32%.

L'indice a reculé de 0,12%, le de 0,07% et le de 0,12%.

Si elle n'a pas modifié les paramètres de sa politique, l'institution de Francfort a laissé entendre très clairement qu'elle se tenait prête à les ajuster dès sa prochaine réunion, répondant ainsi aux attentes des marchés. [L8N2HK71J]

Lors de sa conférence de presse, la présidente de la BCE, Christine Lagarde, a expliqué que les prévisions de croissance à court terme se dégradaient clairement et que les pressions sur les prix demeuraient contenues.

"L'augmentation des cas de COVID-19 et l'intensification des mesures de restriction qui en découle pèsent sur l'activité, ce qui constitue un facteur de détérioration net pour les perspectives à court terme", a-t-elle dit.

Ces annonces sont conformes aux prévisions des intervenants de marché, qui estimaient majoritairement que la BCE attendrait sa réunion de décembre pour agir face à la deuxième vague de COVID-19 qui vient de conduire la France et l'Allemagne à annoncer de nouvelles mesures de confinement susceptibles de peser sur leurs économies.

La réaction des marchés a été très nette sur l'euro, qui a légèrement puis fortement creusé ses pertes face au dollar. Les rendements des emprunts d'Etat de référence de la zone euro ont en revanche peu varié.

Les indices boursiers européens, qui s'étaient retournés à la baisse avant la publication du communiqué de la BCE, ont légèrement accentué leur repli dans un premier temps avant de se retourner à la hausse puis de finir dans le désordre.

VALEURS EN EUROPE

La séance en Europe a été animée par une quantité de résultats d'entreprises à l'instar de ceux d'Orange, supérieurs aux attentes. L'action a gagné 6,10% pour finir largement en tête du CAC 40.

L'équipementier automobile Faurecia (PA:) a en revanche abandonné 4,43% après la cession de 7% de son capital par PSA (PA:).

Ailleurs en Europe, Royal Dutch Shell (AS:) a pris 3,63%, le groupe pétrolier ayant annoncé une augmentation de son dividende après un trimestre plus solide que prévu.

Toujours à la Bourse de Londres, le géant publicitaire WPP (LON:) a perdu 2,47% et la banque Standard Chartered (LON:) a cédé 7,68% après des résultats mal accueillis.

Egalement dans le secteur bancaire, Credit Suisse a chuté de 5,56% en raison d'une baisse plus marquée qu'attendu de son bénéfice net.

A WALL STREET

A l'heure de la clôture en Europe, le monte prudemment malgré la publication de deux indicateurs rassurants.

L'économie des Etats-Unis a renoué avec la croissance au troisième trimestre à un rythme record après la violente contraction subie au trimestre précédent sous le coup de la pandémie liée au coronavirus.

Le produit intérieur brut (PIB) de la première économie du monde a augmenté de 33,1% en rythme annualisé sur la période juillet-septembre, une croissance sans précédent depuis le début de cette statistique en 1947.

Les inscriptions hebdomadaires au chômage aux Etats-Unis ont en outre diminué plus qu'attendu la semaine dernière, à 751.000 contre 791.000 (révisé) la semaine précédente, a annoncé le département du Travail.

Les économistes interrogés par Reuters attendaient en moyenne 775.000 inscriptions au chômage.

L'avenir, cependant, est incertain avec un plan de relance qui se fait toujours attendre et des inquiétudes qui montent à l'approche de l'élection présidentielle américaine du 3 novembre.

Apple (NASDAQ:), Amazon (NASDAQ:), Alphabet (NASDAQ:) et Facebook (NASDAQ:) publieront leurs résultats après la clôture.

CHANGES

L'euro anime le marché des changes avec un repli de 0,7% à 1,1663 dollar dans le sillage des annonces de la BCE.

L'indice qui mesure les fluctuations du dollar face à un panier de référence avance pour sa part de 0,6%, porté en outre par les bons chiffres du PIB américain.

TAUX

La situation est plus calme sur le marché obligataire, où le rendement du Bund allemand à 10 ans a perdu un point de base à -0,64%.

PÉTROLE

Après avoir déjà chuté de plus de 5% mercredi, le marché pétrolier creuse encore ses pertes, les nouvelles restrictions menaçant la demande.

Le abandonne 3,7% à 37,69 dollars le baril, un creux de plus de quatre mois, et le (West Texas Intermediate/WTI) perd 3,5% à 36,07 dollars.

A SUIVRE VENDREDI :

La journée de vendredi sera placée sous le signe des indicateurs macroéconomiques avec notamment à l'agenda une première estimation de l'évolution du PIB de la zone euro au troisième trimestre ainsi que les chiffres mensuels de l'inflation dans l'union monétaire.

(édité par Bertrand Boucey)

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