Les ventes de cannabis réglementé en hausse depuis mars au Canada

Une main tient un joint devant des montagnes.

Les ventes de cannabis réglementées augmentent au Canada depuis le mois de mars.

Photo : Unsplash/

Comme bon nombre de ses amis, Alexandre fume davantage de cannabis depuis que la pandémie le confine à domicile.  « C’est comme rester en jogging pour certains. Tu peux le faire, alors tu le fais », illustre le jeune québécois, après avoir fumé un joint.

Depuis le mois de mars, le marché réglementé du cannabis au Canada connaît des augmentations de ventes marquées, notamment en Ontario, en Colombie-Britannique, et au Québec.

Être plus souvent à la maison, et moins fréquemment dans des contextes sociaux, entraîne une plus grande consommation de cannabis, et potentiellement, d'alcool, croit la directrice de l’Association canadienne des détaillants de cannabis, Jaclynn Pehota.

Pour Alexandre, qui travaille à la maison depuis plusieurs mois, le constat est évident.

Le fait d’aller en public nous force à respecter ces conventions collectives qu’on a entre nous : tu es censé t’habiller, te laver, pas être super high, même si ça te tente de l’être. Mais là, maintenant, comme on est laissé à nous-mêmes, on peut faire ce qui nous tente, dit-il.

Deux personnes s'échangent un joint.

Les autorités sanitaires de la Colombie-Britannique recommandent de ne pas partager de joint ou de vapoteuse en temps de pandémie.

Photo : Shutterstock / Isbjorn6

« Une fenêtre d'opportunité »

Je pense qu'il y a beaucoup d'anxiété liée à la situation de la pandémie et que beaucoup de gens utilisent le cannabis pour soulager ce stress, estime Mme Pehota.

Du point de vue d'Alexandre, il s'agit plutôt d'une question de possibilité, ou, dans ses propres mots, d'une fenêtre d'opportunité.

Le fait est que je sois tout le temps à la maison, que je n’ai pas à me préoccuper des autres, je peux fumer quand je veux.

Alexandre

S’il y avait la pandémie, mais que je devais quand même me rendre au travail, ma consommation n’aurait pas augmenté, assure-t-il.

Notre dossier COVID-19 : ce qu'il faut savoir

Des ventes gonflées

De la fin mars à la fin juin, en plein confinement, la Société québécoise du cannabis (SQDC) a réalisé des ventes de 110 millions de dollars, soit 65 millions de plus qu’au premier trimestre de l’exercice précédent.

En Ontario, à l’apogée des mesures de distanciation sociale, les commandes de produits de cannabis sont passées d’environ 3000 à 13 000 par jour, selon la Société ontarienne du cannabis.

Ce nombre a un peu diminué depuis, mais il est toujours plus élevé qu'avant la pandémie, indique le directeur principal des communications et de la responsabilité sociale de l’Ontario Cannabis Store (OCS), Daffyd Roderick.

Voyant leur chiffre d’affaires augmenter, les marchés se sont rapidement adaptés et ont mis en oeuvre des options de livraison plus efficaces, remarque Jaclynn Pehota.

Un meilleur accès au cannabis réglementé a certainement eu un impact sur la hausse des chiffres d'affaires de l'industrie, affirme-t-elle.

Plan rapproché d'un plant de cannabis sativa.

La question de savoir si le cannabis peut être efficace contre la COVID-19 fait l'objet d'études et de recherches.

Photo : Radio-Canada / Daniel Coulombe

Cannabis, un besoin d'équilibre

Alors que des chercheurs de l’Alberta se penchent sur les bienfaits possibles du cannabis contre la COVID-19 (Nouvelle fenêtre), le Centre canadien sur les dépendances et l’usage de substances rappelle qu’aucune information scientifique ne le démontre.

Il y a lieu de croire au contraire que l’inhalation de la fumée de cannabis, ainsi que de la fumée d’autres sources comme le tabac, pourrait endommager l’appareil respiratoire », note le Centre.

Les autorités sanitaires de la Colombie-Britannique recommandent par ailleurs de ne pas partager de joint ou de vapoteuse en temps de pandémie.

Pas de danger en l'occurrence pour Alexandre, qui vit seul.

À la question de savoir combien sa consommation de cannabis a augmenté, il répond qu'elle demeure somme toute modérée.

J’ai maintenant l’occasion de fumer autant que la fin de semaine. Je peux fumer dès que je me lève le matin. Mais, moi, je m’impose des limites, pour rester professionnel, dit-il.

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