Les Québécois vont-ils compenser l’absence de touristes internationaux cet hiver?

Un lac entouré d'arbres.

Une vue de la région de Saint-Alexis-des-Monts

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

En temps normal, plus d'un demi-million de touristes internationaux visitent le Québec chaque hiver et y dépensent environ 1000 $ chacun. Ces visiteurs risquent fort de briller par leur absence durant la prochaine saison.

Un texte de Marie-Claude Morin

À Saint-Alexis-des-Monts, la Pourvoirie du lac Blanc et la Microbrasserie de la Nouvelle-France s'organisent déjà pour limiter les dégâts.

Il faut rouler environ deux heures à partir de Montréal pour arriver à Saint-Alexis-des-Monts, puis zigzaguer pendant une dizaine de minutes entre les arbres et les lacs avant de voir apparaître la Pourvoirie du lac Blanc. Et rapidement, on comprend pourquoi les touristes sont si nombreux à visiter ce coin de la Mauricie.

Il y a des centaines de motoneiges ici l'hiver. Ça va même jusque sur le lac. Les samedis, on sert entre 450 et 600 repas de 11 h à 16 h, explique Daniel Grenier, directeur des ventes et du marketing à la Pourvoirie du lac Blanc, en marchant sur la pelouse devant l'auberge.

Les Québécois forment la grande majorité des visiteurs du relais-motoneige la semaine. Ils viennent manger, prendre un verre au bar ou dormir dans une des 21 chambres de l'auberge ou des 14 chalets.

La dynamique est tout autre du lundi au vendredi. Les deux tiers de notre clientèle l'hiver, ce sont des Français, explique M. Grenier. Ils débarquent pour trois ou quatre jours et n'hésitent pas à sortir le chéquier pour profiter à fond de l'hiver québécois.

Ils partent quelques heures en traîneau à chiens, font de longues excursions de motoneige, explorent la forêt en raquettes, pêchent sur le lac. Des activités payantes pour la pourvoirie, mais aussi pour les guides qui les accompagnent.

Daniel Grenier devant un lac.

Daniel Grenier, directeur des ventes et du marketing à la Pourvoirie du lac Blanc

Photo : Radio-Canada

On ne s'attend pas à ce que la clientèle européenne soit là cet hiver. On va avoir beaucoup de monde les fins de semaine, mais ça risque d'être tranquille la semaine.

Daniel Grenier, directeur des ventes et du marketing à la Pourvoirie du lac Blanc

De la plage au sentier de raquette

La pourvoirie du lac Blanc est en train de réfléchir à une campagne de publicité télé, radio et web pour attirer les Québécois durant la semaine. Comment on peut convaincre les Québécois de troquer la plage à 30 degrés pour de la neige dans nos beaux sentiers, avec peut-être un -25 degrés?

Pour y arriver, il compte mettre de l'avant les joies des hivers d'antan, le plaisir en famille et la facilité de travailler sur place. On a la fibre optique et un environnement pas mal plus inspirant que les grandes villes. Alors, pourquoi ne pas venir créer autrement ici?

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L'hélicoptère, normalement prisé par les touristes étrangers, pourrait aussi trouver une nouvelle vocation. Peut-être aller chercher des gens de Montréal ou amener nos visiteurs découvrir d'autres coins de la région.

Mais même si les Québécois sont au rendez-vous, Daniel Grenier s'attend à perdre environ les trois quarts de ses revenus par rapport à un hiver normal. Déjà, plus de la moitié de la soixantaine d'employés a été mise à pied et il n'en restera qu'une quinzaine après l'Action de grâces.

On est optimistes, mais il faut rester réalistes. Cela dit, on peut avoir de belles surprises. Cet été, jamais on n'aurait pensé louer autant de séjours de cinq nuits et avoir autant de demandes pour la pêche. Peut-être que ce sera la même chose pour la location de motoneiges, dit Daniel Grenier.

Occuper les employés pour les retenir

À l'entrée du village, la Microbrasserie Nouvelle-France travaille elle aussi activement à pallier l'absence de touristes étrangers.

Son président, François-Eugène Lessard, passe fièrement d'une cuve à l'autre dans la salle de brassage donnant sur la salle à manger. Il s'arrête devant l'une d'elles et verse un échantillon.

Ça, c'est la sour pêche. Elle a vraiment une couleur de pêche et un aspect trouble, parce qu'on met énormément de purée de pêche dedans.

Connue depuis 20 ans pour ses bières sans gluten La Messagère, l'entreprise mise maintenant sur les bières non traditionnelles, comme les bières desserts.

C'est ce qui nous allume mon frère et moi, et tout le reste de l'équipe. On développe des produits farfelus et c'est ce qui attire la nouvelle clientèle ici. Les gens se déplacent parce qu'ils savent que toute la recette sera bue durant la fin de semaine, souligne-t-il.

François-Eugène Lessard entouré de cuves de bière.

François-Eugène Lessard, président de la Microbrasserie Nouvelle-France

Photo : Radio-Canada

Même si la restauration ne représente que 20 % des revenus de la microbrasserie, elle fait travailler une bonne partie de la trentaine d'employés.

Ce qui nous fait le plus peur, c'est de perdre nos employés. Donc on s'est réinventé pour occuper nos gens à l'interne. On va faire toutes sortes de produits dérivés, comme des vinaigrettes, de la sauce, de la salsa et des mets préparés.

L'entrepreneur espère ainsi conserver sa main-d’œuvre jusqu'à la prochaine saison estivale.

François-Eugène Lessard, tout comme Daniel Grenier de la Pourvoirie du Lac Blanc et une bonne partie de l'industrie touristique, croise les doigts pour que les Québécois fassent comme cet été et profitent de la fermeture des frontières pour découvrir les régions d'ici.

De son côté, Tourisme Québec prépare une nouvelle offre de Forfaits Explore et de Passeports Attraits pour encourager les Québécois à se réapproprier l'hiver québécois.

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