Le directeur parlementaire du budget se penche sur les prestations qui remplaceront la PCU

Yves Giroux assis à une table avec son nom écrit sur un carton devant lui.

Le directeur parlementaire du budget, Yves Giroux.

Photo : La Presse canadienne / Adrian Wyld

La Presse canadienne

Le directeur parlementaire du budget estime que ce ne sont pas les travailleurs déclarés positifs à la COVID-19 qui bénéficieront le plus de la nouvelle Prestation canadienne de maladie pour la relance économique.

Dans un rapport publié mercredi matin, le directeur parlementaire du budget (DPB) estime que seuls 50 millions de dollars iront aux travailleurs qui sont effectivement atteints de la COVID-19, sur un coût de programme estimé à 655 millions de dollars pour l'exercice en cours, soit près de 8 % du budget total estimé.

Le DPB estime que la plus grande part des dépenses de cette prestation pour l'exercice en cours et le suivant iront à des travailleurs qui doivent s'absenter pour d'autres maladies non liées à la COVID-19 ou qui courraient un risque élevé s'ils devaient contracter la maladie infectieuse.

Dans un rapport distinct, le DPB souligne par ailleurs que la très grande majorité des dépenses de la nouvelle Prestation pour proches aidants ira aux parents qui s'occupent d'enfants malades ou écartés de l'école à cause d'une éclosion.

Le DPB estime que sur le coût net de cette prestation, estimé au total à 1,4 milliard de dollars pour l'exercice en cours et le prochain, plus d'un milliard ira aux parents qui doivent rester à la maison pour s'occuper d'enfants qui courraient un risque élevé s'ils attrapaient la COVID-19. Par ailleurs, 306 millions de dollars iraient à des parents restés à la maison parce qu'un enfant ou son camarade de classe est effectivement atteint de la maladie.

En comparaison, le DPB estime à 66 millions de dollars, sur deux exercices, le coût estimé de cette prestation pour les proches aidants qui s'absenteraient du travail afin de s'occuper d'un adulte dans la famille qui devrait rester à la maison.

Le DPB rappelle bien sûr que toutes ses estimations sur les mesures fédérales qui doivent remplacer la Prestation canadienne d'urgence (PCU) sont sujettes à l'évolution de la pandémie et au nombre de cas de COVID-19 au pays.

80,6 milliards de dollars de PCU

Les premiers versements des nouvelles prestations doivent être effectués la semaine prochaine pour soutenir les Canadiens dont les revenus se sont effondrés pendant la pandémie. Ces programmes doivent aussi permettre aux travailleurs qui n'ont pas de congés de maladie de rester à la maison et d'être quand même payés s'ils tombent malades.

Ces programmes remplacent la PCU, qui a pris fin en septembre. Le gouvernement fédéral l'avait introduite en mars, lorsque le grand confinement a entraîné des pertes d'emplois qui auraient submergé le vieux système d'assurance-emploi. De toute façon, en vertu de ces règles, ce régime n'aurait pas apporté beaucoup de soutien à bon nombre de Canadiens ayant perdu leur emploi.

Selon les chiffres les plus récents d'Ottawa, le programme de la PCU a versé 80,62 milliards de dollars de prestations à près de 8,9 millions de travailleurs. Les libéraux avaient prolongé la PCU de quatre semaines, pendant que le Parlement était prorogé, ce qui a coûté 5,37 milliards de dollars, selon le DPB.

Dans l'ensemble, le bureau d'Yves Giroux estime que les trois nouvelles prestations qui remplacent la PCU coûteront près de 23,5 milliards de dollars cet exercice et le prochain. C'est la Prestation canadienne de la relance économique qui coûtera le plus cher : près de 20,7 milliards de dollars, pour verser 500 dollars par semaine, pendant un maximum de 26 semaines, à ceux qui ne sont pas admissibles à l'assurance emploi.

Le gouvernement retient à la source 10 % des coûts à des fins fiscales, ce qui n'était pas le cas avec la PCU, qui est toutefois imposable. Le DPB estime d'ailleurs qu'Ottawa pourrait récupérer l'an prochain 3,6 milliards de dollars en impôt fédéral auprès de ceux qui ont touché la PCU cette année.

Des idées de l'opposition

Les quatre rapports du DPB sur le coût des prestations fournissent une analyse indépendante des promesses du gouvernement libéral de continuer à aider les travailleurs touchés par la pandémie. Deux autres rapports fournissent quant à eux des estimations sur des idées de l'opposition pour étendre davantage les mesures de soutien du revenu et le filet de sécurité pour les ménages.

Le DPB estime ainsi que cela coûterait en moyenne 1,5 milliard de dollars par an au cours des cinq prochaines années, avec un coût initial de 3 milliards de dollars, pour fournir des soins dentaires aux Canadiens non assurés dont le revenu total du ménage est inférieur à 90 000 $. Le DPB estime que la proposition néo-démocrate offrirait une couverture à 6,5 millions de personnes si elle commençait l'année prochaine. Ce nombre tomberait à 6,3 millions d'ici 2025, à mesure que la population évoluera et que les conditions du marché du travail s'amélioreront.

Enfin, à la demande du député conservateur Ziad Aboultaif, le DPB a estimé combien il en coûterait pour supprimer l'impôt fédéral sur les prestations du Régime de pensions du Canada (et du Régime des rentes du Québec) ainsi que de la Sécurité de la vieillesse versées aux personnes âgées qui ont des sources de revenus limitées. Selon le DPB, il en coûterait 268,1 millions de dollars pendant l'exercice actuel, puis près de 1,1 milliard de dollars l'exercice suivant.

Le DPB précise que les fonds pour payer cette mesure proviendraient des recettes générales du gouvernement et non d'une augmentation des cotisations futures aux régimes de pension.

« On reste chez nous! », martèle Legault face à la hausse des hospitalisations
Santé publique
COVID-19 : le nombre de cas en temps réel
Coronavirus
130 postes supprimés à CBC
Médias
Voies de fait sur une femme : Éric Lapointe plaide coupable
Mort de George Floyd : le policier Derek Chauvin libéré sous caution
Procès et poursuites

Let's block ads! (Why?)