La vente de Transat à Air Canada a « du plomb dans l’aile », selon Péladeau

Un avion d'Air Transat en vol.

Air Canada a fait passer son offre de 18 à 5 $ l’action pour l'achat de Transat.

Photo : Radio-Canada / Jean-Claude Taliana

Il y a de bonnes chances que les actionnaires de Transat n’aient d’autre choix que d’approuver la vente de l’entreprise à Air Canada. Le contexte économique du secteur de l’aviation ne peut être plus malheureux, et il ne semble pas y avoir de volonté à Québec pour tenter d’organiser un sauvetage de Transat avec d’autres acheteurs.

Le premier ministre François Legault, cofondateur de Transat, a laissé entendre que le gouvernement du Québec pourrait être disposé à appuyer une offre concurrente d’investisseurs québécois sérieux. Cependant, il n’y a rien à l’horizon en ce sens, et M. Legault a tenu à souligner en début de semaine que le siège social d'Air Canada est à Montréal, [ que c'est] une compagnie québécoise qui achète une autre compagnie québécoise.

Autrement dit, si Groupe Mach, FNC Capital, Pierre Karl Péladeau ou d’autres investisseurs ne font pas de nouvelle proposition, le gouvernement ne va pas, par l'intermédiaire d’Investissement Québec, se précipiter pour orchestrer un rachat de Transat, même si l’occasion d’affaires actuelle apparaît comme exceptionnelle.

Air Canada a fait passer son offre de 720 millions à 190 millions de dollars, soit de 18 à 5 dollars l’action. Elle pourrait refuser d'égaler une offre concurrente de 6 dollars l'action ou plus. Peut-être la Caisse de dépôt et placement du Québec, qui est indépendante du gouvernement dans ses choix d’investissement, pourrait-elle décider d’agir après avoir analysé le dossier, ce qu’elle ne manquera pas de faire, si ce n’est déjà fait.

Peut-être aussi le Fonds de solidarité FTQ pourrait-il se joindre à des acheteurs potentiels. Le Fonds se dit ouvert à étudier toute proposition.

Cela dit, il est probable qu’Air Canada va acheter Transat en cette période où la société québécoise semble être en difficultés financières. Le nouvel accord va permettre à Transat d’avoir accès à une facilité de crédit de 250 millions de dollars, le temps de passer les prochains mois à l’ombre de cette crise qui a des conséquences catastrophiques sur l’industrie de l’aviation.

PKP toujours intéressé

En entrevue à Zone économie, le PDG de Québecor, Pierre Karl Péladeau, a dit être encore intéressé par Transat. J’analyse le dossier, a-t-il dit, comme je l’analysais précédemment. Il affirme devoir réactualiser [s]a perspective et attend de voir les documents de Transat en prévision de l’assemblée des actionnaires qui aura lieu le 8 décembre. 

C’est loin d’être une transaction terminée, déclare Pierre Karl Péladeau, parce que ça requiert des autorisations administratives. Le Bureau de la concurrence a fait des recommandations qui n’étaient pas particulièrement favorables, parce qu’on sait fort bien que la conséquence du rachat de Transat par Air Canada sera la constitution d’un quasi-monopole. Plus de 60 % des lignes aériennes sur la desserte européenne vont dorénavant être régies par une seule entreprise.

Étant donné les enjeux de concurrence, il est d’avis que cette transaction a véritablement du plomb dans l’aile parce qu’obtenir des autorisations, ce ne sera pas une mince tâche.

Un auteur demande aux gens de ne plus acheter son livre
Livres
COVID-19 : oui à une Halloween en famille, mais non aux gros partys de Noël
Santé publique
COVID-19 : le nombre de cas en temps réel
Coronavirus
La police de Toronto a identifié le meurtrier de Christine Jessop, tuée en 1984
Disparition
Une Québécoise de 37 ans attrape la COVID-19 une deuxième fois
Coronavirus

Let's block ads! (Why?)