La France se prépare à un "reconfinement" à grande échelle

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PARIS (Reuters) - Dans l'attente des annonces d'Emmanuel Macron face à l'accélération de l'épidémie due au coronavirus, la France se préparait mercredi à un nouveau durcissement marqué des mesures de restriction de circulation, qui pourraient aller jusqu'à un reconfinement quasi général du pays, avec des conséquences sanitaires, sociales et économiques difficiles à évaluer.

Le président de la République doit présenter à 20h00 (19h00 GMT) les nouvelles mesures décidées pour tenter de freiner la propagation du coronavirus, au terme d'une journée durant laquelle il aura notamment réuni le conseil des ministres puis un deuxième conseil de défense sanitaire en 24 heures.

Face à l'augmentation exponentielle du nombre de cas d'infection et au risque de saturation des services de réanimation à brève échéance, le gouvernement prépare depuis plusieurs jours l'opinion à "des décisions difficiles".

Mardi, le Premier ministre, Jean Castex, a réuni l'ensemble des forces politiques mais l'opposition est sortie déçue de ce rendez-vous en l'absence de détails sur les décisions à venir.

Les autorités sanitaires ont fait état mardi soir de 523 décès supplémentaires attribués au COVID-19 en 24 heures, près de deux fois le chiffre annoncé la veille, et de 33.417 nouvelles contaminations contre 26.771 lundi.

Le nombre de personnes actuellement hospitalisées en réanimation s'élève à 2.918, au plus haut depuis début mai, avant la levée du premier confinement.

Selon plusieurs médias, l'hypothèse privilégiée est celle d'un confinement national de quatre semaines qui n'épargnerait que les écoles et collèges et une partie seulement des commerces.

La perspective d'un nouveau coup d'arrêt à l'activité économique a fait plonger les marchés financiers européens dès l'ouverture et en milieu de matinée, l' de la Bourse de Paris perdait 2,72%, au plus bas depuis le 26 mai, tandis que l'euro se dépréciait de plus de 0,3%.

BERCY PRÉPARE DES MESURES POUR "ACCOMPAGNER" L'ÉCONOMIE

"L'objectif principal, c'est la santé publique et nous travaillons actuellement sur toutes les hypothèses. Pour ce qui me concerne, avec Bruno Le Maire, nous préparons les dispositions qui seront nécessaires pour accompagner l'économie selon la nature des décisions prises", a déclaré Olivier Dussopt, le ministre délégué auprès du ministre de l'Economie en charge des comptes publics, sur Sud Radio.

"Lorsque le pays s'arrête de fonctionner (...), c'est une perte entre deux et 2,5 points de PIB par mois de confinement général", a-t-il précisé.

Dans les milieux médicaux, de nombreux spécialistes des maladies infectieuses et des épidémies réclament cependant les mesures les plus strictes possibles.

"Il faut prendre des mesures maintenant, et pas trop tard, si l'on attendait encore dix jours par exemple", a ainsi déclaré Philippe Juvin, chef du services des urgences de l'hôpital Georges-Pompidou de Paris, sur RTL (DE:).

"Il y a eu une crise sanitaire, une crise économique, il ne faut pas maintenant qu'il y ait une crise de confiance qui conduise à la désobéissance comme ça a été vu dans d'autres pays", a-t-il ajouté.

La piste du reconfinement quasi général est cependant loin de faire l'unanimité, y compris parmi les soutiens du chef de l'Etat.

"Je ne me prononce pas pour un reconfinement généralisé", a ainsi dit François Bayrou, le commissaire au Plan, sur France Inter. "Mon sentiment à moi, c'est qu'on ne peut pas refermer le pays sur lui-même complètement."

La France est loin d'être le seul grand pays à envisager de nouvelles mesures de restriction de la vie sociale et économique: en Allemagne, selon un projet que Reuters a pu consulter, Angela Merkel envisage entre autres de fermer tous les bars et les restaurants, les salles de sports, les cinémas ou encore les salles de spectacle à partir du 4 novembre.

(Marc Angrand)

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