Des travailleurs exposés « inutilement » à du plomb au chantier Davie

Deux travailleurs nettoient la cale sèche où se trouve un navire.

Des employés travaillant sur des brise-glaces de la Garde côtière canadienne ont été exposés à de la peinture au plomb au chantier naval Davie (archives).

Photo : Radio-Canada / Marc Godbout

Des ouvriers du chantier naval Davie et des membres de la Garde côtière canadienne ont été exposés durant plusieurs mois à de la peinture au plomb sans porter l’équipement de protection adéquat, et ce, même si leurs employeurs respectifs avaient de bonnes raisons de croire que les navires sur lesquels ils travaillaient en contenaient.

Les navires en question sont les brise-glaces Jean Goodwill et Vincent Massey. La Garde côtière les a acquis par l'intermédiaire de la Davie en 2018, en même temps qu’un troisième brise-glace, le Captain Molly Kool.

Les navires sont arrivés au chantier de Lévis à la fin de l’été 2018 afin d’y subir différents travaux de conversion. Davie a livré le Captain Molly Kool à la Garde côtière quelques mois plus tard, en décembre.

Le Jean Goodwill et le Vincent Massey se trouvent toujours au chantier de Lévis. Le 12 février dernier, les travaux sur les deux navires ont été interrompus après qu’un inventaire des risques effectué par la Garde côtière a révélé que leur peinture contenait du plomb.

Trois navires peints en jaune et noir naviguent l’un à la suite de l’autre sur les eaux du fleuve Saint-Laurent, entre Québec et Lévis.

Les trois brise-glaces vendus par l’entreprise suédoise Viking Supply Ships sont arrivés au chantier naval Davie le 27 août 2018 (archives).

Photo : Radio-Canada

Avant d’inspecter le Jean Goodwill et le Vincent Massey, la Garde côtière avait mené, en août 2019, un examen identique sur le Captain Molly Kool, lequel a révélé que les anciennes couches de peinture du brise-glace contenaient du plomb.

La Garde côtière canadienne a reçu les résultats de l'enquête pour le NGCC Captain Molly Kool en octobre 2019, et les résultats de l'inventaire des enquêtes sur les risques ont été communiqués le même jour à Chantier Davie Canada Inc., précise l’agence fédérale dans un courriel envoyé à Radio-Canada.

Cela signifie que la Garde côtière et Davie savaient, dès le mois d’octobre 2019, qu’il y avait de la peinture au plomb à bord du Captain Molly Kool.

Le NGCC Captain Molly Kool amarré à l'un des quais du chantier naval Davie.

Le Captain Molly Kool (ex-Vidar Viking) a rejoint la flotte de la Garde côtière en décembre 2018 (archives).

Photo : Radio-Canada / Cimon Leblanc

Plusieurs sources travaillant dans le milieu maritime à qui nous avons parlé estiment que la Garde côtière et Davie auraient dû, dès cet instant, suspecter la présence de plomb à bord des deux autres brise-glaces, dont la conception est identique à celle du Captain Molly Kool, et agir en conséquence.

Or, aucune mesure visant à protéger les employés contre une possible exposition au plomb n’a été prise au chantier avant la mi-février 2020, soit quatre mois plus tard.

Ce n’est qu’après avoir obtenu les résultats de l’inspection du Jean Goodwill et du Vincent Massey, le 12 février, que Davie a interrompu ses travaux, le temps de mettre en place des mesures d’abattement du plomb. Les travaux ont repris à la fin du mois de mars.

Pas d’inspection avant l’achat

La Garde côtière, qui a refusé notre demande d’entrevue, n’avait pas jugé bon de faire un inventaire exhaustif des risques avant d’acheter les navires ni avant de les confier au chantier Davie.

La Garde côtière canadienne avait prévu d'effectuer des inspections pour chacun des trois brise-glaces de taille moyenne après leur livraison et leur entrée dans la flotte, nous a-t-elle écrit.

Dans le cas du Captain Molly Kool, la Garde côtière a attendu au mois d’août 2019, soit neuf mois après sa mise en service, pour effectuer une recherche des matières dangereuses (amiante et plomb, entre autres).

N’eût été la découverte de plomb à bord de ce brise-glace, elle aurait attendu que le Jean Goodwill et le Vincent Massey aient été mis en service avant de les inspecter en profondeur.

Des ouvriers se tiennent à proximité d'un navire en cale sèche.

Le Jean Goodwill photographié en décembre 2019 dans une cale sèche du chantier Davie (archives).

Photo : Radio-Canada / Marc Godbout

Avant l’octroi du contrat au chantier naval Davie pour l’achat et la conversion des brise-glaces, le gouvernement du Canada a envoyé des équipes en Suède pour déterminer si les navires répondaient bien aux besoins et exigences opérationnels et techniques de la Garde côtière . Ces équipes comprenaient des représentants de l’agence fédérale.

Une fois le contrat accordé, en août 2018, la Garde côtière déclare qu'elle a envoyé en Suède divers membres du personnel à bord des navires et à terre pour se familiariser avec les navires, les former, et acquérir une certaine connaissance pratique des navires pendant [leur] transit vers le Canada.

Aucune inspection visant à détecter la présence de matières dangereuses à bord des brise-glaces n’a été menée lors de ces voyages.

Occasion ratée

François Fournier, un officier mécanicien de la Garde côtière canadienne à la retraite, croit que les visites en Suède représentaient une belle occasion de vérifier la présence de plomb à bord des navires.

Quand des bateaux les intéressent, ils peuvent y aller un peu plus en profondeur en demandant des rapports sur l'amiante, le mercure ou le plomb. [Ils] auraient pu en faire davantage sur le plomb, maintenant qu'on sait que c’est une matière toxique et dangereuse pour la santé. Je pense que ç'aurait été un bon moyen de vérifier, soutient M. Fournier.

Il déplore que des travailleurs aient été exposés inutilement à du plomb.

François Fournier accorde une entrevue en visioconférence à Radio-Canada.

François Fournier reproche à la Garde côtière et au chantier Davie de ne pas avoir pris les mesures nécessaires pour assurer la sécurité de leurs travailleurs.

Photo : Radio-Canada

La Garde côtière était pourtant consciente de la possibilité que de la peinture au plomb se retrouve à bord des trois brise-glaces, dont la construction remonte à une vingtaine d’années.

Sur de nombreux navires et autres infrastructures d'un certain âge, il y a l’éventualité de trouver du plomb dans la vieille peinture. Toutes les industries qui s'occupent de ces navires et infrastructures sont conscientes de cette possibilité.

Extrait d’un courriel de la Garde côtière canadienne envoyé à Radio-Canada

La responsabilité du chantier?

Dans ce cas, pourquoi la Garde côtière n’a-t-elle pas effectué d’inventaire des risques avant le début des travaux à la Davie? L’agence soutient que c’est le chantier naval qui avait la responsabilité d’inspecter les navires.

Les trois brise-glaces de taille moyenne ont été acquis par l'intermédiaire de Chantier Davie Canada Inc. Les navires sont pris en charge par Chantier Davie Canada Inc. et sont sous sa garde depuis leur achat jusqu'à leur livraison à la Garde côtière canadienne, indique l’agence.

Pourtant, deux sources proches du dossier, dont l’une cumule de nombreuses années d’expérience dans l’industrie maritime, ont indiqué à Radio-Canada qu’au moment d’octroyer le contrat des brise-glaces à Davie, la Garde côtière a pris l’entière responsabilité des risques associés à la présence de matières dangereuses à bord des navires.

Nous avons tenté d’obtenir une confirmation auprès de la Garde côtière, qui nous a redirigés vers Services publics et Approvisionnement Canada. Le Ministère nous a répondu ce qui suit :

On ne peut discuter de cet enjeu puisqu’il s’agit de renseignements commerciaux privilégiés entre Chantier Davie Canada Inc. et le Canada.

 Une cale sèche vide.

La survie du chantier naval Davie repose en grande partie sur les contrats de construction navale qu’elle souhaite obtenir auprès de la Garde côtière canadienne (archives).

Photo : Radio-Canada / Marc Godbout

Lorsque l’agence a appris que la peinture des brise-glaces contenait du plomb, elle n’a pas recommandé à Davie de prendre des mesures particulières pour atténuer le risque potentiel de contamination par le plomb résultant des travaux en cours sur les deux navires toujours sous sa responsabilité. Questionnée à ce sujet par Radio-Canada, la Garde côtière a de nouveau renvoyé la balle à l’entreprise de Lévis :

Chantier Davie Canada Inc. a une grande expérience dans le domaine du radoub et de l'entretien des vieux navires, et connaît ses responsabilités et obligations en matière de procédures environnementales, y compris l'identification, la récupération, le suivi, le stockage, le transport, et l'élimination de tous les polluants potentiels et des matières dangereuses trouvées.

Extrait d’un courriel de la Garde côtière canadienne envoyé à Radio-Canada

La Garde côtière a mis plusieurs semaines avant de confirmer la présence de plomb dans la peinture du Jean Goodwill et du Vincent Massey. Ce n’est qu’au mois de décembre, soit deux mois après la découverte de plomb à bord du Captain Molly Kool, qu’elle a mené un inventaire exhaustif des risques sur les deux brise-glaces.

Selon nos informations, le fait que les trois navires aient des historiques d’entretien et de propriété différents a amené la Garde côtière à ne pas conclure prématurément que la présence de plomb sur l’un allait mener à la découverte de la substance sur les deux autres.

Un contenu vidéo est disponible pour cet articleUn cube symbolisant l'élément « Plomb ».

L'effet du plomb sur la santé

Photo : Radio-Canada

Davie dit avoir fait preuve de prudence

À l’instar de la Garde côtière, Chantier Davie Canada n’a pas voulu nous accorder d’entrevue. Son vice-président aux affaires publiques, Frédérik Boisvert, nous a transmis une déclaration écrite dans laquelle il affirme que l’entreprise a pris toutes les mesures de précaution nécessaires par rapport au plomb.

En tant que premier constructeur naval du Canada et employeur important au Québec, la sécurité de nos employés sur le lieu de travail est la première priorité de Chantier Davie. Nous pouvons confirmer que la situation en question a été gérée avec prudence, sans impact négatif sur la santé de nos employés, écrit M. Boisvert.

Frédérik Boisvert accorde une entrevue à Radio-Canada en bordure du fleuve Saint-Laurent en été.

Frédérik Boisvert assure que Chantier Davie Canada a pris les mesures nécessaires pour protéger ses travailleurs contre le plomb (archives).

Photo : Radio-Canada

Il rappelle que Davie a ordonné l’arrêt complet de sa production dès que la présence de plomb à bord du Jean Goodwill et du Vincent Massey a été confirmée. Le chantier de Lévis a par la suite fait appel à un hygiéniste industriel et mis en place des mesures de protection contre le plomb.

Chantier Davie examine en permanence les mesures de santé, de sécurité et les incidents afin d’apporter des améliorations chaque fois que cela est nécessaire.

Frédérik Boisvert, vice-président aux affaires publiques, Chantier Davie Canada

Le porte-parole ajoute que Chantier Davie a fait subir des tests de plombémie à plus de 400 travailleurs par l’intermédiaire d’une clinique privée, en partenariat avec la direction régionale de santé publique.

Aucun taux anormalement élevé de plomb dans le sang n’aurait été détecté chez les employés testés. Le suivi pour les résultats des tests de dépistage sera effectué par la clinique privée.

Des séances d’information ont été données par une firme privée à la demande de l’employeur, dont le contenu a été fait en consultation avec l’équipe de santé publique. Les seuils d’interprétation des plombémies ont été déterminés selon des critères de santé publique, précise le CISSS de Chaudière-Appalaches.

Un navire amarré à un quai, sur le fleuve Saint-Laurent.

Voici à quoi ressemblait le Captain Molly Kool (ex-Vidar Viking) avant de subir des travaux de conversion au chantier Davie (archives).

Photo : Radio-Canada

La déclaration de Chantier Davie Canada ne précise toutefois pas les raisons pour lesquelles les mesures de protection n’ont pas été mises en place dès le mois d’octobre, quand les résultats de l’inventaire effectué sur le Captain Molly Kool ont révélé la présence de plomb à bord du navire.

La réponse du chantier n’adresse aucun blâme ni reproche à la Garde côtière canadienne, son principal client, pas plus qu’elle ne contient d’admission quant à tout possible manquement de sa part aux règles de précaution et de diligence raisonnable.

L’entreprise lévisienne n’a pas voulu commenter l’affirmation de la Garde côtière selon laquelle elle avait la responsabilité de s’assurer qu’il n’y avait pas de plomb dans la peinture des navires avant d’entamer les travaux.

Que savait Viking Supply Ships?

Les spécifications techniques que l’entreprise suédoise Viking Supply Ships a remises à la Garde côtière lors de la vente des trois brise-glaces ne mentionnaient pas la présence de plomb dans la peinture des navires.

La Garde côtière canadienne n'a reçu aucun document indiquant la présence de peinture au plomb sur les trois brise-glaces acquis par l'intermédiaire de Chantier Davie Canada Inc., assure l’agence fédérale.

Des navires de la Garde côtière naviguent sur des eaux partiellement recouvertes de glaces.

L'achat des trois navires suédois est une première étape dans le remplacement progressif de la flotte de brise-glaces vieillissante de la Garde côtière (archives).

Photo : Gary Morgan / Garde côtière canadienne

Radio-Canada a écrit et téléphoné à Viking Supply Ships à de nombreuses reprises au cours des derniers mois pour lui demander des précisions à ce sujet. Était-elle au courant que ses navires contenaient du plomb? Si oui, en a-t-elle avisé la Garde côtière et le chantier Davie?

Au moment d’écrire ces lignes, l’entreprise suédoise n’avait toujours pas répondu à nos questions.

Que l’ancien propriétaire des navires ait ou non omis de transmettre certaines informations à la Garde côtière ne dédouane pas cette dernière ni Davie de leurs responsabilités, croient différents intervenants avec qui nous nous sommes entretenus.

Responsabilité partagée

Un membre actif de la Garde côtière qui cumule plusieurs années d’expérience soutient que son employeur et le chantier naval avaient l’obligation légale de s’assurer que la peinture des navires ne contenait pas de plomb avant même d’entreprendre les travaux, à l’été 2018.

Oui, conformément à la réglementation de santé et sécurité et les bonnes pratiques de diligence raisonnable dans le milieu de travail, les deux parties étaient responsables [de s’en assurer], confie l’employé, qui a demandé à ce que son nom et son titre demeurent confidentiels.

Il mentionne que ce n’est pas la première fois que des travailleurs sont exposés à du plomb contenu dans la peinture des navires de la Garde côtière canadienne.

Un navire de la Garde côtière entre dans le port d'Halifax.

Au printemps 2019, des membres d’équipage de la Garde côtière et des ouvriers du chantier naval NewDock, à Saint-Jean de Terre-Neuve, ont été exposés à du plomb contenu dans la peinture du NGCC Hudson (archives).

Photo : CBC/Robert Short

Au cours des trois dernières années, du plomb a notamment été trouvé à bord des navires Amundsen, Hudson et George R. Pearkes, comme l’attestent des documents obtenus par Radio-Canada.

Suite aux cas précédents et récents d’exposition du personnel à la poussière contenant le plomb [...], la Garde côtière aurait dû agir conformément aux règlements de santé et sécurité applicables pour protéger le personnel à bord des navires [...] présentement situés au chantier Davie, insiste l’employé.

Matière à poursuite?

François Fournier estime pour sa part que les responsables de cet incident malheureux pourraient s’exposer à des poursuites pour avoir enfreint certaines dispositions qu’on retrouve dans la partie II du Code canadien du travail.

Les gestionnaires sont imputables dans leurs obligations, leurs responsabilités. Il pourrait y avoir, à ma connaissance, une infraction [passible d’une] peine, avance l’officier mécanicien à la retraite.

C'est vraiment incompréhensible de voir qu'il y a eu de l'inaction pour vérifier la présence des produits dangereux avant de débuter tout le travail [...] Je trouve que ça démontre une négligence, quelque part, surtout de la Garde côtière.

François Fournier, officier mécanicien à la retraite, Garde côtière canadienne

Le vice-président pour la région du Québec de l’Union canadienne des employés des transports (UCET), un syndicat qui représente les marins et les employés civils de la Garde côtière, croit que cette dernière et Davie ont manqué à leurs obligations.

Tout employeur doit assurer le milieu de travail et la santé et sécurité de tous, que ce soit [ses] employés, que ce soit des sous-contractants ou autres, c’est une responsabilité des employeurs. Et nous, ce qui nous préoccupe dans cet historique-là, c’est que rien n’a été fait, lance François Paradis en entrevue à Radio-Canada.

François Paradis accorde une entrevue en visioconférence à Radio-Canada.

François Paradis soutient que les lois et règlements en vigueur précisent clairement les responsabilités des employeurs en matière de santé et de sécurité au travail.

Photo : Radio-Canada

Le représentant de l’UCET, dont certains membres ont travaillé sur les brise-glaces au chantier Davie, déplore que de tels incidents continuent de se produire en dépit des différents règlements, normes et lois en vigueur.

Il y a des gens qui se doivent de prendre leurs responsabilités et jusqu’à maintenant, bien on s’aperçoit que notre préoccupation [par rapport à] la santé et la sécurité de nos membres, bien les chantiers et la Garde côtière n’ont pas l’air à s’en préoccuper.

François Paradis, vice-président de l’UCET pour la région du Québec

Les employés du chantier naval Davie sont regroupés au sein de trois syndicats distincts, tous affiliés à la CSN. Selon la présidente du Conseil central de Québec-Chaudière-Appalaches (CSN), Ann Gingras, la Garde côtière avait la responsabilité d’inspecter les navires avant de les ramener au Canada et de les confier à un chantier naval.

Je les trouve hautement irresponsables [...] Ils ont choisi d’acheter et de se procurer des navires à l’international, [où] on sait que les normes ne sont pas les mêmes que les normes canadiennes, dénonce-t-elle.

Je les trouve négligents

Mme Gingras soutient que les obligations de la Garde côtière à l’égard des trois brise-glaces étaient identiques à celles d’un particulier qui achète une voiture à l’étranger.

Si vous allez acheter une voiture aux États-Unis, vous avez l’obligation d’aller la faire vérifier par un garage [partenaire] de la SAAQ pour vous assurer qu’elle réponde à nos normes. On ne dit pas : "bien, ce serait à votre garagiste de vérifier si ça répond aux normes". C’est à vous, comme acheteur. Et la Garde côtière, qui est l’acheteur, on n'exige pas ça d'eux, et ils ne l’ont pas fait. Je les trouve négligents.

Ann Gingras lors d'une conversation téléphonique.

Ann Gingras affirme qu’en tant que propriétaire des navires, la Garde côtière avait l’obligation de les faire inspecter avant de les confier au chantier Davie (archives).

Photo : Radio-Canada / Marc-Antoine Lavoie

La cheffe syndicale ignorait que la Garde côtière avait informé Chantier Davie Canada dès le mois d’octobre 2019 à propos du plomb contenu dans la peinture du Captain Molly Kool. Cette nouvelle information lui permet de jeter un regard différent sur les responsabilités des différentes parties dans ce dossier.

Si la Garde côtière a effectivement informé le chantier Davie au mois d’octobre, oui, quant à moi, il y a une responsabilité partagée.

Ann Gingras, présidente, Conseil central de Québec-Chaudière-Appalaches (CSN)

Nouvelle procédure

Les travaux sur le Jean Goodwill et le Vincent Massey au chantier Davie ont repris dans la semaine du 23 mars, après un mois et demi d’arrêt.

Avant la reprise des travaux, l’entreprise lévisienne a adopté, en collaboration avec le syndicat, une procédure encadrant les activités comportant des travaux d’enlèvement de peinture à haute teneur en plomb.

Elle établit des niveaux de risque selon le type de tâche effectuée. Chaque niveau de risque est associé à des mesures de sécurité spécifiques.

Des grues sur le terrain d'un chantier naval.

Les travaux au chantier Davie ont été interrompus durant environ six semaines après la découverte de plomb dans la peinture de navires appartenant à la Garde côtière (archives).

Photo : Radio-Canada / Jérôme Labbé

La procédure SST-5004 prévoit notamment que lorsque des travaux d’enlèvement de peinture ou [des travaux] à chaud sont effectués sur une surface [ayant] potentiellement une haute teneur en plomb, une preuve de l’absence de plomb doit être disponible. S’il est impossible de fournir cette preuve, une validation devra être effectuée.

Elle précise également le type d’équipement de protection (masque respiratoire, gants, combinaison jetable, etc.) devant être porté par les travailleurs en fonction du niveau de risque associé à la tâche qu’ils exécutent.

La CNESST et le Réseau de santé publique en santé au travail effectueront des vérifications pour s’assurer que les mesures mises en place sont respectées et protègent suffisamment les travailleurs.

Avec la collaboration de Guylaine Bussière

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