Des PME se plaignent de hausses de primes d'assurance à cause de la COVID-19

Karina Shaak, Frank Hunt et des employés devant un camion de déménagement.

Karina Shaak et son mari Frank Hunt dénoncent les hausses de prime d'assurance liées à la COVID-19.

Photo : CBC/Martin Trainor

Radio-Canada

Des centaines de chauffeurs de taxi qui ne peuvent plus se permettre de conduire leur véhicule, une petite compagnie de déménagement qui a perdu 75 % de ses revenus : la hausse salée des primes d'assurance à cause de la COVID-19 fait mal à de nombreuses industries en Ontario.

La compagnie de taxi Beck à Toronto indique que 500 de ses chauffeurs ont mis leur véhicule au rancart jusqu'à nouvel ordre, parce que leur assureur voulait tripler leurs primes dans nombre de cas, et ce, jusqu'à 22 000 $.

Adanne Mogaus, 60 ans, conduisait un taxi depuis 20 ans. Sa prime d'assurance est passée de 5700 $ à 18 000 $ au printemps.

L'assureur me demandait trop d'argent, dit le père de famille. J'ai des enfants, une hypothèque, un prêt automobile, je n'arriverais pas à joindre les deux bouts.

Il reconnaît avoir eu un accrochage au cours de la dernière année et deux autres accidents, qui n'étaient pas de sa faute.

Il se cherche maintenant une nouvelle carrière. Il raconte même qu'une compagnie d'assurance lui a conseillé d'aller travailler chez Tim Hortons à la place.

Adanne Mogaus devant un taxi.

Adanne Mogaus a abandonné son emploi de chauffeur de taxi, après que ses primes d'assurance eurent triplé.

Photo : CBC/Turgut Yeter

De son côté, Frank Hunt, qui est propriétaire d'une petite compagnie de déménagement à Barrie, au nord de Toronto, affirme qu'il n'a jamais fait de réclamation, pas même pour un parebrise endommagé.

Pourtant, en mai dernier, son assureur a demandé que ses chauffeurs obtiennent un permis de catégorie D, plutôt que G. M. Hunt a contacté une autre compagnie d'assurance qui aurait couvert sa PME, mais pour 25 000 $ par année, plutôt que 10 000 $.

Il a proposé d'embaucher d'autres chauffeurs ayant un permis de catégorie D, mais son assureur ne voulait pas reconnaître leur expérience derrière le volant. L'homme de 73 ans, qui a le cancer, a finalement dû se résoudre à subir lui-même le test de camionneur pour sauver son entreprise.

Toutefois, avec seulement un de ses quatre camions de déménagement sur la route, ses revenus ont fondu de 75 %.

Ils sont en train de nous faire mourir.

Frank Hunt, propriétaire d'une petite compagnie de déménagement

Les assureurs se défendent

Le Bureau d'assurance du Canada explique que ses membres font face à des « coûts supplémentaires » à cause de la pandémie.

Selon les projections de l'organisation, les assureurs ont accordé des allègements de plus de 1 milliard de dollars à des particuliers et à des clients commerciaux du 1er mars au 30 juin.

Certaines compagnies d'assurance revoient aussi leur tolérance au risque compte tenu de la pandémie, ajoute la porte-parole du Bureau d'assurance, Vanessa Barrassa.

M. Hunt dit, lui, qu'il n'a bénéficié d'aucun allègement de son assureur au début de la pandémie.

Le président de la Fédération canadienne de l'entreprise indépendante, Dan Kelly, rejette l'argument selon lequel les compagnies d'assurance ont des problèmes financiers à cause des allègements accordés aux conducteurs le printemps dernier.

Les assureurs ont accordé ce répit aux consommateurs, parce que les gens n'avaient pas recours à leur police, affirme-t-il. Ils conduisaient moins et il y avait donc moins d'accidents durant le confinement.

Il ajoute que la hausse des primes d'assurance est un autre élément qui contribue à la précarité financière de nombre de ses membres. La Fédération s'attend à ce que la COVID-19 cause la faillite de jusqu'à 160 000 PME au pays.

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