« Apocalypse » dans l'industrie du taxi

Un véhicule  roule devant plusieurs autres voitures.

La pandémie a lourdement affecté l'industrie du taxi à Québec.

Photo : Getty Images / Josie Desmarais

L’industrie du taxi subit de plein fouet le reconfinement partiel de la région de Québec. Les chauffeurs gagnent parfois aussi peu que 40 $ par nuit de travail. Une situation qui en pousse plusieurs à abandonner le volant pour tenter de gagner leur vie autrement.

Je n’ai jamais vu ça, jamais vu ça de ma vie, pousse Mohamed Dardari, le président de Taxi Coop, un acteur important de l’industrie à Québec.

Sept minutes sans aucun appel [à la centrale], ce n’est jamais arrivé, dit l’homme qui cumule plus de 30 ans d’expérience dans l’industrie. Même au pire de la crise des années 1990, ça n’a jamais été comme ça.

L’entreprise qu’il préside avait l’habitude de compléter 30 000 courses par semaine en moyenne. Depuis la fermeture des restaurants et des bars, la demande a fondu comme peau de chagrin : à peine 7000 passages, en moyenne, constate M. Dardari.

Dans ce contexte de crise, plusieurs chauffeurs ont jeté l’éponge.

Il y en a pas mal qui ont déjà cédé, explique M. Dardari. Il ajoute que la situation actuelle, avec la loi sur la déréglementation de l'industrie du taxi, qui entre en vigueur samedi, vient compliquer les choses.

50 $ pour 12 heures de travail

Patrick Rochon conduit des taxis depuis 22 ans. Un mot lui vient en tête pour décrire la crise actuelle : apocalyptique.

Ça paraît gros comme mot, mais présentement, on fait 20 à 25 % de nos chiffres habituels.

Patrick Rochon, chauffeur de taxi de Québec

Je gagne environ 40 ou 50 $ par quart de 12 heures de travail ces temps-ci. À la fin du mois, une chose est sûre : il manque de l’argent pour couvrir nos frais.

Il n’y a plus personne à l’aéroport et il n’y a plus personne dans les hôtels, souligne M. Rochon. L’automne, qui est d’habitude la meilleure période pour les taxis avec l'arrivée des croisières, c'est finalement la pire période. On a tout perdu du jour au lendemain.

La première vague a marqué une très grande baisse, mais le deuxième confinement nous affecte énormément plus, précise ce chauffeur qui fait beaucoup de transport pour personnes à mobilité réduite.

Autrefois, il y avait de l’ouvrage pour 85 véhicules dans ce domaine. Maintenant, il y en a à peine pour 25.

Patrick Rochon, chauffeur de taxi de Québec

Patrick Rochon mentionne aussi que le gouvernement offre bien peu d’aide aux travailleurs comme lui.

Tout le monde, à un moment donné, a besoin d’un taxi dans sa vie. Nous sommes un service essentiel. Nous continuons à travailler, mais nous le faisons à perte, parce que des gens ont besoin de nous.

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