Achat de Cogeco : la famille Audet rejette une nouvelle offre de 11,1 milliards $

Immeuble à bureau vitré avec l'inscription Cogeco sur la façade.

Immeuble abritant le siège social de Cogeco à Trois-Rivières.

Photo : Radio-Canada

La Presse canadienne

Altice USA et Rogers Communications ont décidé de revenir à la charge dans l'espoir de mettre la main sur Cogeco et sa principale filiale en bonifiant de 800 millions $ leur offre hostile, qui passe à 11,1 milliards $, mais cette nouvelle offensive a rapidement été rejetée une fois de plus par la famille qui contrôle l'entreprise québécoise.

Comme elle l'avait fait le mois dernier, la société de la famille Audet, a fait part de son refus définitif aux avances de l'entreprise américaine et du géant canadien des télécommunications, qui avaient les modalités de leur proposition non sollicitée le 2 septembre dernier.

Puisque Rogers et Altice ne semblent pas comprendre, nous réitérons que ce n'est pas une stratégie de négociation, mais un refus définitif, a souligné le président de Gestion Audem et président exécutif de Cogeco, Louis Audet. Nous ne sommes pas intéressés à vendre nos actions.

Quelques heures auparavant, Altice USA et Rogers avaient dévoilé leur nouvelle offensive en proposant également 100 millions $ supplémentaires – pour un total de 900 millions $ – afin de convaincre Gestion Audem, qui contrôle Cogeco et Cogeco Communications grâce à ses actions à droit de vote multiple.

L'accord de cette dernière, qui avait fermé la porte à une vente le 7 septembre dernier, est nécessaire pour qu'une transaction se réalise. En vertu des actions à droits de vote multiples, la famille Audet contrôle 69 % des votes chez Cogeco et 82,9 % du côté de Cogeco Communications, dont la valeur boursière est d'environ 6,2 milliards $, même si elle ne détient qu'une minorité des titres en circulation.

Cette offre révisée apporte une valeur ajoutée importante pour tous les actionnaires et maintient notre engagement à investir 3 milliards $ au cours des cinq prochaines années au Québec, y compris le maintien de la marque Cogeco et du siège social de Cogeco au Québec, avait souligné le président et chef de la direction de Rogers, Joe Natale, dans une déclaration envoyée par courriel.

Échéance

S'il est impossible d'en arriver à une entente mutuellement satisfaisante d'ici le 18 novembre ou s'il ne semble pas y avoir d'espoir de s'entendre, l'offre sera retirée, a souligné Altice USA, filiale du conglomérat européen Altice. Celle-ci a ajouté que les nouvelles modalités prenaient en considération les commentaires issus des récentes discussions avec les détenteurs d'actions subalternes, un signal que la compagnie américaine et Rogers ont fait valoir leurs arguments auprès de ces derniers au cours des dernières semaines.

Pour l'expert en gouvernance et ex-directeur général de l'Institut sur la gouvernance d'organisations privées et publiques Michel Nadeau, la nouvelle mouture de la proposition ne constitue pas un changement majeur.

Au cours d'un entretien téléphonique, il a estimé qu'il n'était pas certain que les actionnaires seraient plus ouverts.

Si Rogers et Altice avaient voulu ébranler (la famille et les conseils d'administration), ils auraient offert beaucoup plus, a dit M. Nadeau. En proposant 13 milliards $ ou 14 milliards $, peut-être que ça aurait été différent.'

Division

La mécanique de l'offre d'Altice USA et Rogers table sur un partage des actifs de Cogeco et de sa principale filiale. Atlantic Broadband, désormais valorisée à 5,1 milliards $ et dans laquelle la Caisse de dépôt et placement du Québec détient une participation de 21 %, se retrouverait dans le giron de l'entreprise américaine.

Les activités canadiennes de l'entreprise fondée en 1957, qui sont présentes dans la câblodistribution, les services internet et la téléphonie résidentielle, en plus de compter 23 stations de radio au Québec et en Ontario, seraient revendues à Rogers. La nouvelle offre leur confère une valeur de 6 milliards $.

Pour Rogers, qui détient respectivement 41 % et 33 % des actions avec droit de vote subalterne de Cogeco et Cogeco Communications, une transaction lui permettrait d'acquérir une entreprise dont les activités sont concentrées au Québec, où elle est moins présente. L'entreprise avait vu sa tentative d'achat de Vidéotron avorter en 2000.

Rogers a librement choisi d'accumuler des actions dans les sociétés, en toute connaissance de cause, a indiqué M. Audet. La famille Audet regrette que la décision d'allocation du capital de Rogers cause une telle angoisse à la famille et au conseil d'administration de Rogers.

Altice USA et Rogers proposent désormais 123 $ pour chacune des actions subalternes restantes, par rapport à 106,53 $ initialement, et 150 $ pour chaque titre de Cogeco Communications, comparativement à 134,22 auparavant. À la Bourse de Toronto, vendredi, l'action de la société québécoise avait clôturé à 84,76 $, tandis que celle de sa principale filiale avait terminé la semaine à 103,50 $.

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