Un second souffle pour les entreprises en détresse au Canada

Vue du centre-ville de Montréal au printemps et d'un pont qui est désert.

De nombreuses entreprises craignaient la fin de la Subvention salariale d'urgence.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Le programme permet de faire face à une baisse importante des revenus en comblant jusqu’à un maximum de 85 % des salaires des employés d’une entreprise et, ainsi, de maintenir avec eux un lien d’emploi. Sa popularité parle d’elle-même : plus d’un million de demandes ont été approuvées jusqu’ici, pour une valeur totale de 35,3 milliards de dollars.

Pour plusieurs PME, l’avenir est incertain, souligne le vice-président aux affaires nationales de la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante (FCEI), Jasmin Guénette. Selon lui, la reprise s’étirera sur plusieurs années dans certains secteurs; si près des trois quarts des PME se disent entièrement rouvertes, seulement le tiers auraient retrouvé des revenus normaux.

Le gouvernement s’efforcera de fournir une aide financière supplémentaire directement aux entreprises qui doivent fermer temporairement leurs portes par suite d’une décision de santé publique locale.

Extrait du discours du Trône

Dans le secteur du tourisme, l’Association des hôtels du Grand Montréal rappelle que ses membres font état d'un manque à gagner de 90 à 95 %, si bien que 85 % de leurs effectifs ont été mis à pied. La subvention salariale, ça aide les salariés, mais pas tant les hôteliers, affirme la présidente et directrice générale du regroupement, Eve Paré. Elle est plutôt impatiente de connaître quelles seront les modalités d’un autre engagement du discours du Trône : celui de mettre en place d’autres mesures d’aide pour les industries les plus durement touchées.

Une aide directe, c’est ce qu’on demande depuis le début. Essentiellement, ce sont les taxes foncières, les assurances, l’énergie, l’hypothèque. On arrive au bout des moratoires consentis par les institutions financières au début de la crise. Ces coûts doivent continuer à être assumés. Sans revenus, il y a une limite à ce qu’on peut assumer.

Eve Paré, présidente et directrice générale, Association des hôtels du Grand Montréal

Au Conseil du patronat du Québec, le président Karl Blackburn se désole que le mot aéronautique soit absent du discours du Trône. Ça va prendre plus qu’une subvention salariale, dit-il. Ce secteur est extrêmement névralgique et mérite une attention particulière.

La Fédération canadienne des contribuables, inquiète qu’il n’y ait pas la moindre mention d’un plan pour mettre le frein sur les dépenses, parle d’ailleurs d’approche ratée [que celle] de subventionner quelques entreprises aux dépens des autres.

Une meilleure façon de faire, peut-on lire dans un communiqué de la Fédération, serait d’aider toutes les entreprises de façon équitable en diminuant les impôts de tous et toutes.

Le président du Conseil du Trésor, Jean-Yves Duclos, rétorque qu’il faut prendre soin de l’économie si le Canada veut éviter un déficit encore plus élevé à long terme. Un déficit record d’au moins 343 milliards de dollars est attendu pour l’année 2020-2021.

En plus du prolongement de la subvention salariale d’urgence, le Compte d’urgence pour les entreprises canadiennes, soit un prêt pouvant aller jusqu’à 40 000 $ avec possibilité de remboursement, sera aussi étendu et le Programme de crédit aux entreprises, amélioré.

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