Un retour aux sources pour l'économie des villes frontalières

Windsor vu de haut

L'économie de Windsor est liée à celle de Détroit, au Michigan. (Photo d'archives)

Photo : Radio-Canada / Hugo Ternes

Les villes frontalières - comme Windsor, en Ontario - sont, par définition, liées au côté opposé de la frontière. Or, l’économie locale de la ville ontarienne a été transformée en raison de la fermeture de la frontière canado-américaine.

La fermeture de la frontière a forcé ceux qui avaient tendance à consommer de l’autre côté de la frontière à redécouvrir le marché local. Les gens ont tendance, forcément puisqu’ils ne peuvent plus traverser la frontière, à aller plus localement, explique Mathilde Bourgeon, chercheuse en résidence à l’observatoire sur les États-Unis de la chaire Raoul-Dandurand.

Le portrait d'une femme

L'achat local est en augmentation, selon Mme Bourgeon.

Photo : offerte par Mme Bourgeon

On a noté dans plusieurs villes frontalières comme Windsor, mais aussi dans des villes au Manitoba, qu’il y avait une augmentation qui allait jusqu’à 30 % pour l’économie locale.

Mathilde Bourgeon, chercheuse en résidence à l’observatoire sur les États-Unis de la chaire Raoul-Dandurand

L’actuelle entente sur la fermeture de la frontière avec les États-Unis a été prolongée jusqu’au 21 octobre. Neuf Canadiens sur dix souhaitent que cette frontière reste fermée, selon les résultats d’un sondage réalisé en août par Research Co.

Cette fermeture encourage actuellement une forme de solidarité économique entre les Canadiens qui se tournent alors vers la consommation locale, explique Mme Bourgeon.

En temps normal, les Windsorois se rendent régulièrement aux États-Unis, mais le contraire est aussi vrai.

Les affaires, transformées

Le monde de la restauration n’est plus le même, selon Kristian Neill. Nous avons vu une baisse de la fréquentation mais une augmentation des commandes à emporter. Nous avons un partenariat avec trois différents services de livraison et nous avons vu une augmentation dans les trois cas, explique le gérant du restaurant Fionn MacCool’s.

Le portrait d'un homme dans un restaurant

Kristian Neill affirme que les services de livraison de repas sont populaires à Windsor.

Photo : Radio-Canada / Elvis Nouemsi Njiké

Pour Ab Seddik, résident de Windsor, les restaurants locaux naviguent du mieux qu’ils peuvent les nouvelles restrictions. Les restaurants ont réduit leur capacité interne mais ont créé des accommodations extérieures. (...) Dans cette situation certains restaurants s’en sortent très bien mais d’autres pas. J’allais à Détroit deux ou trois fois par mois. (...) Ce n’est plus possible.

Le portrait d'un homme

Ab Seddik affirme que certains restaurants s'en tireront mieux que d'autres.

Photo : Radio-Canada / Elvis Nouemsi Njiké

L'argent de Windsor reste à Windsor

J’allais à Detroit chaque weekend pour m’amuser, pour le divertissement, dans les bars, dans les discothèques, à l’opéra, des concerts de rock souvent à Hamtramck [petite ville enclavée dans la ville de Detroit], précise Joseph De Luca, résident de Windsor.

Puisque ce n'est plus possible, M. De Luca, comme tous les Canadiens, dépense au pays. Mme Bourgeon rappelle que cette situation pourrait changer rapidement à la réouverture des frontières.

Il faut que les gouvernements des provinces continuent à encourager les achats locaux. (...) On peut encourager le marché pancanadien, parce que ça aussi ça peut être vu comme de l’achat local au niveau canadien. Il y a ça aussi qui peut être mis de l’avant par le gouvernement fédéral, conclut-elle.

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