StockBeat: Vallourec teste la peur de l'Europe des grandes faillites

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Par Geoffrey Smith

Investing.com -- L'Europe a tenté de surmonter la pandémie sans qu'aucun de ses grands employeurs ne fasse faillite. Elle est maintenant confrontée à un test clé de cette volonté.

Vallourec (PA:) n'est peut-être pas un nom connu de tous, mais c'est un acteur important dans l'un des secteurs les plus durement touchés par le Covid-19. Sa principale activité est la production de tuyaux pour le secteur du pétrole et du gaz, dont la demande s'est effondrée alors que les grandes compagnies pétrolières du monde entier ont réduit leurs dépenses d'investissement.

Le fait que les deux grandes activités annexes de Vallourec - les tuyaux pour les centrales électriques et les installations industrielles - soient également gravement touchées n'a pas aidé. En effet, l'entreprise est en difficulté depuis des années et constitue un bon exemple de la manière dont la pandémie de Covid-19 a accéléré des tendances déjà en cours.

Vallourec avait prévenu fin juillet qu'il y avait une "incertitude importante" sur sa capacité à poursuivre ses activités, après avoir échoué à convaincre les actionnaires d'injecter 800 millions d'euros dans l'entreprise en difficulté, comblant ainsi le vide laissé par une perte nette de 660 millions d'euros au premier semestre.

Elle a donc entamé des discussions avec ses banques sur une éventuelle restructuration de sa dette. Au début de cette semaine, il était clair que cela ne serait pas suffisant. Vallourec a déclaré après la clôture, lundi, qu'elle devra amener ses détenteurs d'obligations à entamer des discussions de restructuration.

Le principal problème de Vallourec est que 1,7 milliard d'euros sur une facilité bancaire de 1,9 milliard arrive à échéance en février. Elle a deux obligations de droit américain qui arrivent à échéance en octobre 2022 et octobre 2023. La société n'a pas suffisamment de liquidités pour faire face au paiement de février et il est peu probable qu'elle puisse générer beaucoup de bénéfices de ses activités avant cette échéance.

Elle demande maintenant l'approbation des détenteurs d'obligations pour la nomination d'un "mandataire ad hoc", un négociateur ayant le pouvoir d'effectuer un règlement extrajudiciaire des dettes de la société afin d'éviter qu'elle ne dépose son bilan.

Le président Emmanuel Macron avait promis, au début de la pandémie, qu'aucune entreprise française n'aurait besoin de faire faillite à cause de la pandémie. Il n'est pas le seul dans ce cas - l'Allemagne a également assoupli temporairement ses lois sur les faillites dans le même but.

Mais les problèmes de Vallourec sont évidents depuis des années. Ses actions sont en baisse depuis une décennie. C'est l'exemple même d'une entreprise dont les problèmes à long terme ont été amplifiés et accélérés par la pandémie, mais non causés par elle.

Les investisseurs peuvent apprendre beaucoup de la façon dont l'Europe va sortir de la pandémie grâce à l'implication active du gouvernement français dans ce processus.

Jusqu'où Paris est-il prêt à aller pour sauver 19 000 emplois dans l'entreprise, la plupart en France (les effectifs nord-américains et germaniques ont déjà été réduits de manière drastique). Va-t-il s'appuyer sur les banques pour sauver une entreprise qui porte l'inscription "Zombie" ? Injectera-t-elle elle-même des fonds propres, même si les investisseurs privés ont déjà refusé (faisant ainsi de toute aide d'État une violation prima facie des règles de concurrence de l'UE) ? Ou bien s'est-elle réduite au point de pouvoir être autorisée à faire faillite ?

Les actions, d'une valeur de marché de 245 millions d'euros, sont déjà évaluées en fonction de la faillite et du non-respect de la promesse de Macron. Tout meilleur résultat sera acheté à un prix élevé en termes d'avenir à long terme de l'économie européenne.

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