Shopify, toujours en tête à la Bourse de Toronto

Le logo de Shopify sur un bâtiment.

La capitalisation boursière de Shopify se situe autour des 150 milliards de dollars à la Bourse de Toronto, devant la Banque Royale.

Photo : Reuters / Chris Wattie

Le géant du commerce en ligne Shopify a eu le vent dans les voiles durant la pandémie de COVID-19. Depuis quelques mois, l’entreprise d’Ottawa est parvenue à conserver son premier rang à la Bourse de Toronto, devant les grandes banques.

À la fermeture des marchés, mercredi, la capitalisation boursière de Shopify s’est établie à 150 milliards de dollars. L’entreprise garde une bonne longueur d’avance devant la Banque Royale du Canada, à 138,7 milliards, et la Banque TD, à 115,9 milliards.

De nombreux experts attribuent cette montée spectaculaire au boom du commerce en ligne, alors que les mesures de distanciation physique durant la crise sanitaire limitent les ventes en magasin et l’offre de services en personne.

Shopify, ils sont bien placés en tant que leaders au Canada dans ce domaine-là et il y a le sentiment que l'histoire n'est pas finie. Il y a un peu d'euphorie.

Robert Tétrault, vice-président et gestionnaire de portefeuille, Canaccord Genuity
Robert Tétrault, vice-président et gestionnaire de portefeuille à Canaccord Genuity.

Robert Tétrault, vice-président et gestionnaire de portefeuille à Canaccord Genuity

Photo : Canaccord Genuity

Laëtitia Bonaventure, négociante en bourse et fondatrice de HedGy Trading, constate que le nombre de particuliers inscrits aux marchés boursiers a explosé, ces derniers mois.

Avec toute cette démocratisation du commerce en ligne, mais aussi démocratisation du trading et beaucoup d'ouverture de comptes, ça amplifie aussi la demande, souligne-t-elle.

Laëtitia Bonaventure, négociante en bourse et fondatrice de HedGy Trading.

Laëtitia Bonaventure, négociante en bourse et fondatrice de HedGy Trading

Photo : Laëtitia Bonaventure

Elle note que le virage numérique de nombreux géants à l’échelle mondiale a aussi favorisé cet engouement pour les entreprises de commerce en ligne comme Shopify, autant à la Bourse de Toronto qu’aux bourses new-yorkaises.

Signe des temps, l’entreprise d’Ottawa vaut plus que la chaîne de cafés Starbucks, aux États-Unis. La compagnie de Seattle compte fermer prochainement des centaines de succursales au profit de points de vente mobiles.

Le logo de Starbucks.

Shopify vaut plus que la chaîne de cafés Starbucks, aux États-Unis.

Photo : Associated Press / Gene J. Puskar

Dans les derniers mois, on a vu beaucoup plus d'acheteurs de l’action de Shopify que de vendeurs, ce qui a fait grimper le prix des parts de l’entreprise et donc sa capitalisation boursière, explique Robert Tétrault, gestionnaire de portefeuille à Canaccord Genuity, à Winnipeg.

Il y a ce facteur FOMO ou fear of missing out, en anglais. Les gens ont peur d'avoir manqué le party, d’avoir manqué la participation dans la croissance, et puis là ils embarquent et embarquent, ajoute-t-il.

Shopify survivra-t-elle au premier rang?

Incorporée en 1869, la Banque Royale du Canada a longtemps été l’entreprise au pays avec la plus forte capitalisation boursière, bien qu’elle ait été éclipsée à quelques reprises. Shopify est la plus récente société cotée en bourse à détrôner le traditionnel numéro un à la Bourse de Toronto, soit depuis mai dernier.

La pharmaceutique québécoise Valeant avait surpassé RBC en juillet 2015, avant qu’elle ne soit plongée dans la controverse quelques mois plus tard, ce qui a fait chuter son action.

Le siège social de Valeant, à Laval.

Valeant Pharmaceuticals a changé de nom et de symbole boursier pour tenter de redorer son image. La multinationale s'appelle maintenant Bausch Health Companies, toujours établie à Laval.

Photo : La Presse canadienne / Ryan Remiorz

L’entreprise s’est retrouvée dans la mire des autorités américaines pour ses pratiques comptables, son modèle d’affaires et la revente de médicaments de ses concurrents à des prix exorbitants.

En octobre 2007, le fleuron ontarien BlackBerry, anciennement Research in Motion, avait aussi dépassé la Banque Royale pendant quelques mois, avant que le géant Apple et d’autres fabricants de téléphones intelligents s’emparent de ce marché très convoité.

Les locaux de BlackBerry

BlackBerry, le pionnier des téléphones intelligents, n'a pas su innover et se démarquer de la féroce concurrence, souligne le stratège de marché, Colin Cieszynski.

Photo : La Presse canadienne / Eduardo Lima

Et plus tôt encore, en 2000, Nortel Networks est devenue la société canadienne la plus valorisée. L’entreprise de télécommunications équivalait au tiers de l’ensemble des titres négociés à la Bourse de Toronto à cette époque, mais faisait faillite neuf ans plus tard.

Ces compagnies ont connu leur phase de forte croissance avant de tomber. C’est un peu la malédiction canadienne, lance Colin Cieszynski, stratège en chef des marchés à SIA Wealth Management, à Toronto.

Il n’y a pas de garantie que le nouveau roi de la colline y restera longtemps.

Colin Cieszynski, stratège en chef des marchés, SIA Wealth Management

Robert Tétrault, de Canaccord Genuity, est moins convaincu que le déclin de Shopify soit imminent.

Shopify, c'est un peu différent parce qu'ils ont une forte croissance et des revenus solides, mais c'est vrai que les titres s’échangent à des multiples semblables aux compagnies Nortel et BlackBerry. Reste à voir ce qui va arriver dans l'épilogue , dit-il.

Dans un ciel hivernal, sur un édifice non identifié, la bannière de Nortel Networks.

L'entreprise Nortel Networks s'est mise à l'abri de ses créanciers, au Canada et aux États-Unis, en janvier 2009.

Photo : Radio-Canada

L’or, une valeur refuge en temps de crise

La montée des compagnies Newmont et Barrick Gold au palmarès s’explique surtout par la flambée du prix de l’or, qui a brièvement dépassé les 2000 $ US l’once cet été, affirme M. Cieszynski, de SIA Wealth Management.

Dans le cas de Barrick Gold, il explique que les coûts de production restent relativement stables, ce qui a pratiquement doublé la marge de profit avec cette augmentation du prix.

Plusieurs pépites d'or en gros plan.

Le prix de l'or est maintenant d'environ 1950 $ US l'once, tout de même une hausse d'environ 30 % par rapport à l'an dernier.

Photo : iStock

Pour les minières et les compagnies du secteur de l’énergie, la capitalisation boursière est grandement influencée par les fluctuations des prix de leurs produits, explique M. Cieszynski.

C’est pourquoi les pétrolières albertaines Suncor et Canadian Natural Resources, autrefois des forteresses à la Bourse de Toronto, ont perdu de leur vigueur récemment. Le prix du baril de pétrole canadien a atteint des creux historiques cette année.

Les sociétés de transport et de distribution d'énergie Enbridge et TC Energy s’en tirent mieux, avec des capitalisations boursières de 85,45 G$ et de 57,19 G$ respectivement, à la clôture des marchés boursiers mercredi.

COVID-19 : le nombre de cas en temps réel
Coronavirus
Qu'adviendra-t-il des relations canado-américaines après le 3 novembre?
Politique fédérale
La côte ouest américaine ravagée par des incendies « sans précédent »
Incidents et catastrophes naturelles
COVID-19 : suspension des cours collégiaux en classe à La Pocatière
Santé publique
Sans-abri et candidat à la mairie d'Oakland
Politique américaine

Let's block ads! (Why?)