L'Ontario et le Québec font front commun pour relancer leur économie

François Legault et Doug Ford assis à une table devant des drapeaux.

Le premier ministre du Québec, François Legault (à gauche) en compagnie de son homologue de l'Ontario Doug Ford (à droite).

Photo : La Presse canadienne / Chris Young

Radio-Canada

Au terme d'un sommet de deux jours à Mississauga, les premiers ministres de l’Ontario et du Québec, Doug Ford et François Legault intensifient leur collaboration pour relancer leur économie respective et exiger une hausse des transferts fédéraux en santé.

Lors de la conférence de presse de clôture, mercredi après-midi, les deux premiers ministres ont expliqué qu’ils comptaient travailler ensemble pour stimuler la reprise économique dans leur province respective tout en travaillant à réduire les obstacles au commerce international, notamment ceux qu’impose l’administration américaine aux produits canadiens.

Soulignant les liens étroits qui unissent l'Ontario et le Québec, les deux premiers ministres ont déclaré qu'ils sont prêts à resserrer d'avantages ces liens pour faire face ensemble à l'onde de choc économique et sociale provoquée par la pandémie de COVID-19.

On a discuté de la crise sanitaire, protéger les Ontariens et les Québécois ça demeure la priorité numéro un, a pour sa part déclaré François Legault. La première condition de la relance économique c'est justement d'empêcher que la pandémie reparte et qu'on soit obligé de confiner.

Ce virus a coûté cher à nos sociétés, nous ne sommes pas sortis du bois, mais grâce à ce sommet, nous constatons qu'on n'est pas seuls. [...] Quand nos deux provinces puissantes travaillent main dans la main, rien ne peut nous arrêter.

Doug Ford, premier ministre de l'Ontario

Les ministres de la Santé, des Finances et de l'Infrastructure des deux provinces participaient également aux travaux du sommet qui s’est amorcé mardi soir.

Transferts en santé

Outre le renforcement de leur coopération pour favoriser la relance économique, Doug Ford et François Legault unissent leurs voix pour réclamer une augmentation des transferts fédéraux en santé et surtout un financement récurrent pour l'embauche de personnel supplémentaire et renforcer leur système de santé pour faire face à la nouvelle réalité qu'impose la COVID-19.

Avant même le déclenchement de la pandémie, le financement de la santé était déjà dans toutes les provinces très important, a rappelé François Legault.

Les dépenses de santé augmentent de 5 à 6 % par année alors que les autres dépenses et les revenus augmentent de 3%. Nous on pense qu’avec ce problème structurel le fédéral doit contribuer davantage.

François Legault, premier ministre du Québec

Quand on additionne les coûts de santé de toutes les provinces, on est autour de 200 milliards de dollars de dépenses. Et la part du fédéral qui vient dans les transferts en santé c’est 42 milliards, donc 21 %, ce qui n’est pas assez, selon M. Legault compte tenu des impôts que les contribuables paient chaque année au gouvernement fédéral.

François Legault et Doug Ford demandent par conséquent à Ottawa une contribution récurrente en santé et surtout sans conditions.

Infrastructures

L’Ontario et le Québec demandent également au gouvernement Trudeau d’assouplir ses critères pour l’obtention des fonds fédéraux pour les infrastructures.Entre autres le critère d’achalandage en transport en commun qui nous empêche de pouvoir investir à la grandeur de la province. […] C’est important qu’on nous transfère ces fonds-là en bloc avec le moins de conditions possible, a expliqué en matinée la présidente du Conseil du Trésor québécois, Sonia LeBel.

Ce qu’on veut, nous, ce sont des argents supplémentaires dans l’entente bilatérale intégrée qui nous permet d’avoir un transfert en bloc parce qu’on sait que l’Ontario a des infrastructures différentes, que le Québec a des infrastructures différentes où on veut investir que ce soit les écoles, les routes, les hôpitaux…, a poursuivi Mme LeBel.

Relance du secteur manufacturier

En matinée mercredi, les deux premiers ministres ont aussi discuté de la relance du secteur manufacturier et de la façon de concilier leur politique respective d’achat local sans nuire à leurs échanges économiques.

Les représentants des deux provinces les plus durement touchées au pays par la pandémie ont également étudié la possibilité d’assouplir la réglementation afin de faciliter la circulation des marchandises et les échanges entre les deux provinces. Certains secteurs ont été ciblés.

Il y a des secteurs comme l’aérospatial ou l’électrification des transports, des minerais aux batteries, où les deux provinces ont un intérêt. Alors on s’est mis d’accord pour créer une force commune pour avoir des projets conjoints qu’on va développer, a expliqué le ministre québécois de l’Économie et de l’Innovation, Pierre Fitzgibbon.

D’un accord commun, les premiers ministres québécois et ontarien ont décidé de mettre de côté lors de ce sommet les questions plus épineuses notamment sur la péréquation ou encore l’hydro-électricité.

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