Le secteur pétrolier se prépare à une vague de consolidation

Des pompes installées sur des puits de pétrole.

Les difficultés financières des petites et moyennes entreprises énergétiques représentent de belles occasions d'affaires.

Photo : Reuters / Nick Oxford

La loi de la jungle sévit dans les secteurs pétrolier et gazier. Les plus grosses entreprises regardent avec intérêt les plus petites, affaiblies par des années de volatilité des prix du pétrole et mises à terre par la pandémie. 

Le président de l’Association des explorateurs et producteurs du Canada (EPAC), Tristan Goodman, estime qu’environ 10 % des entreprises pétrolières et gazières ont fait faillite dans la dernière année. Parmi celles qui ont le plus souffert, on trouve les petites et moyennes entreprises.

Face à ces difficultés, les acquisitions ont commencé. Le mois dernier, Canadian Natural Resources a annoncé le rachat de l’entreprise gazière Painted Pony pour 461 millions de dollars. Le président de cette dernière a avoué que son entreprise n’arrivait plus à attirer de capitaux pour poursuivre ses projets de développement.

De bonnes affaires

Ce sont de belles occasions d’affaires, et l’on voit ça régulièrement quand on est en situation de crise dans le secteur énergétique, et dans tous les secteurs, d’ailleurs, explique le doyen de la Faculté d’affaires de l’Université de l’Alberta Joseph Doucet.

Il ajoute que les acheteurs ne font pas seulement un pari sur la reprise du secteur, mais qu'ils maximisent aussi leurs propres actifs. Whitecap Resources a ainsi annoncé l’acquisition de son ancien concurrent NAL Resources il y a moins de deux semaines. Lors d’une conférence téléphonique à la fin août, la direction de l’entreprise notait que la combinaison de certains forages voisins leur permettrait de réaliser 10 à 15 % d’économies.

Plutôt que forer nos réserves avec un très faible retour, c’est plus avantageux de les augmenter par le biais d’acquisitions, a ajouté le PDG Grant Fagerheim, qui n’a pas exclu de nouveaux achats prochainement.

Davantage de rachats à venir

Plus de mouvements de fusion et d’acquisition pourraient d’ailleurs être à nos portes, de l’avis de nombreux experts. Les dernières transactions sont loin de dépasser les montants enregistrés lors des précédentes crises pétrolières.

Selon M. Goodman, le faible prix du pétrole, qui n’a pas atteint la barre des 45 $ le baril depuis mars, rend de nombreuses entreprises encore hésitantes.

La pandémie, les prévisions mondiales et la capacité à trouver des capitaux : tout cela représente un défi beaucoup plus grand que par le passé.

Tristan Goodman, président d'EPAC

Joseph Doucet ajoute à la liste l’incertitude politique. Justin Trudeau a insisté plusieurs fois sur le fait que la relance économique devra être verte. Toute cette question de réglementation et de politique future du gouvernement fédéral va avoir un impact sur le climat des investissements et l’attrait que les investisseurs internationaux auront pour les propriétés canadiennes, note-t-il.

Des conséquences mitigées

Avoir moins de joueurs ne sera pas forcément une bonne chose à court terme, selon le doyen. Fusion et acquisitions riment souvent avec licenciements. Moins d'entreprises, cela signifie aussi moins de sièges sociaux, de bureaux occupés et de revenus pour les gouvernements.

L’intérêt de la chose sera plutôt visible à long terme, suggère M. Doucet.

L’espoir [est] qu’avec un plus petit nombre d’entreprises plus profitables, cela va peut-être amener plus de reprise et de créations d’emplois dans le futur qu’autrement, analyse-t-il.

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