La prudence domine en attendant la réouverture de Wall Street

© Reuters. LES BOURSES EUROPÉENNES DANS LE ROUGE EN DÉBUT DE SÉANCE © Reuters. LES BOURSES EUROPÉENNES DANS LE ROUGE EN DÉBUT DE SÉANCE

par Marc Angrand

PARIS (Reuters) - Londres exceptée, les principales Bourses européennes évoluent dans le rouge en début de séance mardi, les interrogations sur l'évolution des marchés américains incitant les investisseurs à la prudence au lendemain d'une hausse soutenue.

À Paris, le perd 0,49% à 5029,08 points après une heure d'échanges et à Francfort, le cède 0,25%. L'indice est en baisse de 0,4%, le de 0,31% et le de 0,39%.

A Londres, le gagne 0,28%, soutenu par des résultats de sociétés bien accueillis.

Le Stoxx 600 a gagné 1,67% lundi et le CAC 40 1,79% en l'absence des marchés américains, fermés pour le "Labor Day", qui a mis entre parenthèses les doutes sur la valorisation des grands groupes américains de hautes technologies.

Le a en effet perdu plus de 6% sur les deux dernières séances après, il est vrai, un rebond de 75% depuis son point de mars.

"Ce mouvement de baisse semble être pour l'instant une simple correction, du fait de la valorisation extrême du secteur technologique américain", estime Vincent Boy, analyste marchés chez IG France.

"En effet, étant donné le manque de rentabilité des autres actifs et notamment les obligations, les investisseurs pourraient être tentés de ne pas se retirer des marchés plus risqués comme les actions. Cela n'écarte pour autant pas les risques d'une correction plus importante à court terme."

Par ailleurs, l'actualité des dernières heures n'incite pas à la prise de risque, qu'il s'agisse du nouveau discours très offensif de Donald Trump sur les relations économiques entre les Etats-Unis et la Chine, du regain de tension sur le dossier du Brexit ou des derniers indicateurs économiques.

En Allemagne, les chiffres du commerce extérieur pour juillet suggèrent une reprise lente tandis qu'en France, l'Insee estime que l'économie se contractera de 9% sur l'ensemble de l'année. Les marchés attendent à 09h00 GMT les chiffres révisés du produit intérieur brut (PIB) de la zone euro au deuxième trimestre.

VALEURS

Signe de l'inquiétude liée aux valorisations des technologiques, l'indice Stoxx européen du secteur cède 1,64%, la plus forte baisse sectorielle du début de séance.

La chute la plus spectaculaire du jour est pour le loueur de voitures Europcar (PA:), dont le cours fond de 28,74% après l'annonce de l'ouverture de discussions en vue d'une restructuration de sa dette.

Dans l'aérien, EasyJet (LON:) cède 3,92% après avoir renoncé à donner des prévisions de résultats pour 2020 et 2021 et dit réduire ses capacités un peu plus que prévu initialement pour le dernier trimestre de l'exercice en cours.

EDF (PA:) perd de son côté 6,7% au lendemain de l'annonce d'une diminution de 17,6% sur un an de sa production d'électricité nucléaire en août et après le lancement d'une émission obligataire de 2,4 milliards d'euros.

A Londres, le spécialiste de l'analyse de données Experian gagne 4,11%, en tête du FTSE 100, après un chiffre d'affaires trimestriel supérieur aux attentes.

EN ASIE

La Bourse de Tokyo a terminé en hausse de 0,8%, effaçant la moitié de ses pertes des deux séances précédentes, les investisseurs ayant salué la hausse des "futures" de Wall Street et les dernières informations sur les espoirs de mise au point prochaine d'un vaccin contre le coronavirus, en provenance d'Australie entre autres.

Ces facteurs l'ont emporté sur la révision à la baisse des chiffres du PIB de l'archipel au deuxième trimestre, qui montrent une contraction de 28,1% en rythme annualisé sur avril-juin contre -27,8% en première estimation.

A WALL STREET

Les contrats à terme sur les principaux indices new-yorkais signalent pour l'instant une ouverture de Wall Street en hausse pour le et le Standard & Poor's 500 mais en recul pour le Nasdaq, après le week-end de trois jours du "Labor Day".

TAUX

Les rendements obligataires de référence de la zone euro varient peu à 48 heures de la réunion de politique monétaire de la Banque centrale européenne (BCE). Celui du Bund allemand à dix ans évoluent autour de -0,46% et son équivalent français autour de -0,16%.

Le dix ans américain reste proche de 0,71% après la hausse marquée enregistrée vendredi en réaction aux chiffres de l'emploi américain en août.

CHANGES

Sur le marché des devises, le fait marquant reste la baisse de la livre sterling, affectée par le regain de tension de ces derniers jours entre Londres et Bruxelles sur leurs relations post-Brexit alors que s'ouvre ce mardi une nouvelle session de négociations à Londres.

La devise britannique cède près de 0,2% face au dollar après un recul de près de 0,9% lundi et son repli face à l'euro est à peine moins marqué.

L'euro est quant à lui pratiquement inchangé face au billet vert, autour de 1,1820, l'attente de la réunion de politique monétaire de la BCE limitant les initiatives.

PÉTROLE

Le marché pétrolier reste pénalisé par les craintes d'une reprise plus lente qu'anticipé de la demande, qui ont déjà conduit l'Arabie saoudite, premier exportateur mondial, à réduire son prix de vente en Asie pour octobre.

Le perd 0,52% à 41,79 dollars le baril et le (West Texas Intermediate, WTI) 2,36% à 38,83 dollars, non loin de son plus bas niveau depuis deux mois.

(Marc Angrand, édité par Blandine Hénault)

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