La pétrolière Husky réfléchit à son avenir à Terre-Neuve

Husky Energy

La décision de la compagnie calgarienne représente la plus récente annonce inquiétante pour l'industrie pétrolière à Terre-Neuve.

Photo : La Presse canadienne / Jeff McIntosh

Husky Energy réévaluera toutes ses activités au large de Terre-Neuve, une décision prise en raison du ralentissement économique. L’annonce est le plus récent choc à secouer l'industrie pétrolière dans cette province dont les revenus dépendent largement des redevances de production.

Le président-directeur général de Husky, Rob Peabody, a annoncé mercredi que la société calgarienne entamera une révision de l’expansion planifiée dans l'ouest du champ pétrolifère White Rose, à 350 km à l’est de Terre-Neuve – un examen jugé critique en raison des difficultés économiques engendrées par la pandémie.

Le délai causé par la COVID-19 et la volatilité des marchés font en sorte qu’il faut réaliser une révision du projet et, par extension, nos futures activités au Canada atlantique.

Des milliards de dollars et des centaines d'emplois

Le projet d’expansion, évalué à 2,2 milliards de dollars il y a 3 ans, vise à permettre la production de quelque 75 000 barils supplémentaires de pétrole par jour et la création de 250 emplois sur la nouvelle plateforme. Environ 500 personnes travaillent actuellement pour Husky à Terre-Neuve-et-Labrador.

Plus de 1000 autres personnes contribuaient à la construction d’une nouvelle plateforme de tête de puits à Argentia et à Marystown, avant la suspension des travaux en mars dernier. Husky voulait lancer la production à cette nouvelle plateforme en 2022.

Mais Jonathan Brown, vice-président principal chez Husky, indique qu’il n’y a pour le moment aucun plan fixe pour la reprise des travaux. Il ajoute que les activités de Husky au large de Terre-Neuve risquent de prendre fin sans un investissement des gouvernements provincial ou fédéral.

Nous produisons du pétrole à White Rose depuis 2005. La production au champ pétrolifère commence à diminuer. S’il n’y a pas de projet d’expansion, nos activités au large de la côte Est pourraient cesser, explique-t-il.

Mercredi, l'entreprise a noté que les travaux sont déjà à 60 % terminés, mais que tout projet majeur de construction est suspendu.

Peu d'options pour le gouvernement provincial

Husky indique qu’elle est en discussions avec les gouvernements provincial et fédéral pour arriver à une solution. Terre-Neuve-et-Labrador et Ottawa pourraient recevoir plus de 3 milliards de dollars en redevances si le projet va de l'avant, selon elle.

C’est un projet qui aurait des conséquences importantes auprès de la province, affirme le ministre de l’Industrie, de l’Énergie et de la Technologie, Andrew Parsons.

M. Parsons indique que Husky demande à la province d’investir dans le projet, comme le gouvernement l'a fait pour financer le mégaprojet d'Hibernia dans les années 1980. Mais le ministre affirme que le gouvernement n’a pas les moyens financiers de le faire.

Il explique que les options de la province fortement endettée pour soutenir l’industrie pétrolière sont limitées et que Terre-Neuve-et-Labrdaor devra arriver à une solution en collaborant avec Ottawa.

Une succession de mauvaises nouvelles

Pour sa part, AnnMarie Boudreau, présidente-directrice générale de la Chambre de commerce de Saint-Jean, se dit inquiète, mais pas surprise, de l’annonce de Husky.

Je comprends que les gens sentent qu'ils entendent une succession de mauvaises nouvelles en ce moment.

AnnMarie Boudreau, PDG, Chambre de commerce de Saint-Jean

Mais elle signale que le gouvernement fédéral a promis de soutenir l’industrie pétrolière et que la province est toujours en pourparlers avec Ottawa.

Il est important de ne pas penser que l’industrie ne pourra pas se relever et qu’il n’y aura pas de soutien [d’Ottawa], soutient-elle. Je ne pense pas que ça veut dire que le projet ne verra pas le jour.

Husky a déjà effectué 60 % de la construction de sa nouvelle plateforme. L'entreprise indique que le projet demeure possible et qu’il pourrait lui permettre de réduire les coûts d’extraction à long terme.

Ce serait étonnant qu’ils abandonnent à cette étape-ci, soupçonne Jean-Thomas Bernard, professeur à l’Université d’Ottawa. Il est fort probable qu’ils utilisent probablement cet argument pour obtenir de l’aide soit du gouvernement fédéral ou provincial.

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