Gouvernements et gens d’affaires s’unissent pour relancer l’économie montréalaise

Le centre-ville de Montréal vue des aires.

La Chambre de commerce du Montréal métropolitain lance un mouvement pour regrouper et mobiliser les forces économiques de la région de Montréal.

Photo : Radio-Canada / Daniel Thomas

La Chambre de commerce du Montréal métropolitain (CCMM) s’allie à une vingtaine de partenaires pour soutenir la relance de la métropole en réunissant les forces économiques de la région métropolitaine.

Baptisé Relançons Montréal, le mouvement aura pour but d’inciter les grands et petits acteurs économiques de la région de Montréal à collaborer davantage et à partager leurs meilleures pratiques pour en arriver à des actions communes bien alignées sur les besoins des différents secteurs, a expliqué Michel Leblanc, président et chef de la direction de la CCMM.

Si la crise de la COVID-19 a d’abord été une crise sanitaire, elle est rapidement devenue une crise économique d’une ampleur inédite. Bien que le rebond soit déjà amorcé, nous devons regarder plus loin vers l’avenir et prendre les meilleures décisions, plaide Michel Leblanc.

Pour Michel Leblanc, au fur et à mesure que les programmes gouvernementaux d’aide aux travailleurs et aux entreprises vont se terminer, il faudra aider les entreprises à retrouver leurs capacités d’assumer leur masse salariale à travers leurs activités commerciales.

C’est ce qu’on va étudier en temps réel pendant l’automne.

Regrouper les forces vives

Un employé de Pratt & Whitney Canada à l'usine de Longueuil ajuste un moteur d'avion.

Le mouvement que tente de lancer la Chambre de commerce du Montréal métropolitain vise 14 secteurs clés de l'économie de la région de Montréal.

Photo : La Presse canadienne / PAUL CHIASSON

Cette stratégie de relance à moyen et long terme repose sur la stimulation de 14 secteurs névralgiques de la région de Montréal dont notamment l’aérospatial, l’agroalimentaire, l’aluminium, le tourisme, la construction, les infrastructures et le secteur manufacturier.

La Chambre de commerce pourra notamment compter sur la participation d’Aéro Montréal, d’AluQuébec, de Finance Montréal, de l’Association de la construction du Québec, du Bureau du cinéma et de la télévision du Québec, de CargoM et d’Ecotech Québec.

Avec la participation d’une vingtaine de partenaires, Relançons Montréal permettra de bien cerner les enjeux et défis auxquels sont confrontés leurs secteurs, d’identifier les occasions à saisir et les actions prioritaires à mettre de l’avant pour réussir leur relance. Chaque secteur fera l’objet d’une analyse de l’état des lieux et d’un plan d’action spécifique pour l’appuyer dans sa relance, promet la CCMM.

Pour ce faire, Relançons Montréal prévoit réunir les principaux acteurs de l’économie montréalaise d’ici novembre lors de neuf forums et cinq causeries destinés à rapprocher et à mobiliser l’écosystème économique du Grand Montréal.

L’initiative bénéficiera par ailleurs d’une enveloppe de 425 000 $ du gouvernement du Québec et de 750 000 $ d’Ottawa.

Des sommes plutôt modestes en regard des besoins financiers exprimés par l’administration de la mairesse de Montréal Valérie Plante qui estimait en juin dernier à 500 millions de dollars l’aide gouvernementale dont la Ville aurait besoin seulement pour éponger ses pertes de revenus dues à la forte baisse de la fréquentation de son réseau de transport en commun.

Rebond économique

Malgré tout, la situation économique de Montréal demeure bonne, voire même enviable, souligne Michel Leblanc. Selon le président de la CCMM, la métropole est l'une des villes qui se relèvent le mieux actuellement non seulement au Canada, mais aussi aux États-Unis.

L'économie de Montréal est actuellement sur un rebond, explique M. Leblanc, qui compte tirer profit de cet élan pour propulser l'économie montréalaise dans sa période de croissance prépandémie.

Quand on se compare en Amérique du Nord on s'aperçoit que sur la région de Montréal, on est à peu près à 96 % des emplois que nous avions en février dernier alors que Montréal était sur une lancée.

Michel Leblanc, président et chef de la direction de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain

Ça nous place, avec la ville de Phoenix, au deuxième rang en Amérique du Nord parmi les métropoles qui connaissent un fort rebond. Loin devant Toronto [...], loin devant Boston, loin devant New York, poursuit le président de la CCMM.

Mais bien qu'il soit puissant, le rebond de l'emploi observé à Montréal ces derniers mois demeure inégal et imprévisible, tempère Michel Leblanc, d'où l'utilité de la stratégie annoncée aujourd'hui.

Une ville qui revient de loin

Frappée de plein fouet par la mise en confinement des citoyens, des commerces et des entreprises au printemps dernier, la région de Montréal émerge de l’une des pires crises économiques de son histoire.

Montréal, son économie et ses habitants ont été au cœur de la catastrophe économique et sociale, la plus grande depuis la Grande Dépression. La COVID a frappé dur.

Valérie Plante, mairesse de Montréal

Le centre-ville, le secteur du tourisme, l’industrie culturelle, le domaine manufacturier également sont des secteurs qui ont été particulièrement touchés, souligne la mairesse de Montréal, Valérie Plante.

En plus de la perte de dizaines de milliers d’emplois, la région métropolitaine doit aussi composer avec des pertes de revenus importantes autant pour les sociétés de transport publiques que des milliers de commerces et d'entreprises.

Le tout combiné à un centre-ville déserté depuis des mois par les travailleurs, les touristes et les étudiants étrangers.

En juin, un comité-conseil d’experts mis sur pied par la Ville de Montréal estimait qu’il manquait près de 400 000 travailleurs au centre-ville de Montréal.

De leur côté, la ministre fédérale du Développement économique, Mélanie Joly et le ministre québécois du Travail, Jean Boulet, qui participaient à l'événement, n'ont pas été en mesure de dire quand les milliers de fonctionnaires provinciaux et fédéraux qui sont toujours en télétravail réintégreront leurs bureaux au centre-ville.

Autant Mme Joly que M. Boulet ont expliqué que leur gouvernement respectif doit se plier aux recommandations de la santé publique et que pour le moment il est impossible de réintégrer tous les fonctionnaires dans leurs bureaux compte tenu des règles de distanciation.

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