Des produits dérivés de QAnon toujours vendus sur Amazon et Ebay

Une page de la boutique en ligne Amazon.

Sur la boutique en ligne d'Amazon, on peut trouver plusieurs milliers de produits QAnon en vente.

Photo : Radio-Canada / Craig Chivers

Radio-Canada

Deux géants du commerce en ligne, Amazon et Ebay, continuent de vendre des produits dérivés de la mouvance conspirationniste QAnon, alors même que les réseaux sociaux s'attaquent aux pages et comptes faisant la promotion de cette théorie du complot.

Un texte de Thomas Daigle, de CBC News

Une recherche pour le terme « QAnon » sur la version canadienne d'Amazon, mardi, proposait plus de 6000 résultats, notamment des offres pour des t-shirts, des chapeaux et des autocollants.

Sur Ebay, une recherche semblable permettait d'obtenir quelque 15 367 produits.

Impossible de savoir combien de produits trouvent preneur, ni à combien se chiffrent les profits des revendeurs tiers, mais un expert dit craindre que l'offre de tels produits sur des plateformes aussi importantes ne fasse qu'aider à légitimer la théorie de la conspiration aux allures de culte.

QAnon « radicalise les individus », affirme Alison Meek, une professeure d'histoire qui s'intéresse notamment aux cultes et aux théories de la conspiration.

Le fait que des entreprises comme Amazon et Ebay vendent de tels produits est absolument aberrant, précise celle qui enseigne au King's University College à London, en Ontario.

Les partisans de QAnon soutiennent que plusieurs personnalités connues, généralement plus au centre ou à gauche sur l'échiquier politique, sont des pédophiles satanistes qui contrôlent secrètement le monde et gèrent un réseau de trafic d'enfants qui ne peut être démantelé que par le président américain Donald Trump.

L'an dernier, le Federal Bureau of Investigation (FBI) a qualifié QAnon de menace terroriste intérieure en raison de sa capacité à inciter à une violence extrême, et les gens qui soutiennent ouvertement QAnon sont accusés d'être responsables de plusieurs incidents violents survenus aux États-Unis et au Canada.

Shopify dit non à QAnon

Cette semaine, l'entreprise de commerce électronique Shopify, dont le siège social est situé à Ottawa, a fermé une série de boutiques en ligne enregistrées sur sa plateforme après que CBC News eut posé des questions à propos des produits QAnon qui y étaient vendus.

Ces sites, notamment QAnonMerch.net et TheBookofQAnon.com, offraient des produits avec des symboles liés à la théorie du complot : un lapin blanc, la lettre Q, et le slogan Where we go one, we go all, souvent repris sous la forme de l'acronyme WWGOWGA.

Nous considérons que les produits et les contenus faisant la promotion de QAnon vont à l'encontre de notre politique, a fait savoir un porte-parole de Shopify dans un courriel transmis à CBC News. Lorsque nous sommes mis au courant de l'existence de tels produits ou boutiques, notre équipe fait enquête, et nous agissons si nécessaire.

Du côté d'Amazon et d'Ebay, on n'a pas répondu aux demandes de commentaires.

QAnon autorisé, malgré des interdictions sur les produits offensants

Ces deux sites vendent des livres qui décrivent les élucubrations de QAnon comme étant des faits, y compris un ouvrage qui, mardi, s'est retrouvé en haut du palmarès des livres électroniques sur les sciences sociales. En date de mercredi, le titre en question était toujours en haut du classement.

Ce livre met en garde, dans ses premières pages, contre l'éclatement prochain d'une « guerre de l'État profond », ce nom donné à cette prétendue cabale qui contrôle secrètement l'administration américaine.

Si Amazon et Ebay encaissent tous deux des frais – de la part des vendeurs tiers – pour afficher et vendre des produits sur leur site, les produits QAnon pourraient aller à l'encontre de leurs politiques.

Selon les normes d'Amazon concernant les « produits offensants », sont interdits les objets « faisant la promotion ou incitant à la haine, à la violence, à l'intolérance raciale, sexuelle ou religieuse, ou faisant la promotion d'organisation agissant de la sorte ».

Par exemple, en 2015, Amazon a retiré de ses tablettes virtuelles certains produits aux couleurs de l'Allemagne nazie, notamment des drapeaux et des couteaux, après une enquête de CBC.

De façon similaire, Ebay interdit les produits qui « font la promotion ou glorifient la haine, la violence ou la discrimination ».

Ce qui a commencé comme un mouvement marginal pourrait facilement devenir du terrorisme, soutient Mme Meek.

Si Amazon et Ebay normalisent cela... c'est terrifiant.

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