« Budget de pandémie » à T.-N.-L. : la province toujours dans le rouge

Siobhan Coady devant un micro.

Siobhan Coady, ministre des Finances de Terre-Neuve-et-Labrador

Photo : Radio-Canada / Patrick Butler

Le gouvernement de Terre-Neuve-et-Labrador présente un déficit de 1,84 milliard de dollars pour 2020-2021, alors qu'elle fait face aux nombreuses répercussions de la pandémie et de la crise du secteur pétrolier.

Le gouvernement de Terre-Neuve-et-Labrador présente un déficit de 1,84 milliard de dollars pour 2020-2021, alors qu'elle fait face aux nombreuses répercussions de la pandémie et de la crise du secteur pétrolier.

Dans son budget, intitulé Aujourd'hui. Demain. Ensemble., le gouvernement libéral brosse un portrait sombre des défis auxquels il fait face — surtout la montée des dépenses, la fluctuation et l'imprévisibilité des revenus ainsi que les redevances pétrolières.

Les dépenses publiques augmenteront de 524 millions de dollars cette année, ce qui est grandement attribuable aux coûts supplémentaires liés à la COVID-19. Les redevances de pétrole, qui ont totalisé environ 1 milliard de dollars (13 % des revenus) l'an dernier, n'atteindront que 530 millions de dollars (7,5 %) cette année.

Lors de son discours du budget, la ministre des Finances, Siobhan Coady, a comparé la situation financière de Terre-Neuve-et-Labrador à une tempête aveuglante. Mais elle ajoute que le gouvernement a déjà fait des progrès depuis la dernière mise à jour économique, en juillet dernier.

Le déficit dévoilé mercredi n'est pas aussi important que ce que la province avait prévu en juillet, en raison d'une augmentation du prix du pétrole et d'un financement accru d'Ottawa pour faire face à la crise sanitaire.

On est en pleine pandémie et avec ce budget, nous reconnaissons les coûts et la volatilité de la pandémie [...] Si on compare nos prévisions en juillet et où on est aujourd'hui, à la fin septembre, on fait des progrès.

Siobhan Coady, ministre des Finances, Terre-Neuve-et-Labrador

Pas encore de plan pour redresser l'économie

La dette nette de Terre-Neuve-et-Labrador atteindra un total de 16,4 milliards de dollars cette année, ce qui équivaut à environ 31 500 $ par personne — le pire bilan du genre au Canada. Pour l'année en cours, le gouvernement prévoit dépenser environ le cinquième de ses revenus pour le remboursement de la dette.

La ministre Coady avait préalablement indiqué que ce budget n'allait pas inclure un plan d'action pour redresser l'économie. D'ailleurs, le budget présenté mercredi ne comprend aucune prévision fiscale pour les années à venir, contrairement à l'habitude. La ministre Coady, qui ne s'est pas prononcée quant à un éventuel retour à l'équilibre budgétaire, a expliqué qu'il est difficile pour la province de se projeter dans l'avenir en raison de l'incertitude causée par la pandémie.

Le pétrole, une ressource qui est là pour rester

Mme Coady indique pourtant que les recommandations d'un comité indépendant chargé de créer un plan de restructuration pour la province feront partie du prochain budget, qui est prévu le printemps prochain. Le ministre de l'Industrie, de l'Énergie et de la Technologie, Andrew Parsons, signale pourtant que la province n'a aucune intention d'abandonner l'industrie du gaz et du pétrole.

Le pétrole et le gaz vont continuer à faire partie de cette province, indique M. Parsons, en soulignant que l'expansion des activités pétrolières au large de Terre-Neuve est toujours réalisable.

Andrew Parsons devant un micro.

Andrew Parsons, ministre de l'Industrie de Terre-Neuve-et-Labrador

Photo : Radio-Canada / Patrick Butler

Il reconnaît pourtant que la dépendance de la province du secteur pétrolier crée des défis. Le dernier budget projetait qu’un baril de Brent allait coûter autour de 65 $ US en 2019-2020. Le budget déposé mercredi prévoit un baril à 39 $ US.

Andrew Parsons est toutefois persuadé que les beaux jours de l'industrie reviendront. [Le prix du pétrole] remontera, a-t-il dit en s'adressant à la presse.

Des services de garde à 25 $ par jour

Si le budget ne comprend pas de plan détaillé pour redresser l'économie, il inclut plusieurs nouvelles initiatives.

Le gouvernement tient à une promesse électorale du nouveau premier ministre, Andrew Furey, et subventionnera les services de garde à raison de à 25 $ par jour. Selon le ministre de l'Éducation, Tom Osborne, les familles auront accès à la subvention dès le 1er janvier. Le programme coûtera entre 12 et 15 millions de dollars par année.

Le gouvernement annonce aussi un nouveau programme de 30 millions de dollars pour soutenir les petites et moyennes entreprises. De cet argent, 25 millions seront versés aux entreprises et 5 millions de dollars seront octroyés aux organismes communautaires.

Andrew Furey.

Andrew Furey, premier ministre de Terre-Neuve-et-Labrador (archives).

Photo : Radio-Canada / Patrick Butler

Le gel des frais de scolarité pour les étudiants de Terre-Neuve-et-Labrador à l'Université Memorial, une initiative de rétention en place depuis les années 1990, sera maintenu cette année. Il coûtera 4 millions de dollars à la province.

En plus, le tabac sera taxé davantage — 5 cents de plus par cigarette — et les produits de vapotage, seront désormais taxés à 20 %. Le ministre Coady note que ces modifications représentent un pas dans la bonne direction pour réduire la prévalence de tabagisme à Terre-Neuve-et-Labrador, mais ne pouvait pas préciser les revenus qu'elles vont générer.

D'ailleurs, le prix du pétrole et du diésel augmentera en raison d'une augmentation de la taxe sur le carbone. Les conséquences de ce changement auprès des contribuables seront atténuées, pourtant, parce que la taxe provinciale sur l'essence sera réduite.

Au final, le prix de l'essence va augmenter de 0,21 cent le litre pour les automobilistes. Le diésel coûtera 2,68 cents de plus.

La nouvelle école francophone à Saint-Jean devra attendre

Le gouvernement annonce 2,7 millions de dollars pour la planification d'une nouvelle école francophone pour la région de Saint-Jean.

C'est la troisième année consécutive que le ministère de l'Éducation octroie un financement pour la planification de cette nouvelle école. En 2019, l'ancien ministre de l'Éducation, Al Hawkins, avait clairement signalé son intention de la construire, mais a dit que le gouvernement cherchait toujours « l’option la plus économique ».

Le Conseil scolaire francophone provincial (CSFP) espérait être dans cette nouvelle pour l'année scolaire 2022-2023. Mais le ministre de l'Éducation, Tom Osborne, a indiqué mercredi que les discussions entre le CSFP et le gouvernement se poursuivent pour déterminer l'emplacement et le design de l'école.

M. Osborne indique qu'il serait « prématuré » de parler d'une date d'ouverture pour l'école avant que ces décisions soient prises.

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