Beaucoup de visiteurs en Alberta, mais peu de dépenses

Des touristes visitent le parc national Banff. Ils se tiennent devant le lac Two Jack. Au loin s'élève le mont Rundle.

Le parc national Banff, malgré la forte présence de visiteurs, a connu une baisse de 17 % de fréquentation sur les mois de juin, juillet et août, selon Parcs Canada.

Photo : Getty Images / miroslav_1

La saison estivale tire sa révérence et les chiffres montrent que l’Alberta n’a pas été boudée par les touristes locaux, même s’ils ont beaucoup moins dépensé que leurs pairs internationaux.

Les Albertains semblent avoir tiré parti des restrictions de voyages liées aux conditions sanitaires et avoir joué les touristes sur leurs terres.

Même si elle avoue ne pas avoir de nombres définitifs, la directrice générale par intérim de Tourisme Canmore Kananaskis, Rachel Ludwig, se montre satisfaite. L’été a été trois ou quatre fois plus chargé dans le parc de Kananaskis que pendant un été classique, remarque-t-elle.

D’autres parcs provinciaux et lieux qui ne sont d’habitude pas des destinations de premier choix ont eux aussi eu du succès, selon le directeur par intérim de Travel Alberta, Chris Heseltine. Dans les Badlands, la région de Castle, Big Horn, le nord et le centre de la province, on a pu voir que les Albertains avaient à coeur d'explorer leur région, détaille-t-il.

Quatre campeurs sont installés à une table de pique-nique, devant une caravane installée dans un terrain de camping de montagne.

Malgré les restrictions sanitaires, la région de Canmore-Kananaskis a pu compter sur le tourisme local.

Photo : Gouvernement de l'Alberta

Pour autant, tout ce succès n’est pas signe que les commerces ont aussi pu profiter de cette forte présence. Le manque de touristes internationaux a été ressenti par les commerçants. Les commerçants de Canmore et Kananaskis font environ 70 % de leur revenu pendant les mois d’été, c’est de l’argent dont ils besoin pour survivre aux saisons d’automne et d’hiver pour pouvoir rester ouverts, affirme Rachel Ludwig.

Selon ses dires, rien que les hôtels sont à peu près à 50 % d’occupation de moins que les étés précédents.

À Jasper, c’est un peu la même histoire : les visiteurs ont été nombreux, mais cela n’a pas empêché l’économie locale de souffrir.

S’adapter pour faire face

La co-propriétaire de l’entreprise Canadian Skyline Adventures et guide, Sarah Peterson, confie qu’elle a dû faire face à de nombreuses annulations. À tel point que j’ai été guide un peu au début de la saison puis j’ai eu une occasion pour partir faire autre chose. Elle revient à la fin du mois de septembre pour reprendre son travail et dit espérer qu’il y aura des réservations pour des excursions plus longues que simplement à la journée.

Par la suite, tout va dépendre de la potentielle réouverture des frontières, car les voyageurs internationaux représentent environ 70 % de la clientèle de Canadian Skyline Adventure. Sarah Peterson est, en revanche, sûre d’une chose, il faudra s’adapter. On veut développer des produits qui attirent plus les Canadiens, des choses basées sur l’éducation et comment se comporter quand on se retrouve dans la nature, partage-t-elle.

Selon des données de Parcs Canada, la fréquentation des parcs nationaux en Alberta a été de 3,02 millions de visiteurs entre le 1er juin et le 30 août 2020. Soit une baisse de 13 % par rapport à la même période en 2019.

Des voitures circulent dans une rue dans la municipalité de Jasper en Alberta.

Jasper a su attirer les touristes en misant sur la campagne de communication "Venture again" qui visait à relancer l'économie locale, selon l'organisme Tourism Jasper.

Photo : iStock

Si les parcs nationaux Banff et Jasper ont tous deux connu une chute de fréquentation au cours de l’été, les parcs un peu moins connus de Waterton et Elk Island ont attiré plus de monde cette année, selon l’agence nationale. Ce dernier, situé à 35 km d’Edmonton, a même connu une augmentation de 23 % par rapport à l’été 2019.

Les restaurants profitent des visites à la journée

Parmi ceux qui ont un peu moins souffert, il y a les restaurants puisque, selon Rachel Ludwig, les journées ensoleillées ont tout de même profité aux restaurateurs.

Parmi les chanceux : Jean-François Gouin, qui est à la tête du restaurant Chez François depuis 32 ans. Cette institution de Canmore a fait sa saison record malgré son ouverture tardive le 6 juin.

Sylvie Grégoire et Jean-François Gouin.

Le restaurant de Sylvie Grégoire et Jean-François Gouin, Chez François, situé à Canmore, a fait le plein cet été.

Photo : Radio-Canada / Hugo Lavoie

Selon lui le succès est à mettre au compte de la formule déjeuner-dîner que le restaurant propose. Ça permet aux clients d’être vite servis et de reprendre la route rapidement, croit-il.

Beaucoup d’habitués ont continué à encourager le restaurateur, déclare-t-il, mais il a également vu défiler beaucoup de touristes qui visitaient, pour la première fois, les Rocheuses. Même s’il ne sait pas ce que lui réserve le reste de l’année, il veut y croire. J'ai confiance que ça va continuer, pas aussi fort qu’on est là en ce moment, mais on est vraiment dans une bonne position, affirme-t-il dans l’enthousiasme.

Du côté de Travel Alberta, Chris Heseltine dit espérer pouvoir concentrer ses communications vers la Colombie-Britannique et la Saskatchewan pour attirer des visiteurs dans les semaines à venir. En fonction, bien sûr, des conditions sanitaires et des consignes locales, souligne-t-il.Leur présence en Alberta sera d’une importance vitale pour notre saison automne-hiver, avoue-t-il.

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