Québec parmi les repreneurs de Nemaska Lithium : jusqu'à 300 M$ d'investissement

Le site de l'usine Nemaska Lithium à Shawinigan

Le site de l'usine Nemaska Lithium à Shawinigan, en 2016.

Photo : Nemaska Lithium

Radio-Canada

Au terme d'un processus qui s'est amorcé à la fin janvier, c'est la proposition de la société Orion, de la firme londonienne Groupe Pallinghurst et d'Investissement Québec (IQ), qui a jusqu'ici perdu 71 millions de dollars dans l'aventure, qui a été retenue, a annoncé lundi la compagnie, qui a toutefois décliné les demandes d'entrevues.

Dans sa nouvelle mouture, la compagnie ne sera plus cotée en Bourse, une structure qui avait été critiquée à plus d'une reprise par le ministre de l'Économie, Pierre Fitzgibbon. L'État québécois et Pallinghurst détiendront Nemaska Lithium à parts égales et Orion demeurera le principal créancier garanti, à hauteur d'environ 135 millions de dollars.

L'injection d'argent frais pourrait atteindre 600 millions de dollars, mais les deux actionnaires allongeront d'abord une première tranche de 95 millions de dollars à la clôture, prévue pour le 15 octobre. La Cour supérieure du Québec, qui supervise le dossier, devra donner son aval dans le cadre d'une audience prévue vers la mi-septembre.

On va y aller étape par étape, a expliqué M. Fitzgibbon, au cours d'un entretien téléphonique. Nous voulons compléter les études qui n'ont pas été finalisées et pour déterminer à quel rythme nous allons construire la mine et l'usine. Le reste du financement devrait être plus facile à trouver plus tard.

Une nouvelle mouture pas cotée en Bourse

Nemaska Lithium souhaitait transformer, dans une usine électrochimique à Shawinigan, du minerai de spodumène extrait de la mine Whabouchi en sels de lithium à valeur ajoutée. Ces derniers devaient ensuite être vendus à des fabricants de matériaux de cathodes destinés aux batteries rechargeables au lithium-ion.

Initialement estimée à 875 millions de dollars, la facture du projet avait bondi à plus de 1,2 milliard de dollars en raison des dépassements de coûts, révélés l'an dernier. Au moment de se tourner vers la Loi sur les arrangements avec les créanciers des compagnies (LACC), le 23 décembre, la société était à la recherche de 1,1 milliard de dollars pour compléter le montage financier de son projet.

À ce moment, Investissement Québec était le plus important actionnaire, avec une participation d'environ 13 % acquise en échange d'un investissement de 80 millions de dollars.

Conscient du risque de réinjecter de l'argent, M. Fitzgibbon a dit souhaiter la réalisation de la mine et de l'usine de transformation, soulignant que cela s'inscrivait dans la stratégie de son gouvernement visant à développer une filière du lithium, un projet qui pourrait nécessiter jusqu'à 7 milliards de dollars.

La clé, c'est de conserver au Québec le plus de transformation possible, a dit le ministre. Dans ce contexte, on ne peut pas avoir une compagnie cotée en Bourse. La nouvelle mouture nous permettra d'être plus patients.

L'an dernier, Pallinhurst avait négocié un investissement potentiel pouvant atteindre jusqu'à 600 millions de dollars dans la compagnie, mais cela ne s'était pas concrétisé. M. Fitzgibbon a indiqué que la présence de la société à la Bourse de Toronto était problématique.

Cette structure n'intéressait pas les investisseurs qui ont étudié le dossier lorsque l'entreprise était à l'abri de ses créanciers, a ajouté le ministre. Si le gouvernement s'était montré intéressé à conserver cette structure [la présence en Bourse], le milliard de dollars qu'il faudra mettre, on aurait dû l'assumer tout seul. Je trouve cela inacceptable.

Une nouvelle structure en chantier

Au moins huit soumissionnaires s'étaient qualifiés et avaient le droit de soumettre une offre. Nemaska Lithium n'a pas voulu préciser le nombre de propositions reçues.

La reprise de l'entreprise par l'État québécois et deux autres partenaires signifie que les petits actionnaires de l'entreprise, parmi lesquels figurent des milliers de Québécois, vont complètement perdre leur mise, étant donné que la compagnie ne sera plus cotée en Bourse. Son titre avait été radié du parquet torontois en février dernier.

L'offre prévoit le transfert d'actifs et de certains passifs, d'au moins 146,5 millions de dollars, dans une nouvelle structure. Nemaska Lithium devra également négocier une proposition avec ses créanciers. Généralement, ces derniers devraient obtenir moins que ce qui leur est dû. Les quelque 35 employés devraient conserver leur emploi.

Puisque les activités de l'entreprise sont au neutre, il n'y a pas de président à l'heure actuelle. C'est Jacques Mallette qui dirige le conseil d'administration. M. Fitzgibbon a indiqué que le président devrait être recruté au Québec.

Avec les informations de La Presse canadienne
COVID-19 : le nombre de cas en temps réel
Coronavirus
Un premier cas de réinfection par la COVID-19 confirmé à Hong Kong
Santé publique
L'opposant russe Alexeï Navalny présente des « traces d'empoisonnement »
Politique internationale
Des citoyens dénoncent le développement « illégal » d'un camping à l'île d'Orléans
Écoles et garderies : l’INSPQ recommande la souplesse face aux symptômes de la COVID-19
Éducation

Let's block ads! (Why?)