Presque 70 vols commerciaux avec des cas confirmés de COVID-19 dans les dernières semaines

Une femme marche dans l'allée centrale d'un avion d'Air Canada. Elle porte un masque, un sarrau blanc et des gants.

Selon le gouvernement canadien, de nombreux passagers atteints de la COVID-19 continuent de prendre des vols intérieurs et internationaux au Canada.

Photo : La Presse canadienne / Jonathan Hayward

Nicolas Haddad

Alors que les transporteurs aériens multiplient les efforts pour éviter la transmission de COVID-19 à bord des avions, de nombreuses personnes atteintes de la COVID-19 continuent de prendre des vols intérieurs et internationaux au Canada.

Le gouvernement du Canada a révélé que dans les dernières semaines, il y a eu au moins 32 vols intérieurs avec des cas confirmés de COVID-19, et 36 vols internationaux de provenances aussi diverses que Chicago, Mexico, Paris et Istanbul, entre autres.

Selon Shashank Nigam, le PDG du cabinet de conseil aéronautique SimpliFlying, nous pouvons faire beaucoup plus pour empêcher le transport du virus.

Portrait photo de Shashank Nigam

Shashank Nigam est le PDG du cabinet de conseil aéronautique SimpliFlying et l'auteur de SOAR, un best-seller sur l'image de marque des compagnies aériennes.

Photo : Avec l'autorisation de Shashank Nigam

Ce dernier soutient qu’il n’y a pas assez d’efforts de faits pour dépister les passagers avant qu'ils ne prennent l’avion, et la directive gouvernementale sur l’auto-isolement des passagers venus de l'étranger rate sa cible.

C'est la prochaine chose à laquelle le Canada doit s'attaquer de toute urgence, car nous prenons beaucoup de mesures au sol et dans les airs pour prévenir la transmission, mais nous pouvons en faire davantage pour empêcher que le virus soit transporté, insiste M. Nigam.

Une femme est aspergée de désinfectant.

Du personnel médical indonésien pulvérise du désinfectant sur les passagers qui descendent d'un avion en provenance de Wuhan, en Chine, en février 2020.

Photo : Reuters / Antara Foto

Cet expert en aviation commerciale estime que les compagnies aériennes font des pieds et des mains pour limiter la propagation du virus à bord même des avions.

C'est ce sur quoi les compagnies aériennes se sont concentrées jusqu'à présent et elles y parviennent bien.

Shashank Nigam, expert en aviation commerciale et PDG du cabinet de conseil aéronautique SimpliFlying

Toutes les mesures de biosécurité et d'assainissement que nous les voyons prendre, cela réduit considérablement la transmission du virus à l'intérieur de l'avion. On parle de moins de 1 % de risque de propagation d'une personne A à une personne B à l'intérieur de l'aéronef, souligne l’expert, mais la transmission du virus et le transport du virus sont deux choses différentes.

L’auto-isolement est-il réellement effectif?

L'Agence de la santé publique du Canada rapporte qu’en date du 24 août 2020, seulement 38 contraventions et une seule sommation lui ont été signalées pour des infractions à la Loi sur la mise en quarantaine depuis le début de la pandémie.

Selon Shashank Nigam, la directive gouvernementale qui exige l’auto-isolement de 14 jours des voyageurs arrivés au Canada de l’étranger ne fonctionne pas.

Une jeune femme portant un masque et sa mère assises sur un divan.

À leur arrivée au Canada, les voyageurs sont tenus, en vertu de la Loi sur la mise en quarantaine, de se mettre en quarantaine pendant une période de 14 jours qui commence le jour de leur entrée au Canada.

Photo : Reuters / Nora Savosnick

Sachant qu’au moins une soixantaine de passagers ont transporté le virus à travers le Canada dans les dernières semaines, et que l’auto-isolement dépend en grande partie de la bonne foi des passagers atterrissant au Canada, M. Nigam propose plutôt une solution selon un modèle en trois temps.

D'abord : la désinfection et le nettoyage des appareils, assurés par les transporteurs aériens, qui empêchent la transmission du virus à bord des avions.

Puis, dans un deuxième temps, Transports Canada doit mettre en place un règlement qui veut que chaque passager embarquant sur un vol à destination du Canada doive se présenter avec un test négatif effectué 48 heures avant l'embarquement, comme il se fait depuis le mois d’avril aux Émirats arabes unis, où la COVID-19 a été beaucoup moins répandue qu’au Canada.

Un employé de l'aéroport portant un masque aide une femme qui porte elle aussi un masque.

Le port du masque non médical est obligatoire pour les passagers aériens depuis le lundi 20 avril.

Photo : Radio-Canada / Ezra Belotte-Cousineau

Mais vous allez toujours avoir des fuites, entre 5 et 8 % des personnes qui ont le virus et qui ne seront pas repérées, estime le spécialiste.

Dans un troisième temps, c'est là que le Canada a besoin d'une technologie nationale de suivi et de traçabilité cohérente. Nous avons donc déjà une application de traçage COVID, mais elle n'est pas nécessairement utilisée par les voyageurs en ce moment. Celle-ci peut être rendue obligatoire afin que tous les voyageurs qui arrivent utilisent cette application pendant les 14 premiers jours, propose le conseiller en aéronautique commerciale.

Les vols commerciaux sont sécuritaires, rassure Transports Canada

Selon la porte-parole de Transports Canada, Cybelle Morin, à ce jour, Transports Canada n’est au courant d’aucun cas de transmission de la COVID-19 entre passagers lors de vols à destination ou en provenance du Canada ou de vols intérieurs.

Malgré la présence de passagers atteints de la COVID-19 sur de nombreux vols commerciaux, la porte-parole de Transports Canada assure que le risque de transmission de la COVID-19 en vol est faible, particulièrement lorsqu’une approche sur divers plans incluant le port de couvre-visages est adoptée.

Des agentes de bord portent des masques.

Selon Transports Canada, les systèmes de ventilation utilisés dans les avions modernes ont un volume d’échange d’air élevé qui est similaire à celui des chambres d’isolement des hôpitaux. La circulation d’air est contrôlée de manière à entrer et sortir de la cabine à peu près à la même rangée de sièges.

Photo : Radio-Canada / Matisse Harvey

Le ministère a aussi déclaré par courriel à Radio-Canada qu’en soi, la conception des appareils contribue à diminuer les risques de transmission de la COVID-19.

Des sièges à hauts dossiers; des déplacements réduits des passagers pendant le vol; des sièges orientés vers l’avant minimisant les interactions face à face; un volume d’échange d’air élevé (une fois toutes les 2 à 3 minutes, par rapport à une fois toutes les 10 minutes dans les hôpitaux); une filtration d’air accrue grâce à des filtres à particules à haute efficacité (HEPA) [qui] éliminent 99,993 % des bactéries et virus, peut-on lire.

Les transporteurs multiplient les mesures de biosécurité

Depuis le 1er juillet, les transporteurs canadiens Air Canada et WestJet ont recommencé à vendre des sièges adjacents, ce qu’ils avaient arrêté de faire en mai.

Selon le porte-parole d’Air Canada, Peter Fitzpatrick, il ne s’agissait que d’une mesure temporaire en attendant de mettre en œuvre d'autres mesures de sécurité. De plus, les sièges d'avion ont une largeur de 18 à 21 pouces, ce n'était donc pas une véritable distanciation sociale.

Une trousse de produits désinfectants d'Air Canada.

L'une des trousses que distribue Air Canada aux passagers.

Photo : Radio-Canada / Paul Légère

Depuis, Air Canada fournit à chaque client un masque et un désinfectant pour les mains à bord des vols, a confirmé M. Fitzpatrick.

Ce dernier indique d’ailleurs qu’Air Canada a été la première compagnie aérienne des Amériques à prendre la température des clients avant l'embarquement, et que depuis le mois de mai, Air Canada applique des mesures de biosécurité de pointe à chaque étape du voyage, y compris une expérience aéroportuaire sans contact, un questionnaire de contrôle sanitaire préalable à l'embarquement obligatoire et des mesures améliorées de nettoyage de la cabine.

Le transporteur WestJet affirme aussi pour sa part que des mesures pour limiter la propagation du virus ont été mises en place à toutes les étapes de voyage. Selon sa porte-parole Morgan Bell, jusqu'à ce qu'un vaccin soit produit, notre compagnie aérienne s'efforce d'équilibrer la nécessité économique des compagnies aériennes pour notre pays, tout en vivant de manière responsable avec le virus dans l’avenir prévisible.

WestJet.

Une porte-parole de WestJet a déclaré que « depuis les premiers jours de la pandémie, nous avons transporté en toute sécurité plus de 700 000 passagers sur plus de 19 000 sans aucun cas de transmission à bord de nos avions ».

Photo : La Presse canadienne / Jeff McIntosh

Depuis le 9 août, il y a eu 12 vols internationaux et 22 vols intérieurs exploités par Air Canada avec des cas confirmés de COVID-19 selon le site web du gouvernement canadien.

Le site recense aussi neuf vols intérieurs et un vol international avec des cas confirmés de COVID-19 exploités par WestJet.

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