Les apiculteurs canadiens dos au mur devant la pénurie de main-d'oeuvre

Les apiculteurs et apicultrices jouent un rôle essentiel pour la survie des abeilles.

Un apiculteur travaille sur une ruche.

Photo : iStock / Milan_Jovic

Si l’industrie apicole canadienne n’a cessé de croître depuis 10 ans, ce qui laissait entrevoir de belles possibilités de croissance pour les apiculteurs, la pénurie de main-d’oeuvre pourrait bien leur nuire.

Les abeilles vont bien, elles sont en bonne santé et on voit une augmentation de la récolte qui est très excitante!, se réjouit Ginette Paradis, propriétaire de la ferme Paradis Valley Honey, à Watino, en Alberta. 

Les pluies, la chaleur insuffisante et la fumée des feux de forêt ont nui à ses récoltes durant les quatre dernières années. Mais, cette fois-ci, le scénario est bien différent : ses ruches ont déjà produit plus de 50 % de miel que l’an dernier.

Ce qui nous manque, ce sont des apiculteurs, des travailleurs avec de l’expérience, explique Ginette Paradis, qui admet que ce bonheur n'arrive pas seul. Elle tente désormais d’embaucher trois personnes pour compléter son équipe de 16 personnes composée à 90 % d’étudiants.

Le plus gros problème, c’est que l’école commence bientôt. Alors, c’est là que cela va devenir un peu plus compliqué pour nous.

Ginette Paradis, propriétaire Paradis Valley Honey

La saison, le principal frein

La principale particularité de cette industrie, c’est qu'elle est saisonnière, explique le président de la Commission des apiculteurs de l’Alberta, Jeremy Olthof.

Nous avons un travail d'encensement à faire de mars à la mi-octobre. Juin, juillet et août sont nos plus grands mois. Il est très difficile de trouver des candidats locaux, poursuit-il. D’abord parce que nous n’avons rien à faire en hiver et ensuite parce que nous ne pouvons pas nous permettre de garder les employés toute l'année.

Trouver des travailleurs saisonniers et des ouvriers prêts à aller se faire piquer par des abeilles est très dur.

Jeremy Olthof, président de la Commission des apiculteurs de l’Alberta

Travailleurs étrangers à la rescousse

C’est d’ailleurs pour cette raison que l’industrie apicole dépend beaucoup de la main-d’oeuvre étrangère, affirme Cyr Couturier, président et chef de la direction du Conseil canadien pour les ressources humaines en agriculture.

Mais, là encore, le secteur est face à un mur. Car, pour combler cela, on se fie un peu aux travailleurs de l’étranger, mais, malgré cela, on n'a pas assez de travailleurs pour l’industrie, précise M. Couturier, qui ajoute que la situation était la même avant la pandémie de COVID-19

Selon lui, plus de 40 % des apiculteurs viennent de l'étranger.

M. Couturier ajoute qu'on serait peut-être capable de faire venir assez de main-d’oeuvre de l’étranger pour faire ce travail, si les travailleurs pouvaient venir de l’étranger et travailler dans d’autres industries agricoles, comme la cueillette des fruits par exemple, et étaler leur temps au Canada pour leur offrir plus de possibilités d’emplois.

Il apporte une précision : l’L'aspect immigration fait que, quand un apiculteur ou un autre éleveur agricole demande de l'aide de l’étranger, ces travailleurs viennent pour travailler juste avec la compagnie qui les a sollicités. C’est un problème parce qu’il n’y a pas de mobilité.

Il faudrait les encourager à rester ou à devenir citoyens ou résidents permanents du Canada pour qu'ils puissent avoir une sécurité d'emploi à l'avenir.

Cyr Couturier, président et chef de la direction du Conseil canadien pour les ressources humaines en agriculture

Selon le gouvernement albertain, l'industrie apicole contribue pour 67 millions de dollars à son économie chaque année.

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