Le rouge domine en Bourse, l'inquiétude de la Fed pèse

© Reuters. LES BOURSES EUROPÉENNES EN BAISSE À MI-SÉANCE © Reuters. LES BOURSES EUROPÉENNES EN BAISSE À MI-SÉANCE

PARIS (Reuters) - Wall Street devrait poursuivre son repli et les Bourses européennes perdent autour de 1% à mi-séance jeudi, l'optimisme qui a porté les actions américaines à des niveaux records ces derniers jours ayant cédé le pas à la prudence après la publication du compte rendu de la dernière réunion de la Réserve fédérale, qui souligne la fragilité de la reprise économique et remet en cause l'hypothèse d'un encadrement de la courbe des rendements obligataires.

Les contrats à terme sur les principaux indices new-yorkais signalent une ouverture en recul d'environ 0,3% pour le et le Standard & Poor's 500 et en recul symbolique pour le .

Ce dernier et le S&P-500 ont inscrit des plus hauts historiques en matinée mercredi mais les "minutes" de la Fed ont provoqué un retournement de tendance en mettant en évidence les inquiétudes de l'institution sur la conjoncture aux Etats-Unis tout en semblant écarter la stratégie d'un plafonnement ou d'objectifs pour les rendements des bons du Trésor.

Ces commentaires freinent l'appétit pour le risque dans le contexte de la persistance de l'épidémie de coronavirus aux Etats-Unis et de sa résurgence apparente en Europe.

"Les minutes du FOMC font plusieurs fois référence à la nature incertaine des prévisions économiques et soulignent à plusieurs reprise que l'évolution de l'économie dépendra de 'la trajectoire du virus'", constate Naka Atsuzawa, stratège de Nomura, dans une note.

A Paris, le perd 1,07% à 4.923,95 points à 10h40 GMT après être passé sous 4.900 pour la première fois depuis dix jours. A Londres, le cède 1,06% et à Francfort, le recule de 0,88%.

L'indice est en baisse de 1%, le de 0,71% et le de 0,75%.

L'évolution de la tendance dépendra en partie de la teneur du compte rendu de la réunion de juillet de la Banque centrale européenne (BCE), attendu à 11h30 GMT, et des chiffres hebdomadaires des inscriptions au chômage aux Etats-Unis, à 12h30 GMT.

Les économistes interrogés par Reuters estiment qu'il faudra au moins deux ans pour retrouver le niveau d'activité économique d'avant la crise du COVID-19 et certains soulignent que la lenteur de la reprise implique des risques importants pour l'emploi.

VALEURS EN EUROPE

Les replis sectoriels les plus marqués en Europe affectent des secteurs cycliques particulièrement exposés au risque d'une reprise plus lente qu'escompté jusqu'à présent et d'une prolongation des politiques de taux nuls ou négatifs: l'indice Stoxx des matières premières cède ainsi 2,36%, celui des banques 1,69%, celui de l'automobile 1,44%.

A Paris, Renault (PA:) cède 3,61%, ArcelorMittal (AS:) 3,08% et Crédit agricole (PA:) 2,37%.

A la hausse, les valeurs immobilières regagnent du terrain après une séquence difficile liée à la résurgence de l'épidémie en Europe. Unibail-Rodamco-Westfiel prend ainsi 2,52% après une chute de près de 20% en six séances.

Accor (PA:) gagne 0,86% après l'article du Figaro selon lequel le groupe a étudié un projet de fusion avec le britannique Intercontinental Hotels Group (LON:) sans toutefois aller jusqu'à l'approcher. A Londres, IHG s'adjuge 0,73%.

TAUX

La baisse des actions favorise les emprunts d'Etat, et donc le recul des rendements: celui du Bund allemand à dix ans, référence pour la zone euro, baisse de près de deux points de base à -0,495%, au plus bas depuis une semaine, et son équivalent américain s'affiche à 0,6558%, en repli de plus de deux points.

CHANGES

Le dollar poursuit le rebond entamé mercredi, les "minutes" de la Réserve fédérale ayant provoqué une inversion de tendance après la période de baisse qui avait fait tomber mardi le billet vert à son plus bas niveau depuis plus de deux ans face aux autres grandes devises.

L'"indice dollar" progresse ainsi de 0,12% après avoir déjà pris 0,67% mercredi.

L'euro revient pour sa part autour de 1,1830 dollar, s'éloignant du pic de plus de deux ans touché mardi à 1,1965.

PÉTROLE

Les prix pétroliers souffrent du regain d'inquiétude exprimé par plusieurs membres du groupe informel de pays producteurs "Opep+" et de la tonalité du compte rendu de la Fed, qui font craindre une reprise de la demande plus lente qu'anticipé.

Le abandonne 1,08% à 44,88 dollars le baril et le (West Texas Intermediate, WTI) 1,14% à 42,44 dollars.

(Marc Angrand)

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