Face à un déficit monstre, l'Ontario devra demander une nouvelle autorisation d'emprunter

Deux hommes dans la cinquantaine

Le premier ministre de l'Ontario, Doug Ford, et son ministre des Finances, Rod Phillips.

Photo : La Presse canadienne / Cole Burston

La pandémie de COVID-19 a fait gonfler les dépenses du gouvernement, tout en faisant chuter ses revenus. Résultat : il faudra emprunter davantage pour combler la différence.

Le gouvernement de Doug Ford envisage un déficit de 38,5 milliards de dollars pour la prochaine année, près du double que ce qu’il avait prévu en mars.

Mais d’où vient cet argent et comment fait la province pour l’obtenir?

Quelles sont les limites sur les emprunts?

La capacité d’emprunt des provinces est généralement encadrée par une loi qui doit être adoptée à l’Assemblée législative.

Pour bon nombre d’entre elles – y compris le Québec, la Colombie-Britannique, le Manitoba et le Nouveau-Brunswick – le pouvoir d’emprunter équivaut aux besoins d’emprunt.

En Ontario, le gouvernement pouvait mettre la main sur de nouveaux emprunts totalisant 54,3 milliards de dollars pour l’exercice 2020-2021. Or, la pandémie de coronavirus a fait exploser les besoins de liquidité de la province.

Un graphique qui représente une crise financière.

Les besoins d'emprunt de l'Ontario se chiffreront à 66,7 milliards de dollars en 2020-2021, selon son chien de garde budgétaire.

Photo : getty images/istockphoto / monsitj

Le Bureau de la responsabilité financière, le chien de garde budgétaire de l'Ontario, estime que les besoins d'emprunt se chiffreront à 66,7 milliards.

Le gouvernement devra fort probablement adopter une deuxième loi pour emprunter cette année, affirme le directeur Peter Weltman. Il souligne que ce serait la quatrième fois de l’histoire de la province qu'un gouvernement demande une telle autorisation.

Cette situation s’est produite lors des récessions de 1996-1997 et de 2009-2010 et, plus récemment, lors de l’exercice 2018-2019, parce que le précédent gouvernement libéral souhaitait refinancer sa dette.

Qui sont les créanciers de l’Ontario?

Avec le feu vert de son assemblée législative, le gouvernement peut alors émettre des obligations d’une durée de 5, 10 ou 30 ans. Ces titres sont souvent rachetés par les grandes banques, des fonds de pension, d'autres gouvernements et même des investisseurs étrangers.

Il est difficile de savoir exactement qui sont les détenteurs des obligations de la province parce qu’elles sont souvent d’abord achetées par les banques, puis revendues, souligne M. Weltman.

Bien que certains acheteurs soient de l’étranger, la grande majorité des titres est détenue par des investisseurs canadiens afin de minimiser le risque lié au taux de change, dit-il.

Un homme s'adresse aux médias depuis la salle des médias de l'Assemblée législative de l'Ontario.

Peter Weltman, directeur de la responsabilité financière de l'Ontario

Photo : Assemblée législative de l'Ontario

L’an dernier, la province a émis des titres de créance à long terme d’une valeur de 39,5 milliards de dollars, selon le Bureau de la responsabilité financière. Près des trois quarts (73 %) étaient libellés en dollars canadiens, le restant (27 %) en devises étrangères.

Quelle est la dette de l’Ontario?

La dette de l’Ontario représentera près de la moitié (47,1 %) de son produit intérieur brut au cours de la prochaine année.

Selon les prévisions de l’Office ontarien de financement, la dette nette de la province s’élèvera à 397,2 milliards de dollars pour l’exercice 2020-2021. Vue autrement, la dette sera d’environ 29 206 $ par Ontarien.

L’intérêt sur la dette est un autre coût important pour la province, qui se chiffrera à 12,5 milliards. La réduction des taux d’intérêt limite cependant l’ampleur de ce fardeau.

Il parle en conférence de presse.

Le ministre des Finances de l'Ontario, Rod Phillips.

Photo : Radio-Canada

Le gouvernement Ford souhaitait revenir à l’équilibre budgétaire d’ici quatre ans afin d’alléger ce coût d’emprunt, mais a abandonné cette promesse étant donné la crise sanitaire.

Nous étions sur la bonne voie, a affirmé le ministre des Finances, Rod Phillips, lors de sa mise à jour économique la semaine dernière. Nous aurons cette conversation à nouveau, mais nous devons d’abord nous concentrer sur le problème immédiat qui se présente à nous.

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