COVID-19 : les éleveurs de boeuf albertains à la fois optimistes et inquiets

Des vaches dans un enclos.

La reprise des activités dans les usines de transformation de boeuf devrait permettre de rattraper le retard accumulé, mais les éleveurs de bovins craignent les conséquences qu'aurait une deuxième vague de COVID-19 sur l'industrie.

Photo : Radio-Canada / Axel Tardieu

Radio-Canada

Le ralentissement des usines de transformation de viande bovine dans la province durant la pandémie de COVID-19 a entraîné de lourdes pertes financières chez les éleveurs de boeuf albertains. À l’approche de l’automne, ces derniers espèrent rattraper le retard accumulé, malgré la crainte d’une deuxième vague de COVID-19.

Nous sommes modérément optimistes, affirme la présidente de la Alberta Cattle Feeders Association, Janice Tranberg.

Des dizaines de milliers de bovins n’ont pu être abattus ce printemps après que les abattoirs de la province aient dû ralentir leurs activités ou fermer temporairement à la suite de l’apparition de foyers d’éclosion de COVID-19 parmi leurs employés.

Si les usines de transformation continuent sur cette voie et que les autres secteurs de l'industrie ne subissent pas de contrecoups, nous espérons que nous aurons rattrapé le retard d’ici l’automne, dit Janice Tranberg.

Selon elle, l’arriéré est passé de 130 000 à 110 000 animaux.

Les éleveurs de bovins craignent cependant qu’une deuxième vague de COVID-19 entraîne de nouvelles fermetures cet automne, une saison cruciale durant laquelle les animaux sont vendus aux enchères et aux fermes d'engraissement.

Cela m’empêche de dormir la nuit. [...] Une nouvelle fermeture d’abattoir serait très effrayante pour l’industrie. Nous avons besoin qu’ils opèrent au maximum de leur capacité, affirme Kelly Smith Fraser, qui est une éleveuse de la région de Pine Lake et la présidente de l’Association des producteurs de bovins de l’Alberta.

Lourdes pertes financières

Selon Craig Klemmer, qui est économiste agricole principal pour la société d'État fédérale Financement agricole Canada (FAC), les éleveurs ont subi de lourdes pertes financières cette année.

Généralement, lorsqu’il s’agit d’une bonne année, nous faisons des profits d’environ 50 $ à 100 $ par tête. [...] Lorsque les pertes se chiffrent à 200 $, 300 $ ou 400 $ par tête, on peut dire qu’il s’agit de pertes assez importantes. Cela démontre les défis auxquels l’industrie a dû faire face, explique Craig Klemmer.

Ce dernier croit que le retard accumulé entraînera des difficultés pour l’industrie pour le reste de l’année 2020.

Selon les prédictions de la FAC, les prix des bovins destinés à l’abattoir seront 12 % plus bas que la moyenne quinquennale. Les prix des bovins d’engraissement diminueront quant à eux de 9 %.

Les abattoirs se veulent rassurants

Dans un courriel envoyé à CBC la semaine dernière, un porte-parole de l’entreprise Cargill affirme que ses usines canadiennes tournent presque à plein régime. L’entreprise JBS affirme de son côté que ses opérations sont revenues à la normale.

Par souci de prudence, nous maintenons nos mesures préventives liées à la COVID-19 et continuerons à le faire jusqu’à ce qu’une solution à cette pandémie soit trouvée, ajoute le porte-parole de JBS, Cameron Bruett, dans un courriel.

J'ai confiance que les usines seront prêtes s'il y a une deuxième vague, affirme Kelly Smith Fraser.

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Avec les informations de Tony Seskus

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