COVID-19 : 1,4 million de voyageurs aériens, malgré les restrictions à la frontière

Des passagers portant un masque font la file dans un aéroport.

Les restrictions aux frontières canadiennes ont nettement réduit l'achalandage aux douanes terrestres et aériennes.

Photo : Getty Images / XiFotos

Radio-Canada

Les restrictions frontalières imposées pour lutter contre la propagation du coronavirus n’ont pas empêché 1,4 million de passagers de voyager par avion entre le 21 mars et le 23 août. Plus de 1 million de voyageurs – excluant les camionneurs – ont également été recensés aux frontières terrestres.

Ces chiffres dévoilés par l’Agence des services frontaliers du Canada (ASFC) démontrent que la circulation des personnes s’est bel et bien poursuivie pendant la pandémie, bien que l’Agence recense sans surprise une baisse drastique des déplacements cette année.

Le volume de voyageurs tant terrestres qu'aériens recensé depuis la fin mars ne représente qu'environ 5 à 6 % du volume moyen observé à pareille date l'an dernier.

Pendant la semaine du 23 au 29 mars, par exemple, soit aux premiers jours de l’annonce des restrictions, les passages à la frontière terrestre ont chuté de presque 82 %. Idem pour les arrivées aux aéroports qui ont baissé d’environ 85 %, comparativement à la même période l’an dernier.

Le comportement des passagers pourrait être divisé en trois phases, analyse le professeur Mohamed Reda Khomsi, chercheur au Département d'études urbaines et touristiques de l'UQAM.

La première, résultant presque d'un embargo sur les vols, en mars, a considérablement restreint les déplacements au début du confinement. La deuxième phase représente les vols de rapatriement, incluant ceux des snowbirds, suivie d’une reprise des voyages à caractère commercial, à partir de mai et juin, en troisième phase.

Deux hommes attendent devant un guichet des douanes dans un aéroport.

Le Canada continue de déconseiller tout voyage non essentiel à l’étranger.

Photo : La Presse canadienne / AP/DHA

Début juin, les mesures frontalières ont été assouplies en ce qui concerne les ressortissants étrangers qui sont membres de la famille immédiate d'un citoyen canadien ou d'un résident permanent et qui cherchent à entrer au Canada. Cela pourrait expliquer en partie que le nombre de voyageurs aériens ait doublé entre le début et la fin du mois de juin.

Ottawa a toutefois prolongé au moins jusqu'au 30 septembre les restrictions aux frontières canadiennes pour les voyageurs étrangers.

Ces mesures prévoient notamment que toute personne entrant au Canada en provenance de l'étranger doit se soumettre à une quarantaine obligatoire de 14 jours dès son arrivée au pays.

Léger redécollage en été

Malgré les différents décrets mis en place par Ottawa pour limiter la propagation du coronavirus et imposer des restrictions adaptées à la situation sanitaire, la période estivale a visiblement favorisé une légère reprise du trafic aérien, note M. Khomsi.

Les compagnies aériennes essaient de sécuriser de plus en plus les voyages, avec des assurances voyages qui sont de plus en plus disponibles, observe-t-il.

L’ASFC rappelle toutefois qu'à l'heure actuelle, tous les voyages de nature optionnelle ou discrétionnaire, tels que le tourisme et les loisirs, sont interdits en vertu de ces mesures.

La signification du mot essentiel reste à la discrétion des autorités, nuance le professeur Mohamed Reda Khomsi. Il faut surtout considérer les restrictions du pays de destination.

Groupe de voyageurs à l'aéroport.

Ottawa impose depuis le mois de mars des restrictions strictes à tous les voyageurs en provenance de l'étranger, qu'ils soient canadiens ou non, pour tenter de contenir la propagation de la COVID-19 au pays.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada a rencontré plusieurs estivants, à l’aéroport, qui reconnaissaient, tout sourire, voyager pour le plaisir, tout en restant bien informés de la période de quarantaine obligatoire au retour.

Je vais en profiter pour avoir une bonne séance d’études et faire un peu de rattrapage pour l’école, a avancé un jeune passager revenant de Cuba, avec des amis.

Sur la route, les camions roulent toujours

Près de 2 millions de camions ont traversé la frontière canadienne entre le 21 mars et le 23 août, soit une baisse du quart de l’achalandage recensé l’an dernier sur la même période.

Sur le stationnement des camions à l’arrêt, les avis des chauffeurs convergent : pas ou peu de changement remarqué chez les quelques conducteurs de poids lourds rencontrés, si ce n’est un passage plus rapide au poste de frontière. Ceux transportant de la nourriture n’ont observé aucun changement à leur routine de travail.

Nous n’avons aucune indication de problèmes liés aux chaînes d’approvisionnement pour les produits essentiels qui entrent au Canada, y compris la nourriture et l’équipement médical, fait état l’ASFC dans ses chiffres.

Portrait de Charles Adegbola à la porte de son camion.

Charles Adegbola ne remarque pas de différence sur son chemin : 8 h de trajet pour 800 km de route jusqu'au Delaware, sa destination finale.

Photo : Radio-Canada

Au début de la pandémie, il y a eu beaucoup de répercussions parce que certains clients étaient fermés, évoque Charles Adegbola qui, lui, transporte des clôtures. Mais après ça, ça a recommencé.

Sur son chemin, la pandémie ne semble pas avoir clairsemé la circulation automobile, particulièrement aux États-Unis, note-t-il, faisant surtout état d'une vigilance accrue chez les douaniers.

Les officiers posent plus de questions, surtout quand on sort des États-Unis pour entrer au Canada. Le camionneur établi à La Prairie a remarqué cet été que des chiens renifleurs de drogues ont fait leur apparition dans les contrôles douaniers.

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