Cirque du Soleil : l'opposition dénonce un « fiasco »

Un artiste maquillé et costumé fait tenir une ampoule sur son front.

Un artiste du Cirque du Soleil tient une ampoule sur sa tête lors d'une représentation de Kurios à Sydney, en Australie, en octobre 2019.

Photo : La Presse canadienne / Rick Rycroft

La Presse canadienne

La tentative de sauvetage du Cirque du Soleil a été un « fiasco et le gouvernement de comptables de la CAQ devrait être gêné », selon le chef péquiste Pascal Bérubé.

Les partis d'opposition ont tour à tour accusé, mercredi, la Caisse de dépôt et placement du Québec (CDPQ) ainsi que le gouvernement Legault d'avoir abandonné le Cirque du Soleil, qui selon les dernières informations passera aux mains d'un groupe de créanciers canadiens et américains.

Pourtant, en mai, le ministre de l'Économie, Pierre Fitzgibbon, avait offert jusqu'à 200 millions de dollars américains aux actionnaires existants du Cirque afin d'ancrer la reprise du Cirque au Québec, et pour qu'un jour, le Cirque redevienne propriété québécoise, selon les mots du ministre.

Or, personne ne semble avoir soumis avant l'échéance de mardi soir une proposition supérieure à celle de 1,2 milliard de dollars émanant d'un groupe de créanciers du Cirque regroupés autour du fonds torontois Catalyst Capital.

En conférence de presse mercredi matin à l'Assemblée nationale, le chef intérimaire péquiste Pascal Bérubé a affirmé que le ministre n'est pas un bon négociateur, en énumérant d'autres revers, selon lui, comme Bombardier, Air Transat et l'affaire des dirigeables Flying Whales.

Pour sa part, la porte-parole de Québec solidaire, Manon Massé, s'est désolée de l'issue de l'aventure du Cirque du Soleil. Les requins mangent les petits poissons, bye bye, a-t-elle résumé en conférence de presse, en blâmant le système capitaliste.

Elle a également attaqué la CDPQ, qui a payé 75 millions de dollars américains au cofondateur du Cirque du Soleil, Guy Laliberté, pour lui acheter ses dernières actions de l'entreprise quelques semaines à peine avant la pandémie.

La valeur de cet investissement aujourd'hui est nulle. La CDPQ a radié ses investissements évalués à 170 millions de dollars américains.

Le Cirque n'appartient plus aux Québécois et celui qui s'en est mis plein les poches, c'est Guy Laliberté, tandis que le régime de retraite des Québécois est appauvri de 228 millions de dollars.

Manon Massé, co-porte-parole de Québec solidaire

Pascal Bérubé s'en est pris à la direction de la Caisse : il a rappelé que c'est le premier ministre François Legault lui-même qui a nommé le président de la Caisse, Charles Émond, et qu'il l'avait même rencontré chez lui.

J'aimerais savoir si Guy Laliberté ou ses représentants ont fait des démarches auprès du gouvernement du Québec avant la décision de la Caisse, a soulevé le chef péquiste.

Selon le porte-parole libéral en matière de Finances, André Fortin, il est incroyablement malheureux que l'aventure québécoise du Cirque du Soleil se termine ainsi.

Le Cirque s'est placé sous la protection de ses créanciers en juin, en raison de l'annulation d'une quarantaine de spectacles à travers le monde et d'une dette s'élevant à 1,5 milliard de dollars.

La proposition de Catalyst Capital écartera les actionnaires actuels de l'entreprise : le fonds texan TPG Capital, la firme chinoise Fosun et la CDPQ, qui avaient acquis une participation majoritaire dans le Cirque lorsque son cofondateur Guy Laliberté avait décidé de ne conserver que 10 % de la compagnie.

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