Cirque du Soleil : le gouvernement Legault ne lance pas la serviette

Un artiste maquillé et costumé fait tenir une ampoule sur son front.

Fondé à Québec en 1984, le Cirque du Soleil, longtemps considéré comme un fleuron de l'économie québécoise, ne compte plus aucun Québécois au sein de son actionnariat.

Photo : La Presse canadienne / Rick Rycroft

La Presse canadienne

Le gouvernement caquiste ne lance pas encore la serviette concernant le sauvetage du Cirque du Soleil, passé sous le contrôle d'un groupe de créanciers canadiens et américains.

Si un acquéreur québécois se manifeste, le Québec est toujours prêt à investir 200 millions de dollars dans le Cirque, a fait savoir le premier ministre François Legault en commission parlementaire mercredi en fin de journée.

Le Cirque s'est placé sous la protection de ses créanciers en juin, en raison d'une dette s'élevant à 1,5 milliard de dollars. Personne n'a déposé avant l'échéance de mardi soir une offre concurrente à celle de la firme torontoise Catalyst Capital Group, évaluée à plus de 1,2 milliard de dollars américains.

François Legault a rappelé que les créanciers ont malheureusement refusé la proposition du gouvernement du Québec et des propriétaires d'effacer une partie de la dette.

Si un acquéreur éventuel québécois [se manifeste], comme le souhaite Pierre Karl Péladeau et un autre groupe, on est toujours intéressé à investir 200 millions de dollars, mais en autant qu'on ait les actions du Cirque et qu'on efface la dette.

Or l'échéancier était fixé à mardi 17 h .

Près de 230 M$ perdus pour la CDPQ

En juin, le ministre de l'Économie, Pierre Fitzgibbon, avait offert jusqu'à 200 millions de dollars américains aux actionnaires existants du Cirque afin d'ancrer la reprise du Cirque au Québec, et pour qu'un jour, le Cirque redevienne propriété québécoise, selon les mots du ministre.

En conférence de presse mercredi matin à l'Assemblée nationale, le chef intérimaire péquiste Pascal Bérubé a affirmé que la tentative de sauvetage du Cirque du Soleil a été un fiasco et le gouvernement de comptables de la CAQ devrait être gêné.

Les partis d'opposition ont tour à tour accusé, mercredi, la Caisse de dépôt et placement du Québec (CDPQ) ainsi que le gouvernement Legault d'avoir abandonné le Cirque du Soleil, qui selon les dernières informations passera aux mains d'un groupe de créanciers canadiens et américains.

Pour sa part, la porte-parole de Québec solidaire, Manon Massé, s'est désolée de l'issue de l'aventure du Cirque du Soleil. Les requins mangent les petits poissons, bye bye, a-t-elle résumé en conférence de presse, en blâmant le système capitaliste.

Elle a également attaqué la Caisse de dépôt et placement du Québec, qui a payé 75 millions de dollars américains au cofondateur du Cirque du Soleil, Guy Laliberté, pour lui acheter ses dernières actions de l'entreprise quelques semaines à peine avant la pandémie. La valeur de cet investissement aujourd'hui est nulle. La CDPQ a radié ses investissements évalués à 170 millions de dollars américains.

Le Cirque n'appartient plus aux Québécois et celui qui s'en est mis plein les poches, c'est Guy Laliberté, tandis que le régime de retraite des Québécois est appauvri de 228 millions de dollars [canadiens].

Manon Massé, co-porte-parole de Québec solidaire

Pascal Bérubé s'en est pris à la direction de la Caisse : il a rappelé que c'est le premier ministre François Legault lui-même qui a nommé le président de la Caisse, Charles Émond, et qu'il l'avait même rencontré chez lui.

J'aimerais savoir si Guy Laliberté ou ses représentants ont fait des démarches auprès du gouvernement du Québec avant la décision de la Caisse, a soulevé le chef péquiste.

Selon le porte-parole libéral en matière de Finances, André Fortin, il est incroyablement malheureux que l'aventure québécoise du Cirque du Soleil se termine ainsi.

La proposition de Catalyst Capital écartera les actionnaires actuels de l'entreprise : le fonds texan TPG Capital, la firme chinoise Fosun et la Caisse de dépôt et placement du Québec, qui avaient acquis une participation majoritaire dans le Cirque lorsque son cofondateur Guy Laliberté avait décidé de ne conserver que 10 % de la compagnie.

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